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Une gigantesque météorite percute de plein fouet notre (si belle) planète, en plein cœur de l'Arizona (y'en a vraiment que pour les ricains…). Un évènement qui attire aussitôt un géologue et un professeur de biologie, tout heureux d'être les premiers à analyser le beau caillou que voilà. Mais, très vite, ils découvrent que le prélèvement qu'ils ont fait sur la météorite contient des organismes unicellulaires se développant à la vitesse grand V! Voilà déjà nos deux compères en train de rêver de prix Nobel suite à leur découverte! Un rêve qui va rapidement se briser quand nos deux larrons vont se retrouver confrontés à de nombreux Aliens de toutes tailles et de toutes races, s'attaquant à de pauvres civiles mais également aux méchants gros vilains de l'Armée!



La comédie de science-fiction, voilà un genre qui bien souvent plait à un panel très divers de spectateurs, de 7 à 77 ans. Et que de grands noms dans cette catégorie filmique qui, quand on y regarde de plus près, demeure au final assez pauvre en longs-métrages de bonne facture. Parmi eux, on peut citer quelques noms comme "ghosbusters" (alias "S.O.S. Fantômes"), "retour vers le futur", "men in black", "mars attacks!" et pourquoi pas également le débile mais ô combien jouissif "killer klowns from outer space"! Un petit échantillon qui ne laissera pas de marbre la plupart d'entre vous et qui saura vous divertir en famille.

Fort du succès de l'excellent et cultissime "S.O.S. Fantômes", le réalisateur slovaque Ivan Reitman ("jumeaux", "junior", "un flic à la maternelle", "six jours sept nuits"…) nous replonge une nouvelle fois dans une comédie de science-fiction où il fait bon se laisser transporter dans ses univers colorés et déjantés. Le nom du film? "Evolution". 1h35 de délires en tout genre, de monstres en pagaille, le tout dans une ambiance festive où tantôt frissons tantôt émerveillements seront de la partie, à la grande joie des plus grands et des plus petits.



Pourtant, il faut bien le reconnaitre, "evolution" n'est pas pour autant exempt de défauts. D'ailleurs, le premier que l'on pourra citer est la linéarité de son scénario. En effet, le film suit une trame, un fil conducteur, sans grands rebondissements et autres surprises en tout genre. Certes, certaines séquences surprennent et font leur petit effet de surprise (la fille soudainement attaquée par une sorte de dinosaure volant dans une cabine d'essayage, un riche propriétaire dévoré par un Alien marin, ou encore ce passage où une grosse patte de monstre apparait tout à coup sur l'écran…) mais l'histoire en elle-même est assez simpliste et ne propose que trop peu (voire quasi pas) de dénouements.

Par contre, et il faut bien le souligner ici, malgré le côté très prévisible du scénario, "evolution" sait divertir son public, réussit à le tenir en haleine grâce à un rythme fort bien maintenu, alternant gags et scènes d'action avec réussite.

Pour ce qui est de l'humour justement, on regrettera toutefois un peu la lourdeur de certains passages et on passera également sur quelques scènes absurdes (Seann William Scott y est pour beaucoup dans ce côté parfois risible, notamment ce passage où il chante de sa voix la plus atroce dans le but d'attirer un Alien…) et très portés sur la scatophilie (les pets d'Alien, l'extirpation de moustique par l'anus et bien-sûr la séquence finale du film qui ne sent pas vraiment la rose…).

Un humour qui part donc parfois de travers (il est loin le bon temps de "ghosbusters" et ses génialissimes Bill Murray et Rick Moranis) mais qui réussit toutefois à nous procurer de bons moments, grâce notamment à l'acteur Orlando Jones ("une nuit en enfer 3", "endiablé", "biker boyz", "primeval", "l'assistant du vampire"…) interprétant un géologue proud of himself, amuseur de galerie, dragueur et malchanceux, prêt à tout pour avoir son prix Nobel. Un personnage qui réussit (heureusement) à faire de l'ombre au personnage de Wayne Green, un raté interprété par l'hurluberlu Seann William Scott ("american pie", "eh mec, elle est où ma caisse?", "road trip", "bienvenue dans la jungle", "destination finale", "shérif, fais-moi peur"…), le genre d'acteur qui peut déplaire à de nombreuses personnes (un peu comme pour un certain Jim Carrey dont je préfère ne pas parler au risque de me montrer grossier…).

Un casting qui se finit d'ailleurs par de belles gueules : David Duchovny (le fameux Fox Mulder dans "x-files : aux frontières du réel") dans la peau d'un professeur de biologie séducteur et bosseur ainsi que la ravissante mais froide Julianne Moore ("darkside, les contes de la nuit noire", "le fugitif", "le monde perdu", "Hannibal"…) jouant le rôle d'une biologiste travaillant pour le Gouvernement, une sorcière derrière qui peut aussi se cacher une fée... Deux rôles certes un peu effacés par les deux pitres cités ci-dessus mais grâce à qui l'histoire suit son bonhomme de chemin, évitant ainsi de basculer dangereusement dans la crétinerie et l'absurde. Un équilibre bien maintenu avec deux personnages excentriques d'un côté et deux personnages plus posés de l'autre.



Malgré un casting de bonne facture, il est cependant parfois assez regrettable d'être au cœur de dialogues enfantins, manquant cruellement de profondeur, même si ces derniers ne ressemblent toutefois en rien à ceux d'un teenage movie dans lesquels nous avons plus l'habitude de voir traîner un Seann William Scott par exemple (l'affreux Stifler des "american pie" et ses attitudes d'ado crétin).
Certaines répliques sont un peu nunuches reconnaissons-le tout de même (la femme qui s'exclame devant un Alien vert : "hé mais depuis quand tu as un chien?!"…) mais ont le mérite d'amener cette petite pincée d'humour un peu niais tout à fait appréciable quand ce dernier est utilisé de façon modérée.

"Evolution" ne nous épargnera pas certains grands classiques des films d'action et de genre : le gros monstre de la fin, la critique facile de l'armée ("Rambo", "28 jours plus tard", "le jour des morts vivants"…) et même les fameuses explications biologiques et autres théorèmes et déclarations de scientifiques (que sont les grands David Duchovny et Orlando Jones) qui en amuseront plus d'un (bon, d'un côté, le coup du moustique qui permet de ramener les dinosaures à la vie dans "jurassic park", c'était pas mal non plus!).
Ah, et n'oublions pas de citer le petit coup de pub pour une certaine marque de shampoing dans la dernière partie du film…



Mais là où le film d'Ivan Reitman gagne des points sans hésitation, c'est dans ses effets visuels. En effet, l'équipe des effets spéciaux, menée tambours battants par Phil Tippett ("starship troopers"), a réalisé de bien belles prouesses techniques, en témoignent la multitude de monstres divers et variés montrés à l'écran ou encore cette caverne transformée en une jungle paradisiaque digne d'un "Alice au pays des merveilles", avec toutes ces couleurs, ses plantes étranges, ses moustiques et insectes de différentes sortes… Bref un paradis perdu mais où la faune et la flore peuvent rapidement se retourner contre vous!

La galerie des monstres est fort alléchante : tous ont leurs couleurs bien à eux (rouges, jaunes, bleus, verts…), une façon spécifique de se déplacer (ils marchent, sautent, volent, rampent…) et leur caractère bien à eux (le tout-mignon mollasson qui s'avère être une véritable machine à déchiqueter, le carnassier reptilien avide de chair fraiche, le dinosaure ailé vif et bagarreur…). Une bien belle brochette d'Aliens en pagaille que voilà!

Au final, Ivan Reitman nous gratifie là d'un bon petit film de science-fiction faisant la part belle à l'humour et aux effets visuels. Certes, le film présente certains défauts (un humour parfois lourd, un scénario trop linéaire et prévisible) le faisant rougir de la comparaison avec l'ainé culte "S.O.S. Fantômes" mais qui n'empêchent pas le film d'être ce qu'il est : un très bon petit divertissement pour toute la famille, avec son lot de monstres tous plus étranges les uns que les autres qui émerveilleront les plus petits comme les plus grands!








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