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La jeune Wei est la martyre de sa famille. Traitée comme une chienne par son frère et sa mère, bafouée par sa mère, humiliée par son père, Wei ne trouve de réconfort que dans les bras de Kin, un beau policier dont elle est follement amoureuse. Un jour, Wei se rend au commissariat pour annoncer que sa famille a été entièrement massacrée. L'inspecteur Lui, accompagné par une nouvelle recrue, se charge de l'enquête...



"Daughter of Darkness" fait partie des films de "catégorie 3" les plus prisés à Hong Kong. Son succès engendra une suite logiquement intitulée "Daughter of Darkness 2" ainsi qu'une sorte de version alternative masculine avec "Brother of Darkness".

Rappelons juste au néophyte que cette fameuse classification "3" désigne des films "trashes", immoraux, où la violence extrême et l'érotisme règnent en maître, où le langage ordurier est préféré au langage soutenu, où les situations scabreuses sont légions. Ce sont des films interdits aux mineurs et certains réalisateurs sont passés maîtres dans ce domaine, comme Herman Yau par exemple, avec les fleurons du genre que sont "Ebola syndrôme" ou "The untold story".

"Daughter of Darkness" pourrait être classé dans le genre "rape and revenge" puisque nous allons assister à la triste vie d'une jeune femme, puis à sa vengeance envers les personnes qui l'ont maltraitée.

Le film peut être divisé en trois parties: l'enquête (particulière!) de l'inspecteur Lui et de son assistante, la vie de la pauvre Wei et enfin sa vengeance.



Le film nous présente donc le fameux inspecteur Lui, joué par le célèbre Anthony Wong. Il est d'ailleurs rare de le voir jouer le rôle d'un policier. Mais rassurez-vous, des inspecteurs comme ça, vous n'en verrez nulle part ailleurs! Le personnage de Wong est en effet un être totalement immoral, obsédé par les seins des femmes, et qui emploie des méthodes fort peu orthodoxes lors des interrogatoires qu'il mène, afin de faire "coopérer" ses détenus. Mais ce n'est rien comparé à ses méthodes d'investigation, qui en feront hurler de rire plus d'un (sous peu d'avoir de l'humour tendance "noir"!). Pour déterminer l'heure du décès? Simple! Il lui suffit de tâter les seins des cadavres pour tester leur fermeté après la mort. Pour voir s'il y a eu viol? Simple! Il lui suffit de renifler entre les jambes des cadavres... On nage en plein dans la "cat 3" mais ces séquences passent plutôt bien car Anthony Wong force outrageusement les traits de son personnage, et les situations en deviennent réellement comiques! Je passe sous silence la séquence de la reconstitution du massacre de la famille de Wei, hilarante! Les amateurs de mauvais goût seront donc aux anges avec cette première partie, présentant une enquête policière hors du commun. L'érotisme sera présent également, mais cette fois de manière romantique, puisque mettant en scène la jolie Wei et son compagnon Kin sous une douche, le tout bercé par de la douce musique jouée au synthétiseur.



La seconde partie du film commence lorsque l'inspecteur Lui, pas idiot non plus, soupçonne Wei d'être la responsable du massacre de sa propre famille. En lui demandant de raconter ses dernières journées, nous allons découvrir avec lui la triste vie de Wei, ce qui nous fera prendre pitié d'elle et on lui pardonnera bien vite ses agissements.

En effet, la pauvre Wei est la souffre-douleur de sa famille. Une famille complétement dégénérée, allant du père (beau-père même) obsédé de sexe trompant sa femme à tout bout de champ, celle-ci lui rendant bien la pareille même s'ils se retrouvent pour des ébats plutôt "hot"! Une soeur et un frère qui n'ont aucun amour pour Wei, volant ses affaires, lui criant dessus, s'en servant comme d'une esclave. Une situation familiale catastrophique donc, qui trouvera son point culminant lorsque son père, totalement saoul, abusera d'elle. Le point de rupture a été franchi pour Wei, qui arrive quand même à sourire dans les bras de son fiancé, Kin, un policier n'hésitant pas à la défendre contre sa famille. Une très belle scène d'amour sera également présente, toujours entre Wei et Kin, ce qui contrastera avec le reste de cette seconde partie, où humiliation, viol, scène gratuite de nudité seront les maître-mots. Le spectateur souffre avec Wei, les images sont très crues, sans humour, malsaines, dérangeantes.



Vient enfin la partie "vengeance", qui fera apparaître quelques débordements sanglants, sans toutefois être très excessifs. Mais encore une fois, c'est filmé de façon réaliste, dérangeante (en particulier la noyade et la strangulation de la soeur dans une baignoire, particulièrement sordide) et nous met mal à l'aise.

La fin est par contre très triste et nous ferait presque verser une petite larme.

"Daughter of Darkness" mérite grandement ses galons de "cat 3" corrosive. J'ai vraiment adoré le film, la réalisation tient la route, les situations passent du comique troupier au sordide malsain, l'immoralité et le scabreux sont vraiment bien représentés. Anthony Wong est terrible dans le rôle du policier et Lily Chung, qui sera la star de "Red to kill" l'année suivante, est particulièrement émouvante et convaincante. Bref, un film réussi, à réserver néanmoins aux spectateurs avertis.








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