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Oh ! Un film de genre en provenance du Royaume-Uni. Deux raisons qui justifient à elles seules le visionnage du métrage. La famille McDonald est la bande de péquenots la plus dégueulasse que vous croiserez de toute votre vie. Mettez le pied dans la crotte que je vous présente toute la famille : Vous voyez là-bas dans la remise, en train de s'imbiber en cachette, c'est le vieux Gyles Mc Donald. Plus loin près du portail de la ferme, qui chique crâche et fume en épluchant les patates, c'est sa femme. Les deux idiots qui s'approchent ce sont leurs fils. Ah ! L'un d'entre eux boîte, c'est qu'ils sont pas futés les deux énergumènes. Il a probablement dû se tirer une balle dans le pied pendant que son frère regardait ailleurs. Et là… là c'est la fille. Une jolie blonde. On se demande encore comme une telle famille de déchets a pu engendrer si douce créature. Isolés sur une île, ils ne rallient "le pays" que pour y vendre les produits de leur ferme. Un jour que le vieux McDonald doit conduire sa chèvre au "pays" pour la faire monter par un mâle afin que la biquette donne plus de lait, ce dernier est pris d'une crise de fainéantise. Préférant s'imbiber tranquillement à l'ombre des arbres, il décide de faire son affaire à la biquette lui-même. Grand mal lui prit, car l'animal va accoucher d'une immonde créature. Encore plus répugnant que la vieille McDonald...



Faire la critique d'un tel film s'avère délicat. Non pas que le film soit véritablement polémique, mais plutôt que son contenu est indescriptible. Il faut le voir pour croire.

La première difficulté survient lorsque l'on tente de classer le métrage.
Est-ce un film d'horreur ? Pourquoi pas il y a un monstre qui décime des péquenots. Une bête immonde assoiffée de sang… qui s'appelle Billy.
Est-ce une comédie ? Nombre d'éléments vont en ce sens. Le niveau de crasse dans laquelle ils se complaisent donne lieu à des gags grossiers mais sympathiques. Ca pète, ça rote, ça gueule et c'est sale… c'est la famille McDonald. De plus un film dans lequel le père de famille engrosse sa chèvre pour éviter d'avoir à lui trouver un bouc, ce n'est sûrement pas un drame social.
Peut-être est-ce un western ? Les pauvres bougres vivent à la manière des cow-boys, sans eau courante ni électricité, à aller s'occuper de leurs bestioles ou à récolter les fruits et légumes.



On dit que l'Angleterre est timorée en matière de film de genre, mais celui là rattrape tout le retard qu'elle a pu avoir et lui donne de l'avance pour encore quelques années. Certes ce n'est pas une déferlante de gore à laquelle il faut s'attendre, mais à un amas de situations toutes plus dégoûtantes les unes que les autres.

Papi McDonald vient de casser sa pipe en plein repas ? La première chose c'est de se jeter sur son assiette (premier arrivé, premier servi). La seconde étant d'aller jeter sa dépouille sur le dessus du tas de fumier !

Cet exemple est loin d'illustrer les scènes les plus osées du film. Au risque de me répéter, ce n'est pas le gore qui impressionne mais les situations mises en scène. Tout y est sale, répugnant, poisseux… le film porte ainsi très bien son nom : la famille cradingue ou Crados family.
La famille semble tout droit sorti d'une lignée de gueux particulièrement attardés que l'on aurait retiré de son Moyen-Âge.



Bien sûr un tel résultat n'a pas été obtenu en deux jours.
Disposant d'un budget de départ de 50.000 £ (approximativement 75.000€) retirés de la vente de la maison d'un des membres de l'équipe, le film a pourtant dû s'arrêter en plein milieu de sa phase de réalisation, le budget ayant été épuisé. Trois ans et demi de galère et un changement d'acteur principal plus tard, le film est enfin bouclé grâce à la générosité d'un investisseur Anglais.

La qualité du film n'en est que meilleure. Absolument pas bâclée pour deux sous, ces difficultés ont probablement contribuées au sentiment d'urgence qui se dégage du film.
Très souvent dans les séries Z certaines longueurs viennent plomber le rythme du métrage. Ce n'est pas le cas de l'œuvre de Jim Groom, qui brille par son dynamisme. Le spectateur est attrapé au vol et n'est reposé au sol qu'une fois le générique de fin déroulé. Sidérant, d'autant plus qu'il s'agit là du premier film du bonhomme.
Il ne reprendra pas la caméra de si tôt, et ne le fera qu'en 2002 pour réaliser "Room 36". Dommage, avec un tel talent le briton était promu à un bel avenir.



Mais comme chacun sait, le cinéma indépendant trash ne paie pas. Et pourtant le réalisateur réussit à attirer Michael Balfour pour jouer le rôle du père alcoolique et zoophile.
Pour le vieil acteur Anglais il s'agit là d'une ultime performance. C'est en effet sa 137ème apparition à l'écran, mais c'est aussi la dernière, puisqu'un cancer l'emportera en 1997. Force est de constater que Michael Balfour met toutes ses tripes dans ce rôle, et camper un infâme péquenot doit demander autant de talent que procurer de satisfaction.
Le reste du casting n'est cependant pas en reste. Les deux frangins attardés sont interprétés avec justesse par Bryan Heeley et Trevor Peake. Quant à la mère… que dire de cette performance qui restera dans les annales : irrévérencieuse, répugnante et égoïste, le personnage n'était certes pas aisé à interpréter.

Quant à Billy, monstre fait de prothèses et de maquillage, s'il n'est pas très effrayant, il a le mérite d'être cruel et d'intervenir aux moments les plus caustiques.

Carton plein !








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