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Ecrivain de best-seller à l'eau de rose, la jeune et fragile Ting-Yin planche sur un livre d'épouvante, genre qu'elle n'a jamais abordé jusqu'à présent. A peine a-t-elle commencé le roman que son éditeur l'annonce déjà au média : stressé, Ting-Yin est frappée par le syndrome de la feuille blanche. A la tombée de la nuit, l'écrivain assiste alors à des phénomènes étranges dans son propre appartement : apparition fantomatique furtive, mèche de cheveux noir, grésillements inquiétants, émergeant du combiné téléphonique… Malgré la peur qui l'envahit, la jeune femme s'inspire de ces manifestations surnaturelles pour l'écriture de son œuvre.



Dans le cinéma asiatique actuel, le cas des frères Pang est sans aucun doute le plus curieux : quoiqu'ils fassent, les deux frangins, et ce malgré un talent certain, signent des œuvres d'une grande inégalité, le point culminant étant l'horrible farce qu'est "The Eye 3 : l'au dela". Et dire qu'ils vont maintenant aux States…

Le cas ne reste cependant pas inespéré, les coups de flippe étant courants dans les deux premiers volets de la trilogie "the eye", sans oublier le fait que "Ab-normal beauty" était loin d'être mauvais…
Mais ça divise, ça divise…tout comme ce nouvel opus présenté d'ailleurs au Festival de Cannes dans la section "Un certain regard" et hors compétition au dernier Festival de Gérardmer.



On retrouve Angelica Lee, déjà héroïne de "the eye", dans ce qui s'apparente non pas à un énième film de fantômes asiatiques mais plutôt à une adaptation non officielle de "Silent Hill" !
Le métrage débute pourtant de manière assez classique avec spectre aux cheveux longs (dont la première apparition est subliminale ; guettez bien l'écran) et coups de téléphone bizarroïdes, le tout baignant dans un climat de peur somme tout classique.

Copié/collant les apparitions spectrales auxquelles elle assiste dans son nouveau roman intitulé "Re-Cycle", Ting-Yin se rend compte que certains passages écrits apparaissent sans crier gare sur son ordinateur, la menant à suivre un chemin vers une autre dimension (sans doute sponsorisé par OTIS, les Pang Brothers s'évertuent une nouvelle fois à faire descendre le trouillomètre à zéro avec une scène d'ascenseur…assez inquiétante il faut l'avouer).



Ce qui s'annonçait alors comme un Kwaidan sans prétention bascule vers un "Labyrinth" horrifique, un nouveau "Alice au pays des horreurs" voire une "l'histoire sans fin" à dormir debout : ainsi, à peine a-t-elle franchi le seuil de cet univers parallèle Fulcien, que la jeune femme se fait courser par des spectres décharnés et une horde de zombies tombée du ciel !

Il est donc littéralement impossible de ne pas avoir en tête le fameux soft horrifique de Konami durant le visionnage du film tellement l'univers imaginaire filmé par les frères Pang ressemble à la ville de "Silent Hill" : quartiers délabrés, appartements hantés par une cohorte d'ectoplasmes, armée de zombis, spectres flottants…sans oublier la structure générale du film, digne d'un jeu vidéo ; Ting-Yin devant ainsi regagner le monde réel par un "transit" et traverser plusieurs niveaux (ville, parc d'attraction, grotte, forêt…). Tout d'abord seule, elle sera rejointe par un vieillard et une petite fille qui lui seront d'une aide précieuse…et lui apporteront quelques réponses surprenantes sur ce monde parallèle.
Malgré des CGI "voyants" (en particulier pour le monde des jouets abandonnés), ce "Silent Hill Bis" brille par sa beauté plastique et réserve son lot de surprises, comme cette dangereuse traversée sur un pont pullulant de cadavres ambulants ou ce bref (mais mémorable) passage dans une forêt de pendus ; une saisissante succession de tableaux cauchemardesques et surréalistes, comme cette fillette zombifiée chevauchant un cheval de bois surdimensionné ou ces rochers en suspensions dans le ciel.




Tout comme le "silent hill" de Gans, ce n'est d'ailleurs pas la grosse flippe, mais les frissons sont bienvenus…

***Légers Spoilers***

Pour ne pas déroger à la règle, les deux frères pratiquent ce qu'ils font sans doute le mieux : ils partagent le public. Dans un dernier acte grandiloquent et merveilleux, le film se pare d'un message anti-avortement aussi discret qu'un gratte-ciel dans un cimetière (en gros "fallait pas avorter sale truffe !")…mais qui serait involontaire selon les deux frangins. A vous de voir donc si le cocktail ne vous restera pas en travers de la glotte.
Reste en tout cas un très beau final…et un twist fatal qui ne s'imposait guère.

***Fin des Spoilers***

En définitive, une bien belle curiosité, carburant avec bonheur aux fulgurances poético-horrifiques. On a vu pire…








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