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Juste avant que la petite ville de Marienbad soit totalement submergée par les flots pour cause de création d'un immense barrage, deux jeunes enfants bravent les dangers et vont s'amuser dans la ville désertée. Ils découvrent dans les fondations de l'église une secte satanique, et libèrent le maître Mordecai Salas. Quarante ans plus tard, la nouvelle ville va fêter les quarante ans de construction du barrage qui a vu le jour sous l'impulsion de Roberto Borgia. Mais des événements inquiétants se produisent dans le lac alentour. Des jeunes disparaissent au fond de l'eau sans laisser de traces. Une fissure apparaît sur l'un des murs du barrage. Un journaliste, Dan Quarry, va se lier d'amitié avec Teresa Borgia et tenter de venir en aide à la police. Tous deux vont découvrir de terrifiants secrets sur la ville engloutie…



Le sympathique Brian Yuzna est de retour après son "Rottweiller" réalisé en 2004. Il délaisse les méchants chiens pour revenir à un film très Lovecraftien dans son approche, avec ce "Beneath still Waters", toujours produit par la Fantastic Factory, et qui n’est pas sans nous rappeler le "Dagon" de Stuart Gordon.
Brian Yuzna est généralement très apprécié du public pour ses films décalés, outranciers et contenant quelques séquences gores bien jouissives. On citera parmi ses meilleurs réalisations "Society", "Le retour des morts vivants 3", "Le dentiste" ou bien encore "Beyond Re animator" par exemple.

"Beneath still Waters" est basé sur une nouvelle de Matthew Costello. On doit à cet écrivain le scénario de nombreux jeux vidéos, dont les célèbres "The 7th Guest" ou "The 11th Hour".





Je vous parlais du "Dagon" de Stuart Gordon, et il est vrai qu’on ne peut s’empêcher de penser à ce film à la vision de "Beneath still Waters". Scènes sous-marines, église engloutie, secte diabolique, monstres, les éléments se ressemblent mais je donne le point de la victoire au film de Stuart Gordon, qui est mieux abouti.

Brian Yuzna se débrouille pourtant assez bien avec "Beneath still Waters" mais le film part dans des directions pas toujours suivies et on a parfois l’impression d’assister à différentes séquences qui ne s’enchaînent pas forcément ou qui semblent tomber comme un cheveu sur la soupe. On pense à la créature toute blanche (que l’on croirait issue du "Castle Freak" de Gordon, décidément…) et qu’on ne voit qu’une seule fois, ou bien au chef de la police qui semble avoir été contaminé par un virus sans qu’on sache très bien pourquoi (il en va de même pour certains autres personnages).

Une petite impression de film "fourre-tout" nous envahit alors, et on aurait aimé plus de rigueur dans la progression du récit, surtout que le rythme n’est pas très soutenu et qu’on a tendance à trouver ça un peu longuet parfois.

Niveau casting, petit bémol concernant la prestation des acteurs, qui, sans être mauvaise, ne se hisse pas plus haut que celle d’un téléfilm diffusé sur M6. Même le méchant du film, censé être un peu charismatique, n’a rien d’exceptionnel. En fait, à chacune de ses apparitions, on pense immédiatement au Tall Man de la série "Phantasm", mais la classe en moins. Dommage.

Autre souci, la qualité de certains effets spéciaux, notamment d’images de synthèse qu’on croirait sorties du final de "Mortuary" de Tobe Hooper.





Le film possède néanmoins des points positifs, comme son ambiance empruntant à Lovecraft, référence non dissimulée notamment dans son utilisation d’un ouvrage écrit avec du sang humain comme moyen de détruire le méchant Mordecai Salas. On retiendra aussi cette créature innommable surgie des eaux, la présence d’algues vivantes qui agresseront un personnage féminin, quelques scènes gores plutôt bien réalisées (avec liquéfaction de personnages par exemple). Hommage à "Society", le final du film nous offre une orgie paillarde en complet déphasage avec le reste du métrage mais qui provoque son petit effet tant c’est inattendu.

J’ai également beaucoup aimé les scènes sous-marines avec exploration de la ville engloutie. Même si on devine les maquettes (mauvaise incrustation de vrais personnages dans le décor), ces séquences sont assez réussies et baignent le film dans une atmosphère d’étrangeté bienvenue.

Il y a également dans ce film une très belle photographie avec des décors baignés par la brume du plus bel effet.





"Beneath still Waters" ne restera pas, pour ma part, parmi les meilleurs films de son auteur, malgré d’évidentes bonnes intentions. Pas mauvais du tout, mais pas génial non plus. Un petit film dans une bonne moyenne mais qui ne se hisse pas plus haut. Petite déception pour un Yuzna !