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Bel homme et avocat reconnu, Christopher Cleek vit à la campagne avec sa conjointe Belle et leurs trois enfants. Lorsque le charmant papa capture et kidnappe une femme à l'état sauvage et l'enchaîne dans le cellier, le conte de fée paisible se fissure. Christopher va se mettre en tête "d'éduquer" la sauvage



Après "May", film remarqué et remarquable, en 2002, Lucky McKee a depuis subit les avanies et les coups bas.
"The Woods" fut remonté par la production au grand dam de son réalisateur, "Red" le verra éjecté du tournage au bout de quelques jours pour des raisons obscures. Liens de causes à effets ou pas, "The Woman" transpire la hargne, la férocité et la grande colère de son géniteur et de son acolyte.

Ecrit à quatre mains avec le romancier Jack Ketchum, dont les écrits ne suintent pas particulièrement la bonhomie ; ce dernier traquant sans relâche l'amoralité et les vices se cachant au sein d'une classe moyenne américaine en apparence, mais en apparence seulement, policée.
Ketchum se révélant être une sorte de Clive Barker états-unien ou un Stephen King de l'extrême, à qui l'on doit, notamment, le roman "The girl next door" dont l'adaptation en 2007 fait encore passer un long frisson dans le dos de ceux qui l'ont vu.




Après avoir assisté à la tranche de vie d'une femme que l'on imagine sauvage depuis sa naissance, puis la présentation d'une famille tout ce qu'il y a de plus banale, le film bascule rapidement avec le kidnapping de la "femelle" par le chef de famille, avocat de son état et chasseur occasionnel.
Prisonnière d'une sorte de garage construit en sous-sol, attachée à des cordes reliées à des poulies, la pauvre sauvageonne semble mal barrée... et nous avec. La crainte de devoir, une fois de plus, se fader un énième "torture-porn" est vive.

Heureusement, ces doutes vont vite s'effacer devant la volonté du réalisateur d'axer son long-métrage sur une terreur bien plus psychologique que physique. Privilégiant le hors-champ pendant la quasi totalité de son récit, s'appuyant beaucoup plus sur la caractérisation de ses personnages que sur la mise en avant des supplices subis par la sauvageonne, McKee installe, instille un climat repoussant, lourd d'effluves sadiques et de traumatismes à vifs.



La raison d'être centrale du film semblant être la volonté de briser en mille morceaux un des pan essentiel de l'american way of life, à savoir la cellule familiale et ses idéaux moraux. Derrière la façade bien proprette se cache le pire des malaises.
Une mère soumise à son mari, une adolescente enceinte en rébellion rentrée, un fils développant les prémisses d'un futur sadisme et surtout un père, véritable concentré de misogynie à l'état pur.

Un père, pivot de l'histoire, apparaissant comme un des plus beaux salauds jamais vus au cinéma. Un de ces êtres dont on se demande bien pourquoi il ne remplace pas une souris ou un lapin dans un laboratoire d'expériences médicales.
A l'évidence, le chef de famille représente, pour McKee et Ketchum, une forme de dégénérescence de notre société occidentale. Portant beau, gagnant bien sa vie, il rayonne d'une façade insubmersible de respectabilité, cachant sous son plumage une bête sauvage. Deus ex-machina de sa propre famille, attendant qu'on lui obéisse en tout, violent, méchant, sans états d'âmes, misogyne à l'excès et ayant une très haute opinion de lui-même, il va soumettre la femme sauvage aux pires exactions.



Humiliations, tortures, perversités. Chaque nouvelle scène fait monter d'un cran la barbarie, intervertissant au fur et à mesure les rôles entre le civilisé et la sauvage. Coup de boutoir après coup de boutoir, Mc Kee va dès lors enfoncer la famille dans les ténèbres, jusqu'à un dernier quart d'heure d'une rare animalité.
Fini le hors champ, l'abîme peut s'ouvrir, une grande surprise poindre le bout de son nez et la bête apprivoisée prendre sa revanche sur le soi-disant homme évolué, la femme triomphant, in fine, de l'homme.

Sans concession, intelligent, magistralement interprété, féministe comme peuvent l'être certains "rape and revenge", pourvu d'une bande originale décalée mais marquante, "The Woman" marque le spectateur à la manière d'un boxeur victime d'un uppercut sous le menton.

McKeegistral !






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