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1981. Un bateau rempli d'esclaves sombre dans la mer des Antilles. Seuls cinq naufragés parviennent à rejoindre une île, déserte aux premiers abords. Mais très vite, les membres de l'équipage sont décimés par des prédateurs redoutables cachés dans les eaux et la végétation environnante. Mais ces monstres aquatiques sortis tout droit de l'Enfer ne sont pas les seuls ennemis à redouter : un certain Rackham, le propriétaire de l'île à l'origine de ces humanoïdes amphibiens qui menacent nos pauvres naufragés, comptent bien exterminer quiconque s'intéresse de trop près à ces petites affaires…



Ah, ces fameux films bis italiens des années 70-80, quelles curiosités! Plongeons-nous aujourd'hui dans une réalisation de Sergio Martino et plus particulièrement l'un des segments de sa "trilogie exotique". Un an après le très sympathique "la montagne du dieu cannibale" avec la belle Ursula Andress, Sergio Martino réalise en 1979 deux autres long-métrages : "le grand alligator" et "le continent des hommes poissons". C'est de ce deuxième film que nous allons parler aujourd'hui dans les quelques paragraphes qui suivent. Petit film d'aventure fantastique, "le continent des hommes poissons" demeure aujourd'hui l'un des fleurons du bis italien des années 70. Un film ayant certes pris de nombreuses rides au fil des années mais qui réussit encore aujourd'hui à conserver un certain charme. La preuve dans les quelques lignes ci-dessous.

"Le continent des hommes poissons" montre bien ce côté fantaisiste et un peu fourre-tout de Sergio Martino que l'on aime tant. Après les aborigènes zoophiles de "la montagne du dieu cannibale" et le crocodile en carton dans "le grand alligator", nous voici maintenant en présence d'humanoïdes amphibiens caoutchouteux et esclaves d'un riche misanthrope. Que de folie en perspective!



Partant d'un scénario un peu fouillis dans lequel on accumule les idées rocambolesques et farfelues, allant de l'esclavage de mutants amphibiens à la recherche du trésor de la cité d'Atlantis en passant par des rites et des snuffs d'animaux en tout genre, le film de Sergio Martino puise dans de nombreuses œuvres, aussi bien littéraires (Jules Verne en est le meilleur exemple) que cinématographiques (Sergio Martino et son équipe ne cachent pas qu'ils ont repiqué pas mal d'éléments du film à succès "l'île du docteur Moreau"). En effet, comme le dit si bien Sergio Martino face à la caméra : "Dans les années 70, l'Italie faisait énormément dans le cinéma d'imitation" et ce n'est pas "le continent des hommes poissons" qui dérogera à cela.

Un scénario un peu fourre-tout et tiré par les cheveux qui, toutefois, s'avère plutôt divertissant, si l'on oublie les quelques longueurs en milieu de pellicule (les dialogues quelque peu longuets et dénués d'intérêt, les rites aborigènes inutiles servant de remplissage…). En effet, "le continent des hommes poissons" nous invite à un petit voyage périlleux bourré de péripéties : entre les attaques de monstres amphibiens, les éruptions volcaniques, les incendies et autres combats à mains nues (très bien rendues d'ailleurs soit dit en passant), il faut bien avouer que le public friand d'aventure en aura pour son argent, à condition que ce dernier pardonne les quelques rides que le film de Sergio Martino ne peut plus cacher à ce jour (Giancarlo Ferrando, directeur de la photo, et Massimo Antonello Geleng, scénographe, le reconnaissent d'ailleurs aisément : leur film possédait déjà un côté un peu kitch lors de sa sortie en salle, mais n'est-ce pas ce qui fait le charme de ces chères séries B italiennes, que l'on soit dans les westerns, les films de cannibales et de zombies ou encore dans les péplums et les films d'aventure fantastique?).



On regrettera par contre le manque de traitement des personnages, comme à l'accoutumée chez Sergio Martino, ces derniers étant au final assez peu exploités et par conséquent peu attachants.
On remarquera par contre la présence de la belle Barbara Bach (vue également dans "le grand alligator" la même année…), véritable star du film et actrice en plein boum en cette fin de décennie, après avoir joué la James Bond Girl dans "l'espion qui m'aimait" en 1977. Un joli minois qui apporte beaucoup au film de Sergio Martino, il va sans dire, à l'instar d'une certaine Ursula Andress dans "la montagne du dieu cannibale".
A ses côtés, on retrouve notamment Claudio Cassinelli (déjà remarqué dans "Hercule", "la montagne du dieu cannibale" et "le grand alligator" entre autres) dans le rôle du héros courageux et fougueux (qui bien-entendu ne laissera pas notre belle Barbara indifférente), mais également l'acteur américain en déclin Joseph Cotten (qui, comme le dira Sergio Martino, "se faisait une seconde carrière en Italie" après avoir joué par exemple dans "Citizen Kane", "l'ombre d'un doute" ou encore "le troisième homme") dans le rôle d'un scientifique illuminé, prêt à sacrifier des êtres humains pour créer des mutants aquatiques toujours plus performants.



D'un point de vue visuel (décor, paysages), "le continent des hommes poissons" est relativement réussi. Tourné en grande partie dans des grottes (de toute beauté) et proche de bords de mer en Sardaigne mais également dans la région de Manziana (aux alentours de Rome), le film de Sergio Martino nous plonge tantôt dans des paysages arides et désertiques (régions volcaniques), tantôt dans des grottes lugubres et humides propices aux attaques de nos chers amphibiens mutants, et tantôt dans la jungle hostile où vagabondent des aborigènes peu amicaux.

A l'inverse, on notera le côté très kitch de nos amphibiens humanoïdes. Costumes caoutchouteux portés par des acteurs-plongeurs dans lesquels pouvait être incorporée la bouteille d'oxygène (formant alors une bosse dans le dos de chacun de nos "Quasimodo – Hommes poissons"), ces derniers étaient effectivement déjà sujet à moquerie à l'époque, lors de la réalisation du film. Un effet visuel très bisseux proche du nanaresque (malgré le lourd travail des maquilleurs) qui est d'autant plus prononcé quand nos monstres émergeaient de l'eau (ces derniers étant bien plus crédibles en milieu aquatique, avec l'aide du cadrage, de l'éclairage et de l'eau). Il est d'ailleurs fort regrettable de voir intégralement nos monstres dès la première demi-heure du film, gâchant un peu l'effet de surprise et la curiosité qui en émanait…

Au final, "le continent des hommes poissons" demeure un film divertissant malgré ses nombreux défauts scénaristiques et l'énorme coup de vieux pris malgré que le film de Sergio Martino paraissait déjà quelque peu kitch lors de sa sortie à en croire l'équipe du film (de nombreux long-métrages sortis avant ce dernier vieillissent bien mieux que celui-ci). Restent une jolie Barbara Bach, quelques situations rocambolesques amusantes et entraînantes ainsi que des décors plus que convenables qui font de ce bis italien un film culte aux yeux de nombreux amateurs et professionnels du genre (même si pour d'autres, le film pourra être vu comme une œuvre ridée par le temps et au final bien trop fourre-tout pour en faire un classique du genre). Un film à voir pour ma part, surtout si vous aimez les films d'aventure fantastique, mais pas inoubliable, loin de là.

Le film fait partie de la trilogie exotique de Sergio Martino avec "la montagne du dieu cannibale" et "le grand alligator"