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"Tale of vampires" était un film très attendu cette année 2006, malgré sa sortie direct-to-video dans l'Hexagone. La raison de cette attente? Hé bien, disons que ce long-métrage s'est fait une petite réputation au sein de certains festivals et a entre autres reçu le Grand Prix du Meilleur Film au Festival du Film Fantastique de Fantasporto 2006 et 3 autres prix au Festival du Film d'Horreur Screamfest d'Hollywood! "Tale of vampires", "frostbiten" de son nom originel, est un film traitant le thème du vampirisme, tout en mêlant humour, horreur et fantastique. Ce film nous vient de Scandinavie, plus précisément de Suède (vous savez, ce joli pays où la censure n'hésite pas à charcuter la moindre scène sanglante dans un long-métrage, à la grande consternation de maints publics friands d'hémoglobine…) d'où nous avons déjà pu voir entre autres le gore "evil ed" (LE film gore suédois!) et le sympathique "sleepwalker"… Son réalisateur Anders Banke l'affirme : "c'est un film unique en Suède, le premier film de vampires 100% made in Sweden!". Et le public scandinave ne le dément pas : le film fut un joli succès dans les salles obscures du royaume du Nord! Sans avoir voulu révolutionner le thème vampirique au cinéma, Anders Banke nous livre ici une sympathique comédie fantastique sanglante où s'entremêlent humour, épouvante, intrigue et action dans un cadre polaire et lugubre propre aux célèbres nuits polaires scandinaves. Voyons donc de plus près ce "tale of vampires", si peu médiatisé chez nous mais qui semble vouloir réveiller un Etat trop souvent bousculé par la censure contemporaine. "Tale of vampires", premier long-métrage du réalisateur Anders Banke, nous plonge au cœur des nuits polaires suédoises, durant lesquelles le soleil se cache pendant un mois environ, laissant alors la place au froid, à la neige et à ce climat pluvieux qui dissuade les habitants du royaume de glaner trop longtemps dehors. C'est dans ce contexte lugubre et pesant que la jeune Saga, 17 ans, et sa mère Annika, médecin renommée, viennent s'installer dans une petite bourgade isolée au fin fond des contrées suédoises enneigées. Lors de leur arrivée, Annika va se rendre compte que de mystérieuses choses se trament dans ce petit village : des incidents sanglants semblent perpétrés par des êtres inhumains de la lignée des vampires! Pendant ce temps, Sebastian, jeune étudiant en médecine, voit son métabolisme bouleversé : sa vue et son ouïe semblent s'être accentuées et il constate avec effroi qu'il a un appétit féroce vis-à-vis du sang…La nuit, les suceurs de sang sont nombreux mais le pire dans tout cela, c'est que le cauchemar n'est pas prêt de se terminer : les nuits polaires sont longues et sanguinolentes cette année 2006…



Servi par un casting purement scandinave inconnu du public français et dont beaucoup ne sont que des amateurs, à la différence de Petra Nielsen (actrice connue dans son pays), "tale of vampires" ne déçoit nullement par ses acteurs, ceux-ci interprétant leurs rôles de manière plus que convenable pour la plupart, sans pour autant jouer la surenchère au niveau des mimiques et autres tenues devant la caméra. On retiendra plus particulièrement certaines interprétations dont celle d'Emma Äberq dans le rôle de Vega, une jeune fille délurée et fêtarde, ainsi que celle de Jonas Karlström qui joue le rôle de Sebastian, étudiant en médecine un brin distrait qui se verra transformé en vampire très tôt dans le film.
Par ailleurs, les dialogues se suivent aisément : "tale of vampires" n'est pas le type de film qui prête à réfléchir, loin de là! Anders Banke le sait bien : le public venu voir son film veut avant toute chose s'amuser tout en admirant des effets spéciaux de qualité.



Comme bon nombre de comédies fantastiques ("arac attack", "shaun of the dead"…), le réalisateur enchaîne action, effets spéciaux et humour en suivant comme unique tracé un fil conducteur simple mais non dénué d'intérêts : l'invasion des contrées suédoises par des vampires avides de chair fraîche. Même s'il ne brille pas par son originalité, le scénario de "tale of vampires" reste tout à fait convenable et satisfera bon nombre d'amateurs de films de genre à tendance humoristique. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici : le long-métrage d'Anders Banke se veut une œuvre tout public où l'humour au second degré, voire noire à certains moments, remplace la peur et le suspense propres aux films horrifiques à proprement parlés. D'ailleurs, certaines scènes surréalistes et délirantes méritent à elles seules que l'on visionne le film! C'est le cas notamment de ce passage où Sebastian, qui est en pleine transformation vampirique, se retrouve chez ses beaux-parents pour dîner : un couple très porté sur la religion (des croix décorent les murs des couloirs, à la grande surprise de notre vampire) qui a préparé pour leur gendre une spécialité à base d'ail! D'autres scènes sont tout aussi amusantes et farfelues : un policier habillé tel un CRS pour aller interroger un vampire dans une cellule du commissariat, une voisine qui se plaint auprès de la police que ses jeunes voisins vampires font trop de bruits… Vous l'aurez compris, les scènes loufoques ne manquent pas, même si les gags ne font pas mouche à tous les coups : en effet, le gros point faible du film est que l'on ne rit pas assez. Certes, les scènes sont farfelues et peu ordinaires (une boum très vampirique, une bataille nanaresque de nains de jardin…) mais elles prêtent plus à sourire qu'à rire en général, ce qui peut paraître frustrant quand on sait que "tale of vampires" se définit comme une excellente comédie fantastique!
"Tale of vampires" possède également ce côté très teenager, comme "scream" (pour ne citer que celui-ci), avec ses scènes dans les couloirs des établissements scolaires ou encore ses fêtes entre ados où fumettes et alcool semblent être les seuls intérêts de ces soirées… Une ambiance très "jeun's" donc qui fait toutefois ici un peu d'ombre au véritable talent des scénaristes (je pense surtout à cette séquence de la fête entre jeunes assez infantile qui nous renvoie directement à des "american pie" et compagnie…), à la manière d'un "cursed" de Craven ou d'un "frightening" de Decoteau.

Quoiqu'il en soit, le film de Banke est fort divertissant et l'ennui ne pointe à aucun moment le bout de son nez en raison d'un rythme allant crescendo tout au long du récit. Dès le début du film, nous sommes plongés dans le feu de l'action : l'introduction pré-générique nous présente un petit groupe de cinq soldats scandinaves perdus dans les contrées ukrainiennes en 1944. Ceux-ci vont alors, à leur grand malheur, trouver refuge dans une petite cabane au beau milieu de la forêt hivernale (petit clin d'œil à "evil dead"?…) et tomber sur un vampire assoiffé de sang frais! L'intrigue est tout de suite levée : que va devenir l'unique soldat survivant de ce traquenard, sachant que celui-ci a été mordu avant que le vampire ne soit brûlé?(…)
Une fois le titre passé, nous sommes alors plongés dans l'histoire qui vous a été résumée quelques lignes plus haut. Dès lors, le rythme du film ne va cesser de s'amplifier, suivant ainsi en parallèle la brutalité croissante de la longue transformation de Sebastian en vampire. Ainsi, on prend plaisir à voir évoluer notre cher Sebastian, interprété par un brillant Jonas Karlström, tout au long du film : des premiers stades (ses sens se développent) aux stades finaux (disparition de son reflet dans un miroir) en passant par des étapes intermédiaires (goût prononcé pour le sang, dégoût de l'ail, dents qui poussent…), le film grimpe en intensité, en transparence avec cette transformation en vampire.
La seule chose que l'on pourrait peut-être reprocher au réalisateur concernant le rythme du film, ce serait cette fâcheuse tendance à couper net les séquences dans le but clair de nous expliquer que tous les évènements montrés à la caméra se passent simultanément dans le récit filmique. Il est en effet énervant parfois de voir une très bonne séquence coupée d'un coup et de devoir attendre quelques minutes pour en voir la fin…



Passés les détails sur le casting, le scénario et le rythme du film, nous allons à présent nous intéresser, comme d'habitude, à l'aspect visuel de "tale of vampires", à savoir les décors et les effets spéciaux, avant de terminer cette critique par la musique du film.
"Tale of vampires" se distingue d'autres films horrifiques par ses décors froids et lugubres à la fois, des paysages propres au Nord de la Suède où le film a été tourné. En effet, il n'a pas été facile pour l'équipe d'aller faire un film dans cette région glaciale, éloigné de toute civilisation. On apprend entre autres par le réalisateur que le manque de confort durant le tournage se faisait cruellement ressentir. Filmer de nuit en plein hiver avec 32 personnages, bon nombre de figurants, des enfants, des chiens et des cascadeurs n'a pas été de tout repos. Ne parlons pas des pluies verglacées qui, à elles seules, auraient pu ruiner le film. Jonas Karlström (Sebastian dans le film) se souviendra surtout du tournage d'une scène où il est resté suspendu à un réverbère pendant 15-20 minutes alors qu'il faisait -20°C dehors, une température si froide qu'il en pleuvait de la glace! Mais tous ses efforts de l'équipe du film n'ont pas été inutiles : ce cadre sinistre, sombre et glacial colle à la perfection avec l'ambiance générale du film. Aucun doute que les décors forment à eux seuls un sérieux atout dans la réussite de "tale of vampires".

Concernant les effets spéciaux, là aussi nous avons droit à du bon travail d'équipe. Sans vouloir nous en mettre plein la vue, "tale of vampires" regorge de petites scènes sympathiques nous dévoilant des vampires fort réussis et des "gentilles" scènes gores. En vous procurant ce petit ovni cinématographique, ne vous attendez pas à des débordements filmiques goresques à la "evil ed" (pour citer un petit classique suédois) comme le laisse sous-entendre la jaquette du dvd édité en France. L'un des films qui se rapprocheraient le plus de ce "tale of vampires" en terme d'hémoglobine versé et d'effets spéciaux utilisés serait le très bon "vorace" (dans le registre vampire cannibale ici) d'Antonia Bird avec Robert Carlyle, Guy Pearce et David Arquette.
Pour se faire, deux boîtes d'effets spéciaux se sont partagés le travail. La première est Fido Films, les seuls qui sachent combiner effets spéciaux et images en Suède. Ceux-ci ont été aidés par une société russe du nom de Olitka qui s'occupaient principalement des effets que l'on ne remarque pas en premier lieu (comme par exemple rajouter des stalactites ou effacer les câbles servant à faire voler les acteurs…).
On notera surtout certaines scènes très réussies comme l'expression faciale d'un homme se transformant en vampire dans un dernier sursaut, après s'être pris un pieu en plein cœur. On pourrait citer également l'unique flash-back du film où l'on voit un vampire en plein attaque, mais aussi une scène de carnage lors d'une fête très arrosée ou encore notre cher Sebastian qui dévore un lapin (peut-être la scène la plus mémorable du film). Mais, encore une fois, certaines idées au sein des effets spéciaux laissent à désirer : c'est le cas de cette volonté qu'ont eu les scénaristes de faire parler les chiens (du moins, seul Sebastian les comprend, suite à sa transformation en vampire) : l'effet rend bien mais, par contre, c'est d'un pesant… Je reste également sur ma faim en ce qui concerne le vampire en fin de film (mais je n'en dirai pas plus afin d'éviter tout spoiler) : le design aurait pu être un peu plus soigné mais cela reste mon opinion…



Enfin, et je terminerai là-dessus, parlons brièvement de la musique du film. Nous retrouvons aux commandes un compositeur du nom d'Anthony Lledo qui nous donne ici une très belle bande originale regroupant divers registres musicaux. En effet, le générique de début nous distille une chanson de variété magnifique, puis celle-ci fera place aux classiques morceaux de violons, collant brillamment à l'ambiance générale du film. "Tale of vampires" est également l'occasion d'écouter de la musique suédoise à maintes reprises (on reconnaît tout de suite cette langue empruntée à l'anglais dans les paroles de quelques chansons du film) mais aussi du bon vieux hard rock durant quelques minutes avec notamment ce petit clin d'œil à Nicko McBrain, le batteur du fameux groupe de hard rock (heavy métal) Iron Maiden de 1980 à aujourd'hui (je n'ai pas pu me retenir d'en parler : je suis un fana de Maiden depuis mon année de CM1! RIRES!!!). Un point fort donc que cette musique entraînante : chapeau au compositeur qui a réussi à faire en sorte que la bande originale et les décors ne fassent qu'un!

En résumé, "tale of vampires" est une comédie fantastique tout public (qui aurait toutefois pu mériter un petit avertissement aux moins de 12 ans…) qui ravira les fans du genre. Des décors et une bande son inoubliables qui vous plongeront dans l'univers glacial et lugubre des nuits polaires du Nord de la Scandinavie. On regrette malheureusement que certains points ne suivent pas ce bel effort : le film n'est finalement pas aussi jubilatoire que prévu et le gore promis est plutôt gentillet (mais les quelques effets spéciaux parsemés tout au long du film sont bien là!).
Un film à voir, c'est certain, mais pas indispensable au sein d'une collection personnelle…
A noter que "30 jours de nuit" (adaptation d'un livre au cinéma, 2008) de David Slade avec entre autres Josh Hartnett parle également des célèbres 30 jours de la nuit polaire…








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