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Sherlock Holmes, intrépide et légendaire détective et son fidèle ami le docteur John Watson, traquent sans relâche les criminels tous azimuts. Leurs armes : un sens aigu de l'observation, une faculté de déduction extraordinaire et accessoirement une droite redoutable pour Holmes, très raisonné, hyper réfléchi, armé d'un calme olympien et un maniement de l'épée formidable pour Watson. Après qu'une série de meurtres de cinq jeunes femmes ait ensanglanté Londres, Holmes et Watson parviennent à interrompre à temps un rituel occulte dans une église, orchestré par lord Blackwood. Trois mois plus tard, alors que Holmes s'ennuie et tente d'oublier les fiançailles imminentes de Watson dans la beuverie et les combats clandestins pour lesquels il excelle, le commissaire Lestrade vient chercher le détective car Blackwood veut le voir avant de mourir. A l'approche de son exécution, ce sinistre adepte de magie noire tient à lui annoncer personnellement qu'il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances, révélation que notre Sherlock prend plus qu'à la légère. Effectivement, le jour de la pendaison, le docteur Watson est là pour constater que le pouls du mécréant s'est arrêté net. Quelques jours plus tard, Irène Adler, criminelle notoire et grand amour de Holmes, ressurgit dans sa vie et lui demande de retrouver la trace d'un homme. Holmes localise sa cible peu de temps après : celui-ci est mort, et gît dans le cercueil que Blackwood devait occuper, tandis que le corps de celui-ci a disparu. L'enquête ne fait alors que commencer…



La principale qualité du film vient d'une réinvention des codes et de l'imagerie de l'illustre détective privé. Quand on évoque Sherlock Holmes, on le visualise ou bien on l'a vu maintes fois comme un héros soigné, snob, avec casquette vissée sur la tête et pipe enfoncée dans la bouche et au flegme so british. Eh bien ici que nenni ! On trouve plutôt un gaillard sans aucune morale, pas guindé du tout, très physique car pratiquant à merveille le jujitsu (!) et manipulant aussi bien l'épée que le bâton et qui, quand le besoin s'en fait sentir, est le roi des déguisements, arborant aussi bien une casquette de docker, que des habits de nécessiteux ou bien encore des lunettes de soleil. Bref, Robert Downey Jr. incarne ici une espèce d'Indiana Jones dans l'Angleterre Victorienne du 19ème siècle, un Sherlock Holmes moderne en quelque sorte, complètement dépoussiéré des clichés et carcans dans lesquels on avait tendance à l'enfermer. Son comparse, Watson, campé par Jude Law est, quant à lui, docteur et vétéran de guerre, et affiche une classe naturelle en toutes circonstances ou presque…



Le reste du casting est constitué de : Mark Strong ("Sunshine" "Babylon A.D."), impeccable en Lord Blackwood, Rachel McAdams ("Red eye/Sous haute pression") en ex de Sherlock et Kelly Reilly ("Eden lake") en future épouse de Watson, servant plus de faire-valoir qu'autre chose. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que le film met avant tout l'accent sur le couple John Watson et Sherlock Holmes. Couple dont l'amitié dépasse toutes les limites de l'entendement : les deux hommes s'aiment tellement qu'ils ne peuvent passer une journée sans faire quelque chose de viril ensemble et sans se chamailler comme un vieux ménage. On sent bien d'ailleurs que Watson est sans cesse tiraillé entre le désir de suivre son compère dans diverses aventures et le souhait de retrouver celle qui sera sa future moitié. Au même titre que Holmes sentant son complice de toujours avoir bientôt la bague au doigt, et qui tente par des moyens indélicats de contrecarrer les plans de mariage de son ami détective. Sherlock n'était pas heureux en amour lui qui se lasse vite et a besoin d'action ou d'une enquête pour titiller ses méninges exceptionnelles et c'est pourquoi ça n'a pas marché avec Irène Adler. Watson, lui, n'a pas l'air plus heureux avec Mary, même s'il l'épouse. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, je dirais que c'est en acceptant leur pseudo amitié homosexuelle que les deux compères pourront s'affranchir de cette relation spéciale sous-jacente afin de jouir pleinement de leur sexualité hétérosexuelle et s'engager dans des rapports sérieux et durables avec des personnes du sexe dit faible. M'enfin ce n'est que mon avis !

Auraient dû ou pu jouer dans le seul métrage de Ritchie qui ne soit pas contemporain : Russell Crowe, Paris Hilton, Colin Farell, Sienna Miller (qui a refusé d'être au casting, étonnant non ?) et Brad Pitt dans le rôle de Moriarty, ennemi juré de Sherlock, mais on comprend pourquoi cela ne s'est pas fait pour ce dernier, si on visionne le film jusqu'au bout…
Mais est-ce que cela aurait changé la donne du métrage ? On en doute fortement.



A trop vouloir se concentrer sur l'amitié particulière entre Holmes et Watson, Guy Ritchie se perd dans des dialogues et une intrigue faits pour mettre en exergue les deux protagonistes principaux aux réparties cinglantes et leurs exploits en tous genres. Le film étire alors une intrigue sans intérêt autre que de mettre en valeur nos deux lascars. On assiste donc à des explosions, des courses poursuite et des scènes de combats spectaculaires, mais Ritchie semble avoir manqué d'inspiration pour le scénario. Car oui, on est certes séduit par le dandy Robert Downey Jr. mais la trame de fond s'essouffle. Il y est vaguement question de magie noire, de complots politiques, de combats de rue et clandestins, ainsi que d'enquêtes dans des lieux hétéroclites avec des dénouements sortis du diable Vauvert. Normal me direz-vous c'est quand même à ce cher Sherlock, le plus grand des détectives, auquel tous les malandrins ont affaire ! Seulement voilà, même si le duo fonctionne plutôt pas mal, tous ces ingrédients ne se marient pas très bien ensemble et Ritchie, qui les entremêle çà et là, oublie d'aller à l'essentiel : la cohérence d'un film oscillant entre le potache et le sérieux. Si bien que l'on a parfois l'impression d'avoir devant nos yeux une adaptation infantile d'un monument de la littérature anglaise et c'est bien dommage !

Toutefois, le film mérite beaucoup plus qu'un simple regard de fan déçu. Il y a d'abord ce Londres de l'époque Victorienne, fin 19ème siècle, proche de celui d'Oliver Twist avec : ses bas-fonds, ses mendiants, sa fange, ses rats, ses péripatéticiennes et ses voleurs. C'est vraiment hyper bien reconstitué, on s'y croirait presque ! De même, rien ne semble manquer dans ce Holmes qui, finalement, reste fidèle, en ce sens, à l'œuvre originelle de Sir Conan Doyle : la pluie londonienne, les joutes verbales savoureuses entre Holmes et Watson, la noblesse anglaise dégénérée et les magouilles politiques fomentées afin d'accéder au pouvoir.

Surnagent également quelques moments forts, comme : la scène spectaculaire de l'affrontement entre Holmes et lord Blackwood sur le London Bridge en construction et la démonstration orale faite par Holmes, le rationnel dogmatique, à propos du chef occulte d'une pseudo secte faisant croire à ses disciples qu'il possède des pouvoirs magiques. Il faut voir notre ami Sherlock démonter un à un tous les éléments empiriques, un régal d'éloquence et de déduction Holmésienne !

Notons que très logiquement, le tournage s'est déroulé en majeure partie en Angleterre, patrie de notre très cher Sherlock. Sont visités : les quartiers de Londres dont le 221B Baker Street, la cathédrale Saint-Paul, les sous-sols de Westminster Palace et le Tower Bridge alors en pleine construction (1892) ; mais aussi : Manchester, les docks de Liverpool. Ajoutons à cela que l'équipe s'est aussi rendue à Brooklyn à New York pour les besoins d'une scène.



Quoi qu'il en soit, ce n'était pas chose aisée que de moderniser Sherlock Holmes sans trahir l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Alors certes, le résultat final n'est pas toujours d'une grande finesse mais l'histoire bien qu'étriquée, se laisse suivre allégrement et parvient à maintenir les spectateurs en haleine sans discontinuer. Les séquences de bravoure, teintées d'une touche d'humour aux relents britanniques, sont également bien montées et la reconstitution d'un Londres post années 1890 détonne malgré une boulimie d'effets numériques outranciers. Ainsi, le divertissement produit par la Warner oscille entre le buddy movie et l'actioner exagérément truffé d'effets spéciaux au détriment d'une histoire prétexte à montrer le célèbre duo sous toutes ses coutures. Néanmoins, à tous ceux qui se demanderaient si l'on aura droit à une suite, j'aurais envie de leur répondre simplement : "Elémentaire mon cher Watson !"






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