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Vous ne vous êtes jamais demandé ce qu'il se passerait si quelqu'un décidait de faire un mélange de style aussi improbable que : sentai + comédie + érotisme, le tout réalisé façon Shaw Brothers rencontrent David Hamilton ? Un magnat du pétrole vient à Hong Kong pour assister à une convention sur la robotique. Il entend en effet embaucher des scientifiques pour monter une armée de droïdes. Pendant que papa se fade les démos techniques bien foireuses des androïdes allemands et des américains, fifils batifole dans une piscine avec une demi-douzaine de prostituées autochtones, et le même nombre de policier pour surveiller que tout va bien. Un p'tit coup de gaz, et pof ! Le fifils de l'émir est embarqué par un scientifique fou qui a transféré son esprit dans un androïde tueur. Pendant l'enlèvement les balles fusent, et une jeune policière est abattue. Comme les humains ne font pas le poids face aux androïdes, deux scientifiques (du genre féminin aux grosses mamelles) décident d'aider la police en reconstruisant le corps de la fliquette défunte afin d'y transférer son esprit (sic). Trop sérieux s'abstenir.



Difficile d'écrire une critique sur un tel film. Le scénario est tellement improbable, qu'il ne demande qu'à être vu.
A Hong Kong, le mélange des genres n'a jamais été tabou – surtout pas pour les fameux catégorie III. Bien au contraire. Et au final, à force de tout mélanger, une véritable identité en émerge. Toutefois, pour bien comprendre Robotrix, décomposons-la.

Contrairement à d'autres Catégorie III ("Untold Story", "Ebola Syndrom"... ), Robotrix est d'une rare légèreté. Ici c'est l'humour qui domine, exit la déviance et la violence gratuite et outrancière. Mieux, le film n'est pas gore, tout au plus quelques traces de sang çà et là. Cela n'empêche nullement le film de mettre l'accent sur l'action – mais chorégraphiée, à grand renfort de filins et de trampolines. Sans être grandiloquent, le spectacle martial s'avère sympathique. Au moins autant que les scènes de tatanes des sentai (Bioman par exemple).



A défaut d'en mettre plein les yeux, l'action participe à l'effet comique du film ; et inversement. C'est probablement involontaire et culturel, mais cela fonctionne terriblement bien. Le film annonce la couleur, avec l'affrontement en ouverture, du droïde allemand et du droïde américain, tous deux outrageusement stéréotypés. L'androïde allemand est une montagne de muscles de deux mètres, blond et rasé. L'américain est une espèce de sous-Rambo, brun aux cheveux longs, un bandeau noué sur le front. Et les deux qui s'affrontent avec force bruitages pif-paf-pouf, ça fait son petit effet.

Ces combats caricaturaux ne sont pas le seul ressort comique de Robotrix. Et l'humour Hongkongais n'est pas à proprement parler très fin, et ici le clou n'est qu'enfoncé sous le plancher. Les gags reposent ici uniquement sur des situations absurdes dont la conséquence première est de déclencher une avalanche de grimaces chez les protagonistes. L'exemple type, est la bande de policiers complètement en rut à la seule vision d'une femme. Cet humour fonctionne grâce à un découpage très bande dessinée : des cadres de champ / contre champ mis en scène à l'excès. Il faut comprendre par là, que pour appuyer les effets – dramatiques ou comiques – les personnages posent.



Mais le film ne serait pas complètement débile s'il ne regorgeait pas de scènes érotiques, dont certaines reposant entièrement sur l'imagerie d'Hamilton. Robotrix, film de kung-fu crétin, vous offrira donc une scène de sexe dans des draps en soie, avec moult fleurs à l'appui, le tout filmé avec un flou érotique. En fond musical, la musique dégouline de notes mielleuses. La scène s'étend en longueur, mais étant la seule dans son genre, elle demeure plutôt drôle. En effet, les autres scènes de sexe sont filmées à la va comme je te pousse. Ça pète pas bien haut, mais c'est caviardé de petites trouvailles comme celle du robot qui veut découvrir pourquoi les humains tiennent tant aux rapports sexuels.

Si l'érotisme de Robotrix est loin d'être un argument suffisant pour justifier sa vision, il pèse tout de même assez lourd dans le film. A part la séquence " hamiltonienne " complètement surréaliste, le reste s'avère sans grand intérêt. Quoique... Les actrices mises à nu sont tout de même très jolies et ont une sacrée capacité pulmonaire.



Voilà donc un film complètement " autre ". Une sorte d'OFNI d'un autre temps et d'une autre culture.
Il est d'ailleurs rigolo d'observer que les bureaux du commissariat arborent de jolis drapeaux britanniques.

Quoi qu'il en soit si vous cherchez un divertissement un poil adulte et complètement kitsch, Robotrix se montre comme un choix difficilement contournable. En plus de voir des belles pépées, de la tatane à l'ancienne, et de l'humour à deux sous, peut-être ressentirez vous un petit pincement de cœur nostalgique.
C'était quand même bien Bioman.
Et Robotrix respecte scrupuleusement la structure des épisodes du serial. Pas de surprise de ce côté là, jusqu'au happy-end qui finit sur un fade out où tout le monde rigole.






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