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Un jeune couple, désirant consolider son amour en perte de vitesse, décide de prendre la route pour aller au Texas passer quelques jours loin des soucis de la vie. Stoppant à une station service, ils sont menacés par le gérant complètement fou et sont obligés de prendre une route non prévue. Pourchassés par un gigantesque 4X4, puis par un fou armé d'une tronçonneuse, ils parviennent à s'enfuir mais entrent en collision avec le véhicule de Benny, ancien militaire venant redécouvrir la joie des armes le week-end. Tous les trois, salement amochés, vont devenir la cible de Leatherface et de sa famille. La traque commence…



Jeff Burr est un réalisateur débutant quand il décide de prendre la relève de Tobe Hooper en 1990, puisqu'il n'a réalisé que trois films, dont "From a whisper to a scream" avec Vincent Price en 1987 et "Le beau-père 2" en 1989. La suite de sa carrière sera essentiellement tournée vers le cinéma d'horreur puisqu'il sera le réalisateur de "Puppet Master 4", "Puppet Master 5", "Pumpkinhead 2" et de bien d'autres films de genre…

S'atteler à réaliser une nouvelle séquelle au culte "Massacre a la tronconneuse" n'est pas une mince affaire, surtout que la suite donnée en 86 par Hooper à son chef-d'oeuvre était d'un bon niveau, bien que très différente en terme d'ambiance. Jeff Burr ne baisse pas les bras et décide même de frapper fort, prévoyant de réaliser un film d'horreur très violent et basé sur le personnage principal de la saga, à savoir le boucher au masque de peau humaine, Leatherface, qui donnera au film son titre. Et c'est justement là où le bas blesse…



En effet, avec un titre pareil, on aurait pu penser en apprendre d'avantage sur le personnage, sur sa vie, sur sa jeunesse, sur le pourquoi de ses masques en peaux humaines, bref, n'allons pas jusqu'à demander un film biographique mais au moins un film qui aurait apporté des réponses sur le mystère Leatherface. Et rien. Pas l'ombre d'une information. Même sa présence à l'écran ne justifie en rien d'avoir appelé le film par son nom, parce qu'on ne le voit pas tant que ça en fait. Bref, grosse déception à ce niveau, pour un personnage aussi charismatique.

Autre soucis du film, c'est qu'il ne sait pas vraiment dans quelle direction aller. Suite, remake, un peu des deux à la fois ? Le texte d'introduction ferait penser à une suite, mais l'apparition d'une nouvelle famille de timbrés et certaines scènes ou certains détails tendent vers le remake caché. Le couple écrase un tatou, réplique du petit animal mort qu'on peut voir au tout début du film de 1974, le gérant de la station essence nous la joue un peu comme l'autostoppeur, la victime féminine est attachée à une chaise alors qu'un repas se prépare, bref, des clins d'œil appuyés qui renvoient directement au classique de Hooper. Si bien que le spectateur ne sait pas trop sur quel pied danser et cela joue grandement en défaveur de ce "Massacre à la Tronçonneuse 3".



Car si on prend le film comme une suite, rien ne colle par rapport à "Massacre a la tronconneuse 2". D'où débarque cette nouvelle famille ? Certes, Grandpa est toujours là, encore plus défraîchi que dans les films précédents, mais toujours accro à son régime liquide à base de sang humain. Mais qui sont ces nouveaux personnages ? Tex, joué par Viggo Mortensen, futur Aragorn de la saga de Peter Jackson, est une sorte de cow-boy bien cinglé, mais on lui préférera carrément la composition de Matthew McConaughey dans "Texas chainsaw", c'est pour dire ! En plus de Tex, de son frère et de Grandpa, la famille a désormais une "maman", ainsi qu'une petite fille, blondinette au joli sourire mais qui se révélera aussi démoniaque que ses frangins. C'est peut-être le personnage le plus attachant du film, son jeune âge lui donnant un côté pervers assez appréciable et jouissif. Bien sûr, on retrouve donc Leatherface, dont le nouveau masque ne ressemble à rien, sorte de bouilli de papier mâché du plus mauvais effet. Il porte à une jambe une sorte d'armature en acier pour l'aider à marcher, encore un clin d'œil au fait qu'il se soit tronçonné la cuisse dans le film de Hooper ? Tronche de Cuir nous réserve les quelques rares séquences sanglantes du film (pourtant visionné dans sa version Uncut), maniant avec toujours autant de dextérité son diabolique engin de mort. Mais pour un film qui se voulait hyper violent, on repassera. De même, on ne ressent absolument rien pour la victime, n'est pas Marilyn Burns qui veut. En fait, on se fout un peu de son sort, comme de celui de son mari d'ailleurs. Le réalisateur n'a pas réussi à nous les faire apprécier pour qu'on se préoccupe de ce qui va leur arriver. Dommage.

Des points positifs quand même ? Oui, il y en a, même s'ils sont assez rares. On appréciera fortement la présence de Ken Foree, engagé car Jeff Burr est un fan de "zombie", et qui s'en sort plutôt bien dans son rôle d'ex militaire refusant de se laisser transformer en chair à saucisse. La séquence où les deux frères offrent à Leatherface une tronçonneuse de luxe, avec "the saw is family" gravé dans la lame est assez jubilatoire, tout comme la séquence où la petite fille actionne un mécanisme libérant du plafond une masse qui viendra frapper violemment la tête d'une victime, attachée tête en bas, en référence à Ed Gein, qui avait attaché ses victimes ainsi pour les éventrer. Un mécanisme qui semble tout droit sorti du manuel de défense qu'avait Nancy Thompson dans "Les griffes de la nuit". Du déjà vu donc, mais c'est assez efficace !

Mis à part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent il faut bien le reconnaître. Le combat entre Foree et Leatherface dans l'étang, avec la lame de la tronçonneuse qui fait des va-et-vient dans l'eau est même assez ridicule à mon goût. Le film se veut un retour au sérieux comparé au second chapitre, mais cette bonne intention tombe à l'eau malheureusement.



De l'avis même du producteur du film, "Leatherface" est un ratage total. Ça a le mérite d'être clair. Jeff Burr semblait plein de bonnes intentions pour plaire aux fans de la famille tronçonneuse mais force est de reconnaître que son film n'est vraiment pas terrible. Pas vraiment d'ambiance malsaine, des personnages certes bien tarés mais qui ne dégagent rien, un Leatherface absolument pas charismatique, et qui n'est pas traité comme il aurait du l'être. Reste quelques trouvailles sympas et le plaisir encore une fois de revoir Ken Foree. C'est peu. Trop peu. Copie à revoir monsieur Burr…








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