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Kathy Gardner, une jeune étudiante dans un conservatoire de musique et flûtiste de surcroît, profite de l'offre faite par son ami Kevin McCann, de rejoindre un petit groupe de jazz se produisant dans un restaurant renommé à New York. Cela lui permettra, notamment, d'échapper à un père veuf à l'autorité écrasante et aimant tout contrôler, qui avait d'autres projets pour elle, au Japon. Une nuit dans la "Grosse Pomme", alors qu'elle est endormie, un maniaque pénètre dans son domicile et tente d'abuser d'elle. Terrifiée, elle l'ébouillante, puis le poignarde ce qui subséquemment tue le gredin. Ce n'est cependant pour elle que le début d'un long calvaire. En effet, chaque nuit, elle revit cette scène dramatique dans ses cauchemars et perd le sens des réalités. Afin de conjurer cette obsession, Kathy décide de consulter un centre de troubles du sommeil où un jeune chercheur, Michael Hansen, va tenter d'analyser son comportement à différents stades de son endormissement et expérimenter sur elle, à titre de cobaye, une méthode de contrôle des rêves. Mais à la suite d'expérimentations aventureuses, il va vite découvrir que les cauchemars de la jeune femme deviennent trop risqués pour elle et son entourage s'il ne trouve pas, très rapidement, une solution à son problème…



Ce film-là, je l'avais depuis un bail dans ma vidéothèque avant de me décider à le visionner. Je me disais que le Grand Prix au festival fantastique d'Avoriaz de 1986 devait être un gage de qualité avéré. Quelle erreur de jugement mes aïeux ! Waouh, le choc ! Dream lover est d'une nullité abyssale mes amis, c'est quelque chose ! Et dire qu'en 1986, à Avoriaz, étaient également en compétition, parmi les plus connus : "Le docteur et les assassins", "Enemy", "House", "Link", "Peur bleue", "La revanche de Freddy", "Le secret de la pyramide" ou encore "Vampire, vous avez dit vampire ?" ; on se demande vraiment qui a choisi de récompenser un tel navet !? Mais comme vous m'êtes sympathiques, je vais vous divulguer la liste des personnes coupables de cette ignominie et on va même jouer au jeu "Cherchez l'intrus". Etaient donc conviés à cette grand-messe : Richard Lester (président), Dario Argento, Luc Besson, Claudia Cardinale, Alain Decaux, Yaguel Didier, Pierre Granier-Deferre, Marie Laforêt, Thierry Lhermitte, Raf Vallone et Michel Sardou. C'est bon, vous avez trouvé le nom de l'individu qui n'avait rien à faire là ? En même temps, on pouvait tout aussi bien douter de la présence d'une voyante (Yaguel Didier) et d'un historien (Alain Decaux), enfin bon …

Sorti en 1986, Dream lover est un film sur les rêves et le pouvoir que l'on peut avoir sur eux. Bien évidemment, quand on associe le film de genre et les songes, on pense tout de suite à "Les griffes de la nuit", référence ultime en la matière, sorti un an avant. Toutefois, Alan J. Pakula va se démarquer de son glorieux aîné et opte, ici, pour une mise en scène hyper sobre. Et c'est le moins que l'on puisse dire, puisqu'aucun effet gore ne vient poindre ne serait-ce que le bout de son nez ! Allez si j'exagère, on a peut-être trois gouttes de sang qui se battent en duel, mais c'est bien tout. De plus, pas davantage d'érotisme à se mettre sous la dent, sauf pour les amateurs d'épaules dénudées. On peut aussi adjoindre au débit de ce long-métrage souffreteux un manque de scènes d'action évident et pénalisant puisque le film se perd en scénettes longuettes desservant totalement le rythme. Ajoutez encore à cela une absence quasi totale d'effets spéciaux, un final on ne peut plus classique car on espérait une révélation de derrière les fagots et vous obtiendrez le thriller le plus soporifique de tous les temps. Alors certes, on pourra dire que cette lenteur dans la construction narrative est voulue afin de bâtir une étude de personnages rigoureuse en avançant chaque pièce en douceur et efficacement sur l'échiquier scénaristique, mais non, ça ne prend pas. Même les rêves de Kathy (à part la scène où elle voit son double psychotique arme à la main) sont pitoyables car tout sentiment de claustrophobie mâtiné d'angoisse y est absent. En outre, Pakula a tellement recours aux scènes de rêves alternées avec des scènes de la vie réelle que l'on devine à n'importe quel moment si ce que l'on voit est de l'ordre de la réalité ou de la fiction. Et ça franchement, ça décrédibilise définitivement un métrage déjà mal engagé avec le poids d'un Grand Prix, trop lourd à porter pour des épaules on ne peut plus frêles.

Côté score, les scènes où McNichol joue de la flûte traversière dans son groupe de jazz viennent ponctuer avec parcimonie le début du film, afin sans nul doute d'apporter des cassures volontaires au niveau du rythme mais je ne dis pas que c'est une bonne chose, loin de là ! Je dirai plutôt que nous nous sommes fait spolier ! En effet, ces scénettes sont tellement embarrassantes et superflues, qu'il aurait été bien d'avoir été prévenu avant leur visionnage avec, je ne sais pas moi, un avertissement sur la jaquette ou bien un message qui défile en bas de l'écran du genre : "Attention, certains morceaux musicaux peuvent choquer l'audition des plus sensibles". Parce que là franchement, j'ai parfois eu l'impression d'avoir été victime d'un viol auditif tellement c'était mièvre et has been ! Merci bien les gars !

Pour être plus précis, Dream lover s'apparente à un film sur le complexe d'Electre mal assumé. Rappelons, de manière condensée pour les incultes, que c'est, en psychanalyse, un concept théorique de Freud pour expliquer le développement psychique de la petite fille qui est attirée par son père pour concurrencer la mère. En fait, pour schématiser à l'extrême, c'est le complexe d'Œdipe en plus ou moins inversé, la fille attendant l'amour de son père, un amour mesuré, bien évidemment. C'est donc pour ça qu'au début du métrage, Kathy apparaît comme muette car encore trop sous la coupe de son papa voulant qu'elle le rejoigne au Japon alors qu'elle, décide de s'émanciper en se rendant à New York avec Kevin, son futur premier mec. Bizarrement, c'est à la suite de son dépucelage et de son affranchissement par rapport à son géniteur qu'elle se fait agresser, faut-il y voir un lien de causalité ? Probable. En tout cas, Kristy McNichol s'en sort vraiment pas mal dans le rôle délicat de l'individu en pleine transition entre l'enfance et l'âge adulte. Paul Shenar dans le rôle du père, tire également son épingle du jeu car jusqu'à la fin on s'attend à ce qu'il se révèle être un fou furieux, tel un Bob le tueur dans la série "Twin Peaks" de David Lynch, mais que nenni, ce qui, d'ailleurs, nous laisse carrément sur notre faim…

Ainsi, même si l'idée du contrôle des rêves par des expériences scientifiques (le faisant, par moments, s'apparenter à "Au-delà du réel" de Ken Russell) était bonne, les quelques longueurs de Dream lover le rendent ennuyeux au possible et le manque de scènes dites d'action se fait très vite ressentir. Kristy McNichol est certes, une assez bonne actrice, et le réalisateur américain réussit parfois à créer une ambiance onirique léchée en utilisant de très belles images (cf. la scène où l'héroïne se voit en ombre chinoise derrière une porte, un couteau à la main), mais cela est vraiment trop rare et ne suffit pas à garder le spectateur en haleine jusqu'au bout. J'en connais certains qui se seront déjà endormis largement avant et ils auront eu bien raison ! A oublier très vite ou bien à regarder d'urgence si vous souffrez d'insomnies chroniques : ça pourrait peut-être vous aider à vous endormir non pas à cause de la fatigue mais plutôt d'un ennui des plus profonds !








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