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Cavalant à perdre haleine, une mystérieuse jeune fille du nom de Kristen incendie une grange déserte avant d'être interceptée et enfermée dans l'hôpital psychiatrique le plus proche. Passablement amnésique, la prisonnière ne songe à présent qu'à une chose : s'enfuir de cet établissement. Et plus particulièrement lorsqu'elle prend conscience du danger surnaturel qui la guette entre ses murs…



Moins productif que ses camarades Craven ou Romero (entre autres), John Carpenter avait clairement scindé son public avec ses dernières coquetteries, séries b décomplexées plus proches du comic-book hargneux que des grands films de terreur ayant fait sa renommée. Le divertissement était, quoiqu'on en dise, au rendez-vous…
Ses deux essais pour la série Masters of horror étaient cependant plus inquiétants, avec un Cigarette Burns revoyant de manière sanguinolente le schéma de "L'antre de la folie" et un Pro-life particulièrement z, festival d'effets gores racoleurs et de créatures en plastiques exposées sans la moindre honte à l'écran. Un Carpenter visiblement moins à l'aise, et le spectateur avec…



Quelques projets avortés plus tard, (dont l'ambitieux L.A Gothic) les premières images de The Ward détonnent, avec un retour à la ghost story relativement old school : asile ténébreux, jeunes filles en détresse et fantôme dégoulinant au programme. Une mixture peu novatrice, mais sur lequel on pouvait miser sans trop peine sur celui nous ayant gratifié de "Fog" ou de "Prince des ténèbres".
Un casting économique, dépourvue de vedettes : en tête d'affiche, surnage l'étoile montante du genre, la sympathique Amber "Mandy Lane" Heard qui n'a décidément pas fini d'en découdre avec les psychopathes et les monstres de la pire espèce. Des ingrédients solides pour une série b sans prétention : à vrai dire, c'est bien ce que représente The Ward . Or s'il y a bien une question qu'on se pose dès le générique (joliment sophistiqué mais déjà trompeur) c'est : où est donc Big John dans tout ça ?



Malgré la photographie léchée et les beaux mouvements d'appareils on peine à retrouver la patte de l'auteur, perdu dans ce qui ressemble malgré tout à un dtv aussi soigné qu'anecdotique. Des situations mille fois empruntées ("je ne suis pas folle vous savez" pendant 1h30 pour ainsi dire) aux grosses ficelles naphtalinées (qu'il s'agisse des personnages jusqu'aux scènes de terreur), on reste dubitatif face au manque d'imagination du maître.
On ne tiendra rigueur que d'une scène de danse aussi rafraîchissante qu'incongrue qui succède vite au frisson nocturne, où les héroïnes voient ainsi leur cocon protecteur (la salle de repos arrosée par un tube rétro des Newbeats contre la tempête extérieure) menacé par l'intrusion du fantôme ; fantôme qui se verra hélas amplement exposé tout le long du métrage, jusqu'au grotesque.

A contrario de ses confrères, Carpenter abandonne même l'idée de toute auto-citation (il cède même sa place à la musique, pour un score éthéré assez vain) et va même piller la tendance actuelle : alors que le récit s'empêtre, voilà qu'un vilain twist à la mode vient définitivement saboter un récit déjà en perte de vitesse. Une dérive appuyant davantage l'aspect foncièrement impersonnel de l'œuvre : dommage pour un homme dont le style brillait autrefois par une aura immédiatement reconnaissable. Le temps de la retraite a sonné.








Un film de plus...


3

Difficile de faire plus classique que ce film. Déjà, rien que le design du DVD pue la mode actuelle : poussière, verre brisé, vêtements blancs salis... On dirait la jaquette de la moitié des films d'horreur sortis ces cinq dernières années. La mise en scène est effroyable... effroyable de banalité (si vous êtes encore sensibles aux monstres qui surgissent derrière les victimes, vous allez apprécier), jusqu'à la toute dernière scène où je me disais "il va pas oser faire ça quand même..."... et si... Le twist final j'en parle même pas, à moins de découvrir le cinéma de genre avec ce film, c'est du déjà vu. Bref, un film d'horreur assez insipide pour le public lambda et presque énervant pour ceux qui connaissent déjà le cinéma horrifique et qui ne vont rien trouver d'original là-dedans, voire qui vont retrouver des banalités dont on pensait que plus aucun réalisateur n'oserait abuser.