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Un crocodile monstrueux, baptisé "Gustave" par la population locale, terrorise les villages africains situés près du Burundi, où la guerre civile fait rage. Une équipe composée de journalistes et de reporters animaliers, accompagnée par un spécialiste en crocodile, est envoyée sur les lieux, afin de filmer et de capturer le gigantesque saurien…



Les films de crocodiles tueurs, j'aime bien. Je préfère les films avec des requins mais bon, le crocodile est quand même une sacrée bestiole, et son apparence et la puissance légendaire de sa mâchoire en font un prédateur à fort potentiel dans un film d'horreur. Parmi les films les plus connus mettant en vedette ce reptile et ses déclinaisons, comme l'alligator, on citera : "Le Dieu Alligator", "L'incroyable alligator", "Killer Crocodile", "Killer Crocodile 2", "Les Dents de la Mort", "Crocodile", "Crocodile 2", "Blood Surf" ou bien encore "Lake Placid" par exemple. Le crocodile fait désormais partie intégrante du bestiaire préféré des réalisateurs de série B et on risque de le voir encore souvent sur nos écrans puisqu'on le retrouvera dans "Lake Placid 2", "Black Water", "Rogue" et dans ce "Primeval", dont nous allons parler maintenant.

Le film débute par une accroche qui fera grincer les dents de certains spectateurs, qui n'en peuvent plus de lire cette même phrase dans de nombreux films récents. Cette accroche, c'est la bien connue : "Ce film est basé sur des événements qui ont réellement eu lieu". Et oui, on nous refait encore le coup de "cette histoire est basée sur une histoire vraie" et ce qui est vrai, c'est qu'effectivement, ça commence à nous gonfler ce genre de phrase, on arrive à saturation. Le problème, c'est que pour "Primeval", elle est totalement justifiée.



En effet, notre crocodile baptisé Gustave a bel et bien existé ! Il a même fait l'objet d'un documentaire animalier diffusé sur France 3. Notre bon Gustave était certainement un crocodile du Nil, mais ses dimensions étaient pour les scientifiques hors du commun. Il mesurait environ 7,50m, et pesait une tonne. La dimension normale pour ce type de crocodile étant 5m pour 500kg. Gustave a fait régner la terreur en Afrique durant 10 ans et serait à l'origine de 300 morts. On le rencontrait principalement au Burundi, sur les rives du lac de Tanganyika. Bien sûr, ce "record" de morts attribué au crocodile n'est pas "officiel", surtout que dans cette région, le conflit interethnique opposant les Tutsis et les Hutus a provoqué un véritable massacre, reléguant le respect de la vie humaine aux oubliettes. Certaines disparitions et morts n'ont-elles pas été mises sur le dos de Gustave sciemment ? Il n'empêche que Gustave était bel et bien un redoutable prédateur, qui n'hésitait pas à s'attaquer aux hommes, et c'est même le seul crocodile ayant réussi l'exploit de vaincre un hippopotame. Bref, Gustave n'était pas un enfant de cœur. "N'était pas" parce que plus personne n'a de nouvelles de Gustave, sûrement victime de braconniers ou de militaires. Une perte pour les scientifiques qui auraient bien aimé en apprendre plus sur ce formidable reptile.

Voilà, après s'être cultivé grâce à Horreur.com, parlons un peu du film. Les amateurs de "Prison Break" apprécieront de retrouver l'un des acteurs fétiches de cette série en la personne de Dominic Purcell, qui interprète de façon convaincante un journaliste qui n'a pas franchement envie d'aller tâter du crocodile. A ses côtés, on découvrira Brooke Langton, actrice plutôt habituée aux séries télévisées, mais aussi Orlando Jones et surtout le bien connu Jurgen Prochnow, dont le visage reconnaissable entre tous a déjà été aperçu dans bons nombres de films comme "Da Vinci Code", "House of the Dead", "Ripper" et le fameux "La Forteresse Noire" par exemple. Jurgen campe ici un chasseur connaissant bien la région, venu prêter main forte à notre équipe de reporters. Tous ces acteurs sont dirigés par Michael Katleman, réalisateur spécialisé dans les séries télés et les téléfilms, et dont "Primeval" est le premier vrai long-métrage.



Michael Katleman a choisi de privilégier l'aspect réaliste de son histoire en plaçant ses protagonistes dans l'univers de terreur du Burundi, où les milices Hutus et Tutsis se font une guerre sans merci, assassinant sans aucun remords hommes, femmes et enfants qui ont le malheur de croiser leur chemin. Le film est un véritable vecteur de dénonciation de ses assassinats, donnant aux spectateurs confortablement installés chez eux une vision sans concession des horreurs qui se passent en Afrique et dont les pays développés n'ont guère le temps de se préoccuper. D'ailleurs, lorsque l'équipe de reporters arrive au Burundi, l'homme qui les accueille dit une phrase malheureusement trop vraie : "on vous a envoyé parce que c'est une blanche qui a été retrouvée morte". Primeval est donc un électrochoc destiné aux spectateurs pour qu'ils n'oublient pas que, pas si loin que ça, de chez eux , des milliers de personnes meurent chaque jour à cause d'une guerre interethnique, des milliers de femmes sont violées parce qu'elles quittent leur camp pour aller chercher de quoi nourrir leurs enfants.

Maintenant, prendre position dans un film, très bien. Le souci, c'est qu'on nous vend "Primeval" comme un "crocodile movie". Et le crocodile, ben on ne le voit pas souvent, relégué au second plan de l'histoire. Les protagonistes en parlent beaucoup de Gustave, mais sa présence à l'écran est quand même assez limitée. Les scènes où il intervient ne sont pas toujours réussies, surtout lorsque le réalisateur a recours aux images de synthèses. Le crocodile apparaît bien plus crédible quand on a affaire à un bon gros monstre mécanique au rendu suffisamment travaillé pour faire passer la pilule.

La séquence de la cage, destinée à le capturer, est assez sympathique, surtout quand il y a un jeune garçon retenu prisonnier dedans et qui se fait bien malmener par le saurien en colère. Le final est également assez spectaculaire et nous fait passer un bon moment. Mais on aurait aimé plus de scènes mettant Gustave en vedette et on ressort quand même assez déçu à la fin du visionnage, où l'on ne peut s'empêcher de penser qu'on nous a vendu un produit qui ne correspond pas tout à fait au descriptif !



"Primeval" est donc une semi déception. Le contenu historique du film est certes très intéressant mais les publicitaires ont trop misé sur l'aspect crocodile, et on a l'impression de ne pas avoir vu le bon film. Dommage…








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