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Un film allemand, tiré d'une célèbre bande dessinée allemande humoristique, tourné à New York et distribué par Troma. Voilà qui s'annonce sous les meilleurs hospices. Luigi Macaroni (hm !) est détective pour la ville de New York. Et aujourd'hui, ce n'est pas sa journée. Alors qu'il s'apprêtait à coucher avec un gigolo dans un hôtel de passe miteux, la capote qui se trouvait sur la table de nuit s'enfuit sous la commode. Luigi tente de la rattraper mais le malicieux petit bout de caoutchouc en sortira vainqueur, et Luigi devra dire adieu à son testicule droit. Le pire dans tout cela c'est que ni son coéquipier, ni son chef ne veulent le croire. Pourtant 19 personnes y ont laissées leur verge. 19 verges arrachées, mais impossibles à retrouver. Les préservatifs mutants ont décidé d'envahir New York. Et au milieu de la débâcle, Bob, ancien policier devenu "Babette", tente de draguer Macaroni qui n'a que faire de son amour.



Un troma qui traite des thèmes les plus sensibles de notre société actuelle ? La religion, l'homosexualité, la prostitution et les capotes voraces…
Voici donc le fameux Killer Condoms tiré de la BD de Ralph König, "Kondoms des Grauens", qui semble être le Petillon Allemand. Petillon, l'auteur de jack Palmer, le détective privé avec un sac "tati" greffé dans la main, vous connaissez ?

Les deux personnages se ressemblent beaucoup en effet. Les deux sont petits, pas spécialement impressionnants physiquement (encore que Macaroni ait un sexe gigantesque – 32 cm !) et surtout toujours paumés, au milieu de nulle part, perdus dans leurs imperméables beiges sans forme.

Cependant Macaroni a un vice supplémentaire. Il fume continuellement, un mégot toujours au bord des lèvres, que ce soit dans son lit d'hôpital, dans une église ou au commissariat. Cela ajoute à sa nonchalance, toujours inexpressif quelque soit la situation dans laquelle il se trouve



Pourtant des situations loufoques, Macaroni va en voir de toutes sortes au long de son enquête. Le seul concept du film en lui-même est déjanté : des préservatifs tueurs, sectionneurs de pénis en série.
Cependant Ralf König & Martin Walz ne s'arrêtent pas là. Ils savent qu'entre leurs mains se trouve un énorme potentiel, un potentiel presque illimité, avec lequel ils pourront sans mal repousser les limites du grotesque, du burlesque et de l'humour noir.

Les personnages qui peuplent le film sont parfaitement hauts en couleurs. De Babette, l'ancien flic en passant par le patron de l'hôtel de passe, jusqu'au moindre figurant. Tous sont lourdement atteints, comme par un coup du sort, une certaine ironie malicieuse qu'aurait eu la nature lors de leur création.
Ces protagonistes sont d'autant plus cocasses que les dialogues, dont les deux compères les ont affublés, sont pour le moins corrosifs :


"- Personne ne pisse sur ma jambe droite, tu m'entends Macaroni ? PERSONNE !"



Sur le papier et à l'écoute, Killer Condoms s'avère particulièrement réussi, remplissant parfaitement son contrat : délivrer un OVNI cinématographique empreint d'un humour outrancier. Mais quel est le bilan visuel de cette étrangeté ?

Réussite complète mon général !
En effet, aux commandes des effets spéciaux se trouve Jorg Buttgereit. Celui là même, à qui l'on doit "Nekromantik" ou "le Roi des morts". Ce sera donc le plus irrévérencieux de nos cousins teutons qui est chargé de faire se mouvoir les petits préservatifs sur le plateau. Autant vous dire que l'effet est des plus bluffants. Les mouvements sont à la fois crédibles (si tant est qu'une capote douée de vie soit crédible) et très amusants. Le latex bondit, se plie, se déplie et mute en d'horribles préservatifs dotés de gigantesques mâchoires pénisovores.
Les verges tranchées et ingérées par les p'tits bout de caoutchouc sont elles aussi du plus bel effet.



"Mais alors", vous dites-vous pensif, vérifiant que le préservatif que vous stockez dans la poche arrière de votre jean n'a pas pris l'initiative de bondir hors de son emballage, "qu'est-ce qui cloche dans ce Troma ?"

A vrai dire absolument rien. Ce Troma là ne souffre d'aucune lenteur, ni d'aucune faiblesse. Des effets spéciaux aux acteurs, en passant par le scénario et les personnages, tout est net et sans bavure, tout en restant d'une infinie fraîcheur du fait de l'originalité de l'œuvre.

Mention spéciale à la scène de la morgue, qui est d'un mauvais goût à toute épreuve !
"- Celui là est mort étouffé par sa petite amie de 200 kilos. Elle dément les faits, mais le cadavre que j'ai sur les bras à la bouche pleine de poils pubiens. Ah ? Encore un !"

Pour faire court, un film qui a des couilles et du mordant !

Le design des "killer condoms" est signé H.R Giger






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