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Alors qu'ils cherchaient des gisements de diamants, trois prospecteurs disparaissent en plein désert de Namibie. Une équipe de 5 personnes, accompagnées d'un ingénieur système venu du Canada pour améliorer les rendements de la mine, partent acheminer du fuel à un autre campement situé à 1000 kilomètres de la base et en profitent pour tenter de retrouver les traces de leurs trois collègues disparus. Une fois le camion de ceux-ci retrouvé, les trois corps des prospecteurs sont découverts à proximité, dépourvus de leur chair, ne laissant apparaitre que les ossements des malheureux… Très vite, nos six chercheurs de diamants vont se retrouver confrontés à une colonie d'insectes voraces qui ont bien l'intention de réduire à l'état de squelette la moindre personne qui oserait s'aventurer sur leur territoire.



Coproduit en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et au Canada, "the bone snatcher" (que l'on pourrait traduire par "l'arracheur d'os" bien que le mot "snatcher" soit très peu utilisé chez nos voisins anglophones) est un film mettant en scène une créature atypique pour un film de genre : une colonie de fourmis carnivores qui se nourrissent de la chair et de la moelle de leurs victimes humaines et utilisent ensuite les os des malheureux pour se confectionner un corps et ainsi se mouvoir. Une brillante idée que le réalisateur encore inconnu Jason Wulfsohn décide de mettre sur pellicule en 2003, aidés par des acteurs quasi inconnus du grand public. Un pari donc assez difficile, au vu des acteurs peu professionnels disponibles et des moyens graphiques que cela suggèrerait pour mettre en forme ce type de monstre encore inconnu du cinéma de genre (et pourtant, des films d'insectes, on en trouve à foison!). Etudions de près ce petit ovni surfant entre la catégorie des films de monstres ("monster movies" pour les fanas de classements par rubriques pour les films de genre! RIRES) et celle des films d'animaux dangereux.



Passées les 15 premières minutes du film, on ne retiendra que des scènes d'attaques passées au ralenti et complètement floutées ainsi qu'une risible bagarre entre deux collègues et quelques comportements machos peu flatteurs envers la gente féminine (signes bien souvent annonciateurs d'un navet à petit budget pour la télévision…). Mais ne vous y trompez pas et n'appuyez pas sur la touche STOP de votre télécommande car le film se recentre sur le sujet peu de temps après! RIRES! (une petite mise en garde qui s'imposait avant de commencer ma critique à proprement parlée).

Partant d'une idée de départ très originale (une créature novatrice), il faut bien avouer que le déroulement du film est par contre très commun, les séquences se suivant sans véritablement donner au spectateur des scènes réellement chocs, les situations étant toutes ordinaires et parfois assez ennuyeuses tellement on ressent parfois ce goût de déjà-vu (c'est le cas surtout de l'affrontement final qui n'est guère enthousiasmant et ne montre que des clichés du genre… Mais bon, je n'en dirai pas plus pour ne pas faire de spoiler sur la fiche). Heureusement, de l'originalité on en retrouve dans deux aspects que j'aime voir dans des films de genre et qui, malheureusement, se rencontrent de moins en moins au fil du temps… Le premier de ces aspects est que le film sait se montrer imprévisible à certains moments, certes assez rarement mais c'est une petite chose à souligner (je pense entre autres à la scène où l'un des membres de l'équipe est en train de se faire dévorer dans son sac de couchage alors que ces collègues sont à proximité mais que personne ne s'en rend compte, le malheureux ne pouvant crier, tétanisé par ce qui lui arrive). Le deuxième aspect qu'il est toujours bon de retrouver dans un film de genre, c'est cet esprit de groupe chez les survivants qui consiste à ne laisser personne tout seul mais plutôt de tous rester ensemble pour optimiser ses chances de s'en sortir (combien de fois on s'énerve devant sa télévision à voir des personnages qui décident de partir seuls dans leur coin alors qu'ils savent très bien qu'un tueur fou ou un monstre sévit tout près d'eux). Ici, rien de tout cela : bien que très commun, le long-métrage de Jason Wulfsohn nous montre toutefois des situations assez réalistes, les personnages réagissant plutôt dans le sens de ce que voudrait l'opinion commune (la personne sévèrement blessée n'est pas délaissée, aucun ne joue véritablement les super-héros courageux, la survie étant le principal enjeu ici, même si l'un des membres de l'équipe désire à tout prix dégommer nos insectes à coups de fusil à pompe quand ceux-ci approchent pour la première fois! RIRES!!!).
Pour ce qui est de l'atmosphère du film, celle-ci est assez bancale même si la première partie nous gratifie de quelques passages angoissants, ceux-ci étant d'autant plus sollicités par le fait que notre créature n'attaque quasi que durant la nuit, tapie dans l'obscurité des nuits noires et glaciales du désert de Namib. Certains reprocheront le fait de ne quasi pas voir notre monstre mais en ce qui me concerne je trouve cela fort judicieux de la part du réalisateur car certaines scènes peuvent s'avérer quelque peu angoissantes. Une peur d'autant plus importante que l'intégralité du film se situe au beau milieu du désert, là où rien ne peut abriter nos malheureux survivants, traqués par cette chose venue directement de l'enfer…
Par contre, la dernière partie du film est tout simplement ratée, beaucoup trop prévisible et déjà vue, l'angoisse que pouvait susciter la première partie du film étant totalement absente en raison de son trop plein d'énergie et d'action… Un final qui laisse au spectateur un immanquable goût amer alors que le réalisateur avait tellement montré, dans les trois premiers quarts d'heure, une réelle volonté de faire de "the bone snatcher" un film terrifiant et plutôt réussi dans l'ensemble…



Pour ce qui est du casting, comme je l'ai dit plus haut, les acteurs sont quasi inconnus du grand public, ce qui selon moi peut être vu comme un atout (certains acteurs étant parfois beaucoup trop médiatisés, ce qui empêche le spectateur de s'immerger totalement dans un nouveau film de l'acteur, celui-ci ayant encore en tête les différents rôles dans lesquels il l'a vu, ce qui peut décrédibiliser le film). On regrettera, comme bien souvent, que certains personnages soient trop stéréotypés, c'est le cas notamment de Warrick Grier dans le rôle de Karl, une sorte de brute qui ne cherche que la bagarre, ou encore de l'acteur principal Scott Bairstow qui joue le rôle de Zack, un ingénieur système un peu reclus qui ne vit que pour son travail et ne cherche qu'à raisonner de manière scientifique pour élucider un problème… Mis à part ces quelques détails, le reste du casting tient plutôt bien la route, le personnage de Magda (joué par Adrienne Pearce), une chauffeuse de camion à la fois dure et sensible, étant bizarrement l'interprétation que j'ai le plus retenu de ce film, ne me demandez pas pourquoi (peut-être le fait que ce type de personnage soit assez peu courant au cinéma…).

Passons à présent à l'aspect visuel de "the bone snatcher". Voilà certainement l'un des points fort du film : les décors. Tourné en plein cœur du désert namibien, le paysage est tout simplement grandiose : des étendues de sable qui s'étendent à perte de vue, des dunes à l'aspect doré sous les rayons d'un soleil qui brille de sa plus belle, un ciel bleuté magnifique qui permet un splendide contraste avec le jaune sableux du désert… Mais cet endroit n'a certainement pas été choisi uniquement pour émerveiller le spectateur mais également pour renforcer ce climat angoissant. En effet, quel endroit peut donner aussi peu de protection, aussi peu de cachettes, autant d'animaux dangereux (serpents, scorpions, araignées…) et de brigands de grands chemins? Sans compter les facteurs climatiques (le soleil mais aussi les tempêtes de sable dont nos héros vont être également les victimes) qui s'ajoutent et renforcent ce sentiment d'insécurité. On regrettera cette idée qu'a eue le réalisateur en délaissant cette splendide mer de sable à la fin de son film pour nous donner un affrontement final dans une vieille mine abandonnée qui nous rapproche bien trop d'un monster movie classique…

Pour ce qui est des effets spéciaux, là encore je vais peut-être vous décevoir mais notre créature, aussi intéressante soit-elle, ne se montre pas beaucoup, celle-ci préférant se mouvoir dans l'obscurité (ce qui est une chose intéressante pour maintenir un certain mystère mais qui s'avère être un mauvais point quand on espère voir un peu plus la créature à la fin et que finalement il n'en est rien). Pour le peu que l'on en voit, il est indéniable que notre monstre est réussi, les articulations étant bien rendues tout comme cette idée de lui permettre de se grandir par un simple repositionnement des fourmis le constituant (une flexibilité à toute épreuve).
Enfin, citons toutefois quelques passages saignants mais bien trop rares pour un film de monstres : des squelettes très réalistes, un bras rongé par de l'acide formique sécrété par les fourmis, un visage dévoré et deux-trois petites choses encore mais pas de quoi fouetter un chat cependant.



Finissons tout de même par un bon point : la musique du film qui est vraiment sympathique et se marie parfaitement avec le cadre enchanteur namibien. Une bande originale sous des airs de flûtes de paon, de tam-tams, de synthétiseurs et de chants africains témoigne de l'excellent travail fait par les compositeurs Paul Heard et Mike Pickering.

Au final, le long-métrage de Jason Wulfsohn n'est pas exempt de défauts : des situations très communes et parfois ennuyeuses (où notre réalisateur en profite pour y glisser quelques engueulades entre les personnages pour combler les temps morts), un manque de scènes saignantes (étrange pour un film de monstres tout de même), un début fort peu prometteur et une fin catastrophique qui laisse un goût malheureusement amer suite à une première vision de "the bone snatcher".
Cependant, là où je pense que l'opinion commune mettrait volontiers un 2 voire un 2,5/6, moi je tendrais plutôt vers un 3/6 : une moyenne amplement méritée car on voit très bien tout au long de son film que le réalisateur a eu cette volonté de nous donner quelque chose d'unique et de terrifiant à la fois. J'ai beaucoup apprécié ce désir de planter l'histoire au beau milieu du désert (même si ce n'est pas la première fois que l'on voit cela dans un film de genre) : un cauchemar dans un paysage de rêve en quelque sorte. Et n'oublions pas cette idée fort originale de nous mettre face à une créature aux comportements plus qu'intéressants : des fourmis qui dévorent leurs victimes pour se nourrir et s'accaparer leurs ossements afin de se confectionner un système de locomotion voire même un corps à l'allure humaine, c'est diablement bien pensé quand-même!

Un film à voir pour les amateurs de films de monstres ou d'animaux dangereux, pour les autres je pense que c'est un film qui peut toutefois s'avérer dispensable au sein d'une dvdthèque de films de genre.








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