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Un jeune père de famille stressé, accompagné de son épouse et de leur jeune fils Miles, partent à la montagne passer quelques jours dans la maison prêtée par des amis. En chemin, le père percute un cerf de plein fouet. Tandis que la bête agonise dans le fossé, un groupe de chasseurs sort du bois…



Etrange film que ce Wendigo. Légende indienne prêtant à la créature une silhouette mi-homme mi-cerf, le Wendigo se nourrit d'âmes dit-on mais également de sang : un appétit féroce et jamais rassasié ; il peut voler, prendre la forme d'un orage, ou son apparence la plus simple, celle de la bête, mais aussi devenir le vent et autres cris venus de nulle part. La scène d'introduction du film va servir la colère de la créature justement, et entraîner la famille MacLaren vers un destin tragique.
Le réalisateur Fessenden que l'on peut considérer comme un réalisateur autodidacte pourra déconcerter bon nombre de personnes avec ce film. Avec un titre pareil on serait tenté d'attendre un film de monstres bien sanglant. Il n'en est rien. Après l'avoir visionné deux fois à quelques jours d'intervalles (certains de mes camarades rédacteurs m'ont traité de fou, rires), j'ai pu observer diverses façons de voir le film.



Fans de gore et autres monstres voraces, passez votre chemin, Wendigo n'est pas un film fait pour vous. Le cinéaste s'est rappelé à ses tous premiers souvenirs d'enfance pour le réaliser : la légende lui avait été racontée par l'un de ses professeurs. Armé de cette indication, le film m‘est apparu alors comme une œuvre personnelle, indépendante comme on dit dans le milieu.
Alors forcément, les détracteurs (qui seront nombreux) du film lui reprocheront une impossibilité à entrer dans un univers clairement défini comme personnel. Le scénario par exemple est quasi inexistant, et le rythme du film quant à lui pourra épuiser plus d'un spectateur. Pour tenter de lui trouver quelques qualités, bornons nous à voir Wendigo comme un rêve d'enfant, réveillé quelques années plus tard, et devenu adulte.

L'histoire ne s'embarrasse pas de complications : nous avons une famille tout ce qu'il y a de plus normale, un groupe de chasseur avec à sa tête le mystérieux Otis, revêche et apparemment violent. Point. Tout le reste du film ne sera qu'une occasion de dérouler des mètres de pellicules à la seule raison d'exaucer la légende, fantasmée et vue par le réalisateur. La famille emménage dans la maison et dès lors des évènements s'ensuivent : Otis rôde au alentours de la propriété, des impacts de balles font irruptions dans les vitres, un mystérieux indien offre une statuette du wendigo à Miles… jusqu'à la partie de luge entre le père et son fils qui chuteront tous les deux avant la tombée de la nuit, et ce au milieu des bois, habités par l'esprit du wendigo. Tout apparaît donc hélas comme n'ayant ni queue ni tête. Tout juste l'action s'intensifie et le rythme s'accélère dans les 15 dernières minutes du film. L'élément le plus évident à la compréhension concerne l'enfant : il est le seul à apercevoir le wendigo, mais pourquoi ? dans quel but ?



Pour incarner les personnages, le cinéaste fait appel à Patricia Clarckson ("the woods") et Jake Weber ("l'armée des morts", "the cell") dans le rôle des parents et John Speredakos dans celui d'Otis ("the roost"). Ni mauvais, ni convaincants, ils se contentent du minimum syndical et laisse plutôt la première place à Erick Per Sullivan ("armageddon", "Arthur et les minimoys") qui incarne Miles avec pas mal de conviction dans ce qui semble être une composition d'enfance désenchantée.
Fessender choisit également le parti de l'animation humaine pour donner vie à la créature. Exit le numérique par souci d'authenticité, mais plus certainement pour respecter le budget alloué au film. Wendigo nous entraîne comme bien souvent dans les légendes vers une conclusion aussi loufoque que désarmante ; dès le clap de fin et le renvoi au titre du film, on ne peut que regretter le survol du mythe et son manque d'exploitation évident. Que retenir par conséquent du difficilement racontable ? il subsiste un point positif cependant, à la charge de la bande musicale signée Michelle Biducci (collaboration sur "creepshow" avec John Harrison) : une partition féerique, empreinte de mysticisme, légère et inquiétante.



En conclusion, les amateurs de sensations fortes tireront à vue sur ce wendigo en manque d'appétit, là ou d'autres y verront une fable personnelle et poétique, mais maladroite sur un souvenir dont la créature à échappé à son créateur.
Un film pas inintéressant, mais dont la portée semblera de toute façon fort discutable.








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