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A la suite d'un coup d'état, un Pharaon fait emmener son jeune fils Kah-to-Bey par Prem, le chef des esclaves qui lui a toujours été fidèle, à travers le désert afin qu'il le protège. Malheureusement, les conditions climatiques et le manque de nourriture causent la mort de l'enfant. Avant de mourir, celui-ci remet à Prem le sceau des Pharaons, lui permettant ainsi d'avoir l'honneur d'être momifié. Dans les années 20, une expédition archéologique est en route dans le désert afin de trouver la tombe du jeune Pharaon Kah-to-Bey, menée par Sir Basil Walden, Paul Preston, son ami Harry et la linguiste Claire de Sangre. Après une épouvantable tempête de sable, la petite équipe découvre enfin l'entrée du tombeau sacré. Le gardien de la sépulture, Hamid, ne semble pas apprécier cette intrusion et proclame que quiconque pénétrera dans ce lieu sera maudit. L'équipe est rejointe par les secours, conduits par le père de Paul, Stanley Preston, qui veut récolter toute la gloire de la découverte du corps de Kah-to-Bey. Stanley Preston fait ramener dans un musée d'Egypte la dépouille du jeune Pharaon, qui est placé sur un autel devant la momie de Prem, qui avait déjà été découverte auparavant. Mais bientôt, les paroles d'Hamid semblent se vérifier. Les membres qui ont profané le tombeau meurent un par un, assassinés par un être d'une grande puissance…



John Gilling a déjà deux belles réussites derrière lui dans le domaine de l'épouvante à la sauce Hammer : "l'invasion des morts-vivants" et "la femme reptile". L'année suivante, en 1967 donc, il décide de réaliser un troisième film pour le studio anglais mettant en scène la Momie, après "la malediction des pharaons" et "les malefices de la momie".

Le personnage de la Momie avait connu un grand succès dans les années 40 avec les films de la Universal, dans lesquels la Momie était interprétée par Lon Chaney Jr, qui avait lui-même été précédé par Boris Karloff en 1932. Ce qu'on pouvait reprocher à cette série de films, c'est qu'elle reproduisait quasiment le même scénario de vengeance divine, ce qui limitait quand même l'intérêt du spectateur à la longue.

Remise au goût du jour par l'immense Terence Fisher en 59, avec Christopher Lee dans le rôle du monstre aux bandelettes, La Momie, tout comme le Loup-Garou, ne fut pas une icône chez la Hammer, comme put l'être Dracula ou Frankenstein. Néanmoins, les trois films dans lesquels elle apparaît sont de bons films, et différents les uns des autres en plus, ce qui n'était pas le cas de leurs homologues américains.



Le problème avec "dans les griffes de la momie" est qu'on veut toujours le comparer avec le film de Fisher, et forcément, on le place plus bas que "la malediction des pharaons" alors qu'il possède bon nombre de qualités.

Et oui, reconnaissons-le, le film de John Gilling est un très bon divertissement, débutant comme un film d'aventures passionnant, pour glisser vers le film d'épouvante avec "la résurrection de la Momie".

La scène d'introduction, se déroulant à l'époque du règne du Pharaon, possède un charme naïf, car on se doute bien que tout se passe dans un studio de cinéma et non pas en Egypte. Cependant les décors, les costumes et la mise en scène font que ça passe très bien à l'écran.

L'expédition nous ramène au film d'aventures typique, avec paysage ensablé, dangers, recherche de tombeau, découverte, et bien sûr, mise en garde par le gardien. Des éléments inhérents au genre "mummy's movies", mais qui sont très bien amenés ici, sans temps morts (j'ai lu des critiques qui disaient qu'on s'ennuyait, ce ne fut pas le cas pour moi) et avec le plaisir de voir des personnages bien en place, dont le sympathique André Morell, acteur bien connu des fans de la Hammer, puisque étant apparu dans de nombreux films du studio comme "le spectre du chat", "le chien des baskervilles" ou "l'invasion des morts vivants" par exemple.



C'est après 45 minutes de film que l'on découvre enfin notre momie en action, rendue vivante grâce à Hamid qui lit les incantations présentes sur le linceul du Kah-to-Bey, et l'envoie donc châtier les profanateurs de sépultures. Le monstre revient donc de manière récurrente dans la suite du film, mettant en œuvre son action vengeresse. Le look de la créature est assez différent de celui des momies qu'on a l'habitude de voir, les bandelettes sont bien présentes, la différence notable se situant au niveau du visage. Pas d'enchevêtrement de bandelettes ici, mais comme un simple masque dont on devine aisément l'acteur dessous. Néanmoins, elle n'est pas ridicule, et remplit parfaitement son rôle. L'acteur, c'est Dickie Owen, et ce rôle ne lui est pas étranger, puisqu'il le jouait déjà en 1964 dans "les malefices de la momie" de Michael Carreras.

Qui dit film avec un monstre dit logiquement une actrice à faire hurler. Notre Momie s'en prend donc à Maggie Kimberly, charmante blondinette qui ne fera malgré tout pas une grande carrière puisque sa filmographie ne compte que trois long-métrages, dont "le grand inquisiteur" de Michael Reeves. Jouant le rôle de Claire de Sangre, la linguiste spécialisée en langue égyptienne, Maggie a une sorte de don pour prévoir si les événements futurs seront positifs ou non. La découverte du tombeau et des inscriptions sur le linceul lui mettent tout de suite la puce à l'oreille. Une intuition qui se révélera donc exacte, puisqu'elle deviendra l'une des proies de la Momie. Heureusement, dans tous films de monstres, il y a aussi un charmant jeune homme destiné à sauver les femmes en péril. Ca tombe plutôt bien…



Le final du film est d'une excellente facture, nous ramenant à la séquence culte du film "le cauchemar de dracula". En très bon artisan, John Guilling a réussi un bon film de momie, divertissant, rondement mené, au charme indéniable. Nettement sous-estimé, "the mummy's shroud" se doit d'être reconsidéré à la hausse, même s'il reste un film mineur de la Hammer.