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The Horribly Slow Murderer with the Extremely Inefficient Weapon (qu'on pourrait approximativement traduire par : "le meurtrier horriblement lent à l'arme extrêmement inefficace") est un court-métrage américain de 2008 réalisé par Richard Gale qui portera également les casquettes de réalisateur, producteur, photographe, monteur et scénariste (rien que ça !) pour son œuvre. Ah, j'allais oublier, il endosse également le rôle du narrateur dans le film ! Ce petit court-métrage (il approche en effet les dix minutes) a remporté de nombreux prix lors de festivals (dont le FanTasia à Montréal et le Fantastic Fest d'Austin). Mais de quoi ça parle au fait ? Eh bien cela se présente comme une sorte de bande-annonce d'un film de neuf heures et relate l'histoire de Jack Cucchiaio, un individu lambda qui se retrouve, sans qu'on ne sache pourquoi, pourchassé par un mystérieux croquemitaine boiteux au visage pâle et surtout invulnérable. Cette sorte de spectre/démon encapuchonné et vêtu de noir, répondant au doux nom de Ginosaji, souhaite tuer notre ami Jack, mais pas n'importe comment, tout simplement avec une cuillère à soupe, en lui assénant de multiples coups répétitifs sans jamais discontinuer ! Il s'agit donc là du meurtrier le plus lent de l'histoire du cinéma agissant avec l'arme la plus inefficace au possible !



Bien évidemment ceci est une énorme farce : jamais le film ne se fera et encore moins pour une durée de neuf heures ! Il s'agit juste là d'un teaser diffusé sur la toile et qui a fait un sacré buzz. En revanche, en ce qui concerne le tournage, il a effectivement été épique. Le court-métrage de Richard Gale (réalisateur de seconde zone avant ce succès d'estime) a été effectué en Californie durant les week-ends, pendant deux mois et demi, pour un total d'environ vingt-deux jours de tournage et un montant avoisinant les six-cents dollars. Notons que Gale a réalisé son court avec un caméscope basique et l'a finalisé sur son ordinateur avec un simple logiciel de montage virtuel. Il a également acheté un gros échantillon de tissu vert qu'il a installé sur le mur principal de son salon afin d'obtenir un green screen, autrement dit un fond vert afin de faire de l'incrustation (effet spécial de cinéma consistant à intégrer dans une même image des objets filmés séparément). Grâce à ce procédé bricolé maison on peut ainsi voir comme arrière-plans sympathiques : la Tour Eiffel, les pyramides d'Egypte ou encore le Kremlin.

The Horribly Slow Murderer with the Extremely Inefficient Weapon décrit ainsi le calvaire d'un homme, Jack Cucchiaio (dont le nom de famille veut quand même dire "cuillère" en italien !), traqué par un monstre spectral hyper déterminé (et patient !) le rossant à coups de cuillère répétitifs et ce, sur tous les continents et quoi qu'il fasse. Horrible, non ? Pourtant, c'est vraiment super drôle ! Malgré la brièveté de l'entreprise, tous les standards des films horrifiques admirés par les fans de notre site sont peu ou prou ici présents et parfaitement utilisés : la terreur en milieu familier avec des objets de la vie quotidienne, les vaines tentatives de fuite du héros, ses essais multiples pour s'armer et vaincre l'ennemi qui s'avère invincible, la présence d'effets gore agréables, l'utilisation d'armes de fortune éclectiques (livre, couteau de cuisine, scie circulaire, fusil mitrailleur, TNT…) et trouvées sur le moment par notre victime, mais aussi les références cinéphiliques en tous genres (cf. la scène de la douche à la "Psychose"), j'en passe et des meilleurs. Mais pourquoi est-ce si comique ? Tout simplement parce que c'est répétitif à souhait et en aucun cas blasant : Jack essaie comme il peut de se débarrasser de cette créature du mal qui inlassablement lui porte des coups de cuillère. Cela rappelle fortement les vaines tentatives du coyote pour attraper Bip Bip : c'est toujours la même chose, mais on sourit tout le temps devant les échecs successifs du canin aux dents longues !

Ajoutons à cela que l'acteur principal qui interprète la victime (Paul Clemens, que vous avez déjà vu dans "Les entrailles de l'enfer" A.K.A. "The beast within") est tout bonnement hilarant et nous communique véritablement son supplice : on a vraiment mal pour lui et ça doit être atroce à vivre comme situation mais c'est tellement rigolo ! On a également envie de lui suggérer des moyens de s'en sortir et surtout d'en savoir plus sur ses péripéties à venir. Le monde est bien fait car justement Richard Gale, le réalisateur, devant l'engouement des internautes sur la toile a exaucé nos envies en réalisant plusieurs suites vidéo que l'on peut voir sur le Net :
• "Ask Jack! Spaghetti Dinner of the Damned", dans laquelle Jack répond aux questions des internautes tout en essayant de déguster tant bien que mal une assiette de spaghettis ;
• "Spoon vs Spoon", où Jack, grâce à l'idée suggérée par un internaute, tente de retourner contre le Ginosaji son arme fétiche : la cuillère ;
• "Save Jack: The Interactive Experience", donne au spectateur la possibilité de choisir, parmi quatre manières, la façon dont Jack tentera de faire cesser les attaques du Ginosaji (lui faire une accolade, porter des habits protecteurs, utiliser un aimant géant et lui filer un bon coup de tatane dans les parties).
Mais est-ce qu'une des solutions proposées s'avérera efficace ? A vous d'aller voir !

Alors oui, c'est toujours le même type de blagues redondantes que l'on voit à l'écran, mais on ne peut s'empêcher de rire devant tant de sadisme gratuit ! Il faut alors espérer que Richard Gale bénéficie un jour d'un budget digne de ce nom afin de réaliser une comédie horrifique sortant des sentiers battus – ce dont il semble tout à fait capable – car il faut bien l'avouer, la durée (dix minutes ça passe quand même super vite !) est bien le seul point faible de ce court-métrage !








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