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Jake est un garçon ultra violent qui fait régner la terreur avec son gang. Pour se venger d'une mauvaise plaisanterie que lui a fait subir Brenda et son gang de filles, il va, lui et ses trois comparses, violer sauvagement Heather, la jeune sœur sourde et muette de cette dernière. Lors d'une autre virée, il n'hésitera pas à faire tomber d'un pont l'une des membres du gang de Brenda, Francine, qui allait se marier et qui était enceinte. Traumatisée par ses événements, Brenda n'aura plus qu'un but dans sa vie : retrouver Jake et sa bande et leur faire payer très cher leurs actes de violence…



En 1973, une jeune adolescente traumatise le monde entier dans un film où elle est possédée par un démon. Linda Blair tient le rôle de Regan dans "L'exorciste", personnage qu'elle reprendra quatre ans plus tard dans "L'exorciste 2 – l'hérétique" de John Boorman. Wes Craven lui donnera un rôle l'année suivante dans "L'été de la peur". Mais les ennuis commencent pour Linda. D'abord arrêtée en compagnie de dealers, elle sera ensuite arrêtée de nouveau pour trafic de stupéfiants. Un drame qui ruinera sa carrière, car elle sera exclue des grosses productions et des studios prestigieux. C'est pourquoi on la voit dans de nombreuses séries B dans les années 80, comme dans "Les Anges du Mal", "Red Heat", "Hell Night" ou "Savage Island". C'est également dans la décennie 80 qu'elle aura le premier rôle dans Les Rues de l'Enfer. Si ses fans de la première heure lui vouent toujours un culte, c'est notamment grâce à ce dernier film dans lequel elle incarne un personnage de femme forte, chef de gang et qui se transformera en justicière afin de venger le viol de sa sœur cadette et le meurtre d'une de ses amis. Le fait qu'elle y dévoile également sa généreuse poitrine lors d'une séquence dans une baignoire n'y est pas anodin, tout comme la présence de dialogues trash devenus eux aussi cultes, dont le célèbre "c'est dommage que tu ne sois pas en caoutchouc, car tu aurais pu te plier en deux pour lécher ton cul" qu'elle lance à une de ses futures victimes dans un final apocalyptique.



Vous l'aurez compris, on a avec Les rues de l'Enfer un pur film d'exploitation qui mêle plusieurs sous-genres, comme le film de campus avec présence de gangs et de punks style "Class 1984", le film de Rape and Revenge avec le viol sordide de la jeune sœur de l'héroïne (sœur interprétée par Linnea Quigley qui deviendra célèbre avec ses deux futurs films, à savoir "Douce nuit, sanglante nuit" et surtout "Le retour des morts vivants" et son strip-tease sur une tombe) et enfin le Vigilante Movie, qui découle du sous-genre précité puisque ce n'est pas la violée qui va se venger mais un membre de sa famille, en l'occurrence le personnage joué par Linda Blair. Violence et sexe se marient donc dans un cocktail trash, le tout sur une musique rock US 80's qui ancre ce long-métrage dans la décennie où il a été réalisé. Les rues de l'Enfer est en effet très marqué par son époque, principalement avec la musique donc, mais aussi avec les fringues portées par les acteurs et actrices. Linda Blair a d'ailleurs joué un rôle dans le choix des tenues, s'inspirant du look de Madonna dans ces années là. La vision du film en 2011 fait donc l'effet d'un retour dans le passé, ce qui s'avère, dans le cas présent, plutôt sympathique et contribue encore au culte dont bénéficie ce long-métrage de Danny Steinmann.



Classé X aux USA lors de sa sortie et interdit dans de nombreux pays, on peut se demander aujourd'hui pourquoi tant d'acharnement sur ce film qui n'est pas pire qu'un autre de cette période. Certes, il y a de la nudité (totalement gratuite, c'est ça qui est bon !) avec une fameuse scène de bagarre entre filles dans les douches de l'école mais bon, c'est juste des filles nues. La scène de viol est filmée de manière très complaisante et très voyeuriste par le réalisateur, qui en rajoute dans le sordide en faisant de la violée une jeune sourde et muette qui ne peut donc pas crier pour appeler à l'aide. Danny Steinmann semble aimer avoir des filles nues devant sa caméra car on notera qu'il est le réalisateur du cinquième chapitre de la saga des "Vendredi 13", chapitre où il y a le plus de nudité si ma mémoire est bonne. Bref, Danny Steinmann n'est pas là pour faire de l'art, on l'aura compris.

Niveau violence, ça reste également assez soft avec quelques bagarres pas bien méchantes et un final plus nerveux mais pas très sanglant. On appréciera néanmoins cette dernière demi-heure puisque notre Linda Blair va revêtir sa combinaison noire de justicière et, armée d'une arbalète dotée d'une lunette de visée et de piège à ours (original, ça change du flingue à la Bronson), va se mettre en chasse et s'amuser avec ses victimes avant de les envoyer ad patres. Les fétichistes apprécieront. Linda est d'ailleurs plutôt mignonne, quoi qu'en disent certains, et possède un charme certain qui fonctionne encore plutôt bien lorsqu'on revoie le film.



Avec une Linda Blair toute mignonne et bien revancharde (qui au départ ne devait pas être au casting du film), avec un chef de gang rival totalement psychotique et bien flippant (merveilleusement bien interprété par Robert Dryer), avec une bande originale bien marquante et des tenues vestimentaires qui feront sourire, avec sa nudité, sa violence et son langage ordurier, ainsi qu'avec sa partie "Revenge" vraiment sympa, Les rues de l'Enfer s'avère un réel plaisir coupable, une série B qu'on prend plaisir à revoir, symbole d'une époque révolue et qui viendra aisément se ranger aux côtés de "Class 1984" et de "Un justicier dans la ville" et sa suite.

Disponible en dvd zone 2 chez UNCUT MOVIES