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Au même titre que "creepshow", "body bags" ou encore les célèbres "contes de la crypte", "contes macabres" nous distille des petits sketches horrifiques d'une vingtaine de minutes chacun. Chaque sketch exploite un domaine différent. Ainsi, le premier segment intitulé "Disciples of the crow" porte sur la possession démoniaque, le second volet ("The night waiter") préfère quant à lui explorer le domaine de l'humour, tandis que le dernier sketch ("Killing time") traite du psychisme (plus précisément de l'accaparation mentale et spirituelle). Autant vous prévenir tout de suite, tout ce que vous lirez sur la jaquette du dvd de "contes macabres" est faux : en aucun cas Stephen King n'a participé ou même écrit la moindre histoire de ce triplet de sketches (seul le premier segment, "Disciples of the crow", s'inspire de la nouvelle "les démons du maïs" de l'écrivain à succès). Oubliez donc les "l'ultime cauchemar de Stephen King" ou encore "l'écrivain le plus lu au monde revient avec "contes macabres"" que l'on retrouve sur le recto et le verso de la jaquette du dvd français. De même, je préfère prévenir de suite les fanas de débordements sanglants et autres joyeusetés goreuses : aucun passage n'est véritablement sanglant dans l'ensemble des ces sketches. Décortiquons donc rapidement ces trois sketches afin de nous faire une idée de ce "contes macabres".



DISCIPLES OF THE CROW

1983. Un couple de jeunes mariés, Vicky et Burt, traverse l'Oklahoma et tombe sur une petite ville du nom de Jonah. Désertique et abandonnée au beau milieu des champs de maïs environnants, Jonah semble ne plus montrer âme qui vive.
Mais ce que nos deux visiteurs ne savent pas, c'est que cette petite bourgade dépeuplée fut le siège d'atroces assassinats survenus douze ans auparavant : une étrange communauté d'enfants avait sacrifié l'ensemble des adultes de Jonah afin de vénérer un Dieu maléfique. Alors que Vicky et Burt cherchent en vain à trouver quelqu'un dans les artères désertes de la ville, des yeux malveillants les guettent au coin des rues…

Vous l'aurez peut-être compris, "Disciples of the crow" (autrement dit "les disciples du corbeau") est une histoire inspirée de la nouvelle de Stephen King "les démons du maïs" qui a également été adaptée en long-métrage pour le cinéma (film qui donna d'ailleurs de nombreuses suites). Malgré des différences certaines et non superflues, l'histoire est sensiblement la même que celle de "children of the corn" (on y retrouve notamment la scène de l'enfant poursuivi dans les champs et finissant sa course sur le capot d'un jeune couple perdu dans la campagne).
Cette version courte demeure cependant bien moins intéressante et palpitante que celle de Fritz Kiersch : un rythme lent (on s'ennuie fermement), des scènes bâclées (le dénouement final) et d'autres ridicules (je pense notamment à une scène d'incantations infantiles de piètre rendu), une fin expéditive… Bref, tant de reproches à l'encontre de la réalisation qui nous poussent à nous demander au final quelles sont les vraies valeurs de ce court-métrage bien maigre d'un point de vue scénaristique.



Ce n'est en tout cas pas vers les acteurs qu'il faudra se tourner pour se rassurer de l'achat de notre dvd : les deux acteurs principaux (jouant les rôles de Vicky et Burt) ne sont crédibles à aucun moment. Le résultat en est consternant : sans aucune expression faciale, nos deux acteurs semblent parfois réciter bêtement leurs textes et paraissent avoir du mal à sortir de cette bulle dans laquelle ils s'enferment durant presque toute la durée du court-métrage (et je ne parle pas de l'intonation des voix qui fait parfois froncer les sourcils : le doublage français est vraiment mauvais). Alors que Burt a tout des traits d'un homme shooté aux tranquillisants façon zombie-style mais très lucide, sa femme en est le parfait opposé : très versatile et dynamique (un coup elle est morte de peur et quelques secondes plus tard elle rit aux éclats en lisant des panneaux routiers), quand elle ne fait pas la tronche à son mari, elle adopte parfois des attitudes et des comportements plus qu'étranges (elle porte à la bouche un poignard qui a servi à tuer quelques temps auparavant un jeune garçon presque devant leurs yeux, elle se sauve en voiture avant de se rappeler qu'elle a oublié son pauvre Burt en prise avec les enfants maudits…). Bref, le casting ne rehausse en aucun cas le niveau déjà bien bas de ce segment de "contes macabres".
Pour ce qui est des enfants tueurs, là encore ne vous attendez pas à frissonner comme vous aviez peut-être pu le faire devant l'énigmatique Isaac et son terrifiant homme de main Malachai dans "children of the corn" : vous n'aurez ici qu'une vulgaire poignée de mômes montrant leur quenottes et faisant quelques regards méchants, rien de bien surprenant de ce côté non plus…

Ajoutez à tout ceci des mystères qui ne trouvent jamais de réponse (à quoi peut bien servir ce balancier à tête d'oiseau que l'on voit durant tout le film? Qu'est-ce qui pousse les enfants à faire cela?...), des passages dont nous attendions de belles choses mais qui au final s'avèrent soit coupés (l'assassinat des parents) soit bâclés (la confrontation entre les jeunes et notre couple d'amoureux) et une fin plus qu'expéditive et vous avez là tout ce qui vous fait regretter amèrement d'avoir visionné ce premier segment…

Restent toutefois deux malheureux points positifs pour ce premier sketch : le générique de début (une église au milieu des champs avec pour musique de fond des sons de cloches et une chorale d'enfants, le tout servi sur une image bien granuleuse rappelant nos bonnes vieilles VHS : un régal que ce passage à mes yeux) et la musique du film : des sons d'orgue, quelques sons de violons écorchés (une bonne ambiance musicale que celle qui nous est servie là, collant parfaitement au film).



THE NIGHT WAITER

Walter, un jeune homme cherchant du travail, est embauché de nuit comme garçon d'étage dans un hôtel. Alors qu'il doit faire le service de chambres, Walter entend du bruit dans la chambre 321, chambre pourtant inoccupée… Plus tard dans la nuit, le jeune homme apprend que c'est dans cette chambre qu'à la fin des années 40 un militaire a tué sa compagne avant de retourner l'arme contre lui. Depuis, des rumeurs courent comme quoi les âmes du couple défunt hanteraient l'hôtel…

"The night waiter" est de loin le meilleur segment de ce triplet de sketches (c'est même d'ailleurs, sans vouloir anticiper sur ma critique du troisième et dernier volet, le seul qui vaille la peine d'être regardé). Bien mieux travaillé que les deux autres opus, cet épisode mériterait même de figurer dans la série culte des "contes de la crypte". En effet, nous avons ici droit à ce qui fait le charme de la célèbre série : un mélange fort réussi d'humour et d'horreur et un final surprenant et accrocheur.

Banale certes mais diablement efficace, l'histoire a le mérite de retenir notre attention par divers moyens : à la fois angoissant par moments (les passages où Walter se déplace dans les couloirs lugubres de l'hôtel en direction de la fameuse chambre 321) et amusant le reste du temps (les relations entre Walter et Terry, le patron de l'hôtel, sont un délice : phrases qui font mouches, réflexions intéressantes, farces…), on ne s'ennuie pas une seconde en regardant "The night waiter".

L'une des forces de ce segment de "contes macabres" tient dans la relation entre Terry et Walter. Bien que hiérarchique, la relation entre le patron et son employé devient rapidement amicale (en témoignent les farces de Terry et le petit nom qu'il donne d'office à Walter : "Waly"), Terry ne pensant qu'à profiter de sa position de force (le directeur ayant les pleins pouvoirs) pour foutre la frousse à Walter qui, lui, véritable trouillard, fait tout pour ne pas montrer qu'il a peur afin de garder sa place! Une relation d'autant plus déséquilibrée que les deux hommes sont diamétralement opposés : Terry ne pense qu'à s'amuser, véritable "je m'en fouttiste" (alors qu'il est le patron), tandis que Walter est une personne sensible, timide mais très serviable. Voilà des personnages qui rendent l'histoire très plaisante, presque jouissive.

Ajoutez à cet humour omniprésent et à ces quelques passages angoissant une musique vraiment sympa et vous obtenez là un excellent sketch comico-horrifique. Car, en effet, la musique est la pièce qui manquait pour rendre cet épisode réussi de bout en bout : imaginez une vieille musique avec le bruit du vinyle passant sur le tourne-disque, voilà une bande sonore qui donne une touche rustique et authentique à ce petit sketch bien sympathique!



KILLING TIME

Un dessinateur de bandes dessinées horrifiques nommé Macklin a bien du mal à vendre ses histoires à des éditeurs. Ainsi, pour subvenir à ses besoins, il fait deux-trois boulots à droite et à gauche, travaillant entre autres dans une boîte de strip-tease… Un jour, en allant à l'épicerie du coin, l'un de ses amis reconnait la fille du comptoir : il s'agit d'une certaine Hélène, une fille qui avait disparu du jour au lendemain sans laisser de trace. Mais ce n'est pas l'Hélène qu'il a connus jadis : celle-ci est étrange, ne parle pas et ne réagit pas quand on lui parle, elle semble dans un autre monde (à en croire les marques sur son bras, elle doit être droguée…).
Les deux amis finissent par quitter l'épicerie, sans connaitre le fin mot de l'histoire mais l'ami de Macklin décide d'aller la retrouver à la sortie de son travail car pour lui c'est bien Hélène, il en mettrait sa main à couper. Quelques temps après être parti, notre dessinateur apprend la mort de son ami. Que s'est-il passé? Pourquoi le cadavre de son ami porte lui aussi les mêmes marques que celles retrouvées sur le bras d'Hélène à l'épicerie? Macklin décide de mener sa propre enquête…

Autant le dire de suite : nous touchons le fond avec cet épisode clôturant "contes macabres". Ennuyeux, mal joué et mal réalisé, cet opus n'a de mérite que pour ses dessins montrés à quelques endroits du sketch (et pour sa jolie danseuse aux formes généreuses mais bon je m'égare…).
Ennuyeux parce qu'il n'y a de l'action à aucun moment, mal joué parce que le peu d'acteurs qu'il y ait dans ce film ne convainc que trop rarement (je retiens surtout la piètre prestation de l'acteur jouant le rôle de l'ami de Macklin qui surjoue du début à la fin) et mal réalisé parce que je pense que quand un scénario est aussi raté que celui-ci on pourrait au moins nous faire grâce des flashbacks utilisés à outrance qui ne font que nuire au peu de scénario digestible qui subsiste dans ce néant scénaristique.

SPOILER (fin de paragraphe uniquement) :

Oui, je dis bien "néant scénaristique" car l'histoire semblait pourtant intéressante au départ (un dessinateur dessine ce qu'il imagine, transcrit par écrit ses rêves et pensées pour en faire des bandes dessinées horrifiques). Dès le début de l'histoire, on nous parle de frontière entre le rêve et la réalité, entre l'imaginaire et le réel : un domaine qui pourrait apporter de bien bonnes idées sur le papier. Malheureusement, tout à coup tout s'efface et on se retrouve avec une histoire où un réseau clandestin kidnappe des gens pour les droguer et ensuite les vendre comme des esclaves à des épiceries, des stations services… Bref, là aussi une histoire qui pourrait faire couler beaucoup d'encre et être générateur de multitudes d'idées! Mais là encore, tout se finit en queue de poisson : aucune explication n'est donnée (pourquoi rendre les gens shootés? Qui sont ces gens?...) et l'histoire se termine soudainement avec notre cher Macklin qui s'est fait avoir lui aussi et se retrouve zombifié dans l'épicerie du coin…

Nous regretterons également que la majeure partie du segment "Killing time" se passe dans l'obscurité (mis à part les séquences dans l'épicerie, soit environ 5 minutes à tout casser).

Bon, je m'arrête là avec ce dernier sketch car je ne vois vraiment pas l'intérêt de continuer à le critiquer : tout est mauvais et mieux vaut finir de ce pas ma critique de "contes macabres" avec, comme à l'accoutumée, mon petit paragraphe récapitulatif.

Au final, "contes macabres" est un petit recueil de trois sketches dont seul le deuxième vaut réellement le coup d'œil, le premier n'étant qu'une pâle version courte et inachevée de "children of the corn" tandis que le dernier n'a ni queue ni tête et nous amène de désillusions en désillusions, de déceptions en déceptions (si du moins vous ne vous êtes pas endormi en route).
Par contre, le deuxième épisode intitulé "The Night waiter" est un fragment qui aurait très bien pu figurer dans la célèbre série des "contes de la crypte" : très bon mélange d'humour et d'horreur au rythme fort bien maintenu et à la fin soignée et surprenante, cet opus est plus que conseillable. Pour le reste, passez votre chemin, il n'y a pas grand-chose à voir!








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