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La police, menée par le shérif John Wydell, encercle la maison des Firefly, la famille timbrée composée de Mother Firefly, d'Otis Driftwood et de la ravissante Baby. Voulant venger la mort de son frère, policier lui aussi, victime du gang, Wydell donne l'assaut. Mother Firefly est faite prisonnière tandis que Baby et Otis parviennent à s'enfuir. Ils préviennent en chemin le Capitaine Spaulding de leur mésaventure. Celui-ci leur indique un endroit où aller le temps qu'il vienne les rejoindre. Une cavalcade meurtrière commence alors…



Rob Zombie, ex-chanteur du groupe White Zombie, avait surpris son monde en livrant en 2003 l'étonnant "the house of 1000 corpses", vibrant hommage aux films d'horreur qu'il vénère. Malgré les soucis que le réalisateur a eu avec Universal pour la sortie de ce film, une séquelle est mise en chantier, preuve que Rob Zombie ne se laisse pas décourager et c'est en 2005 qu'il nous propose la suite de son film, baptisée "the devil's rejects". Bien lui en a pris car il a réalisé une véritable petite bombe !

Attention, "the devil's rejects" n'a pas grand chose à voir avec son prédécesseur. L'aspect fantastique et grand guignolesque est ici totalement absent. On se retrouve en plein "road movie", violent, palpitant, apocalyptique. D'ailleurs, le film apparaît en total décalage avec l'époque où il a été réalisé. 2005 ????? Vous êtes sûr ?? Ne serait-ce pas plutôt les années 70 ? Car le film de Rob Zombie aurait très bien pu sortir à l'époque de "massacre a la tronçonneuse", de "la colline a des yeux", ou de "la derniere maison sur la gauche". "The Devil's Rejects" est une véritable déclaration d'amour aux films d'exploitation des seventies. Le côté réaliste des scènes qui défilent à l'écran, le grain de la pellicule, le tournage en plein jour, tous ces éléments nous ramènent à l'ambiance des films cités ci-dessus. On ne peut rêver meilleurs exemples…surtout que Rob Zombie a fait du très bon travail au niveau de la réalisation par rapport à "the house of 1000 corpses". Il montre un réel talent à filmer son histoire, des progrès ont été faits et cela saute aux yeux.



Le principal attrait du film nous vient des acteurs. "The Devil's Rejects" nous propose une panoplie de "gueules" à tomber à la renverse. On retrouve bien sûr l'excellent Sid Haig dans le rôle du clown se faisant appeler "Capitaine Spaulding", ainsi que Bill Moseley en terrifiant "Otis Driftwood" et la sublime et ultra sexy Sheri Moon Zombie pour incarner "Baby". Le personnage de "Mother Firefly" a une nouvelle interprète en la personne de Leslie Easterbrook, l'actrice du film précédant n'ayant pas repris ce rôle. Le film se concentre essentiellement dans sa première partie sur Otis et Baby. Toujours aussi cinglés, ils vont se livrer à un jeu macabre sur un groupe de musiciens de country qui a le malheur de se retrouver sur leur chemin. Froide, cruelle, la séquence où Otis oblige la femme du chanteur à se déshabiller et à lui murmurer des mots doux est assez malsaine car très réaliste. Le climat est particulièrement tendu, tension accrue par le comportement pervers de Baby, dont on se rappellera longtemps sa chanson "chinese, japanese, dirty knees, look at these…". On n'est pas loin de l'ambiance du film de Wes Craven, "la derniere maison sur la gauche".

Otis Driftwood apparaît dans ce film comme étant l'incarnation du mal personnifié. La scène où il emmène deux des musiciens en plein désert nous fait prendre conscience de ce fait. Otis est le Diable. Lorsque la lumière du soleil éclaire son visage pendant cette séquence, on croirait Jésus ! Mais un Jésus satanique. D'ailleurs, lors du final, Otis verra un clou s'enfoncer dans chacune de ses mains, punition se rapprochant de la crucifixion. Bill Moseley est vraiment terrifiant et totalement investi par ce personnage.



Parmi les autres "gueules" que l'on retrouve dans le film, on pourra citer Michael Berryman ("la colline a des yeux") , Ken Foree ("zombie"), Dany Trejo ("une nuit en enfer"), des tronches bien connues des amateurs, qui prendront vraiment plaisir à les revoir.

N'oublions pas William Forsythe qui campe le shérif Wydell. Ce personnage est l'un des plus charismatiques du film. Un peu à la façon de Dennis Hopper dans "massacre a la tronçonneuse 2", le shérif John Wydell ne fait pas dans la demi-mesure. Pour lui, un seul but : venger la mort de son frère en exterminant toute la bande du Capitaine Spaulding. Et peu importe les méthodes employées. En fait, le shérif Wydell est aussi dangereux et cinglé que les psychopathes qu'il traque. Il nous en donnera d'ailleurs la preuve à maintes occasions. Il porte toute la fin du film sur ses épaules, lors d'un final cataclysmique qui vous fera jubiler sur votre fauteuil !



Rob Zombie a également doté tous ses personnages hauts en couleurs de dialogues savoureux, dont certains vont faire date dans le genre ! Des répliques cinglantes, aiguisées comme des lames de rasoirs, qui élèvent encore le film dans les hautes sphères du film culte. Ajoutons à cela une musique très bien choisie, composée principalement de morceaux country, dont les paroles collent parfaitement aux images qu'elles accompagnent. Un peu comme ce qu'avait fait John Carpenter dans "christine".

Niveau violence, comme dit plus haut, c'est assez réaliste et sadique. Le pire étant le prélèvement du visage d'un musicien par Otis, celui-ci allant jusqu'à le déposer sur le visage de la femme du défunt. Morbide à souhait. La référence à "massacre a la tronçonneuse" est bien sûr dans tous les esprits. Impacts de balles, meurtre au couteau, "The Devil's Rejects" ne fait pas dans le gore outrancier mais s'inspire de la vie réelle ce qui donne l'occasion au technicien en FX de prouver son savoir-faire en matière d'horreur réaliste. C'est plutôt réussi !

Pour conclure, ce film risque de faire date chez les fans de personnages tarés, de "road movie" sanglant. Tout s'enchaîne dans une parfaite harmonie, mêlant violence, sexe, langage ordurier (je ne compte plus les "fuck" de la VO…), sang, folie humaine. Pour son second long métrage, Rob Zombie nous étonne, nous met une grande claque qui nous laisse KO. Chapeau bas monsieur Zombie, et revenez quand vous voulez…

Une sortie sur les écrans français serait finalement prévue !