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Lors d'une mission de routine, une unité de jeunes soldats de la Garde Nationale fait halte dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du matériel à des scientifiques. Mais lorsqu'ils arrivent dans le "secteur 16", le camp est désert. Après avoir aperçu un signal de détresse dans une colline, ils partent à la recherche des soldats disparus. Ils ignorent que les collines sont aujourd'hui peuplées par une tribu de mutants cannibales qui attendent leurs proies...



Tout le monde se souvient de la version originale de 1985 ? est-il possible de faire pire ? je vous rassure, cette cuvée ne ressemble en rien à la piteuse séquelle de Craven. Mais avant d'en dire plus, intéressons-nous quelques instants au réalisateur Martin Weisz.
Venu de la pub et surtout du vidéo-clip – il a travaillé notamment avec P.Diddy et Meatloaf ("the rocky horror picture show") – il s'est fait remarquer avec son premier film "Rohtenburg", basé sur des faits réels de cannibalisme entre deux hommes (en Allemagne, un homosexuel avait passé une petite annonce pour trouver un partenaire qui accepterait de se faire dévorer, notamment ses parties génitales). Le film a énormément choqué, aussi bien le public que les critiques. Néanmoins, Weisz remportera le Prix du meilleur réalisateur au Festival de Sitges … tout comme Wes Craven 30 ans plus tôt avec "la colline a des yeux".
Craven trouve l'homme bourré d'énergie et d'imagination. Il le veut derrière la caméra. Lui et son fils Jonathan s'occuperont du scénario. Il est d'autant plus motivé que sur "la colline a des yeux 2006", son script n'avait pas convaincu les producteurs. Craven veut donc sa revanche.



Là où "la colline a des yeux 2006" respectait la trame de l'original en laissant son action principale au pied des collines, le film de Martin Weisz va prendre le contre-pied du survival (qui lorgnait méchamment du côté slasher) de 1985, en plaçant volontairement ses protagonistes très rapidement dans les montagnes, puis en les immergeant lentement dans le ventre de celles-ci. Mais pour débuter, rien de tel qu'une bonne mise en bouche bien sanglante : un accouchement ne respectant pas franchement les règles de l'art, mais comment dire ? … plutôt efficace. On se dit que le film va partir tambour-battant forcément, mais le cinéaste prend le parti d'installer ses personnages avant tout. Les soldats livrés à eux-mêmes face au danger (on pense forcément à "dog soldiers" mais la comparaison s'arrête là) nous permettent d'effleurer le caractère de chacun d'entre eux ; juste ce qu'il faut pour nous donner une idée de qui va survivre ou non.

Niveau casting d'ailleurs, pas de stars afin d'éviter toute identification. Tout au plus dans les rôles principaux on retrouve Danielle "Missy" Alonso ("détour mortel 2"), mais c'est du côté des "furieux" que les tronches sont plus familières. A l'instar de la sympathique Janus Blythe (Ruby dans "la colline a des yeux" puis "la colline a des yeux 2" dans un double rôle), Weisz fait de même avec Michael Bailey Smith ("monster man" c'est lui) qui incarnait Pluton dans le remake d'Alexandre Aja, et qui troque juste le prénom pour celui d'Hades, le patriarche du clan. Toujours au rayon bestiaire, on retrouve des mâles cascadeurs, imposants et habitués du genre : David Reynolds (Little Dick dans "la maison des 1000 morts"), défiguré, en marge de son propre clan et capable de compassion, ainsi que Derek Mears (le loup-garou dans "cursed") dans le rôle de Caméléon, au physique lui permettant de se fondre dans les rochers de la colline.



Et là, vous vous dites : "pt'ain ! il arrête de jacasser le vieux et il nous pond son avis, savoir si on doit aller voir le film ou pas !"
Tout d'abord, il faut que vous sachiez que le remake d'Alexandre Aja m'avait laissé plutôt froid ("purée le vioc' faut le dessouder !"). Weisz lui au moins ne fait pas de ses personnages des héros. Ils ne sont qu'apprentis soldats et ont tout à apprendre dans cette adversité. Weisz n'a pas besoin d'un viol de dix minutes pour marquer les esprits (ici quelques secondes suffiront, avec en prime la bassine et le vomi éventuel qui pourrait s'ensuivre). Le jeune homme n'est pas avare en scènes chocs et gore. Alors on pourra éventuellement reprocher au film de mettre un peu trop de temps avant de lancer l'action punitive, mais dès lors nous pénétrons sous les collines, le rythme ne faiblit plus. Les personnages sont amenés à survivre dans les dédales de ce labyrinthe caillouteux et poussiéreux, en découvrant derrière chaque "porte", tel un calendrier de l'Avent, les bonnes et les moins bonnes surprises.

Certes le film n'évite pas les clichés du genre inhérents au survival, témoin la découverte du repaire des viandards, ou bien encore les techniques de "chasse". Dans le premier cas, rendons hommage au chef décorateur qui impose une véritable boucherie visuelle et quasi sensorielle. Dans le second cas, le film n'est pas chiche en globules rouges : énucléations, éventrations, bouillie faciale, et autres démembrements à la machette : ça gicle à gogo et les deux camps en prennent pour leur grade. Une mention toute spéciale au trombinoscope des rednecks : le père est gerbant au possible, les fils en panne de Biactol, et le supposé grand-père, mal voyant et à l'odorat développé (qui a dit "the descent" ?), tiennent la dragée haute à ceux d'Aja, bien trop "propres" à mon goût.



Vous l'aurez compris, parler d'un survival n'est jamais facile, le danger est toujours d'en dévoiler un peu trop. Alors à vous de voir si vous décidez de me faire confiance ou pas. Non ce n'est pas un film intellectuel (ah bon ?), oui c'est bourrin juste ce qu'il faut ! oui tu peux aller le voir seul ! ou alors emmène ta copine (a des yeux bien sur ! ouaah trop drôle !). Dans tous les cas, Weisz respecte largement le cahier des charges et nous en donne pour notre fric.
Mais au fait ? Craven a t-il pris sa revanche ? les réflexions de sous la ceinture dans la bouche des soldats – un pléonasme ?- n'aideront en rien un scénario sans saveur et anecdotique. Mais l'essentiel est préservé : on ne s'ennuie pas un instant, les deux nanas sont mignonnes ("ah ben quand même, le vioc' fait monter la température"), suintantes aux échancrures du débardeur, et la bande-son frappe un bon coup au ventre. Un sympathique coup de poing sur la table en quelque sorte.








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