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Jordan White et Amy Blue sont un couple de jeunes gens vierges et agités, à la vie plutôt tranquille. Lors d'une soirée a priori banale, un jeune homme blessé se jette sur le capot de leur voiture et rentre dans le bolide. Ce garçon là, c'est Xaxier Red, que Jordan appelle affectueusement X. Amy cherche à s'en débarrasser au plus vite mais ne sera pas au bout de ses surprises : menacée avec Jordan par un épicier maniaque, elle verra Xaxier le descendre accidentellement mais non sans quelques taches. Le trio est en cavale, mais verra bien pire sur sa route…



Tout comme de nombreux réalisateurs, Gregg Araki s'est construit sa propre trilogie, entièrement focalisée sur une nouvelle jeunesse américaine paumée et rongée continuellement par le sexe et la mort. S'il se refuse au réalisme documentaire parfois déroutant de Larry Clark, il préfère une mise en scène stylée et déjantée, voire même riche.

Cette trilogie est donc composée de "Totally F***ed Up", "The doom Generation" et "Nowhere". Ces trois films sont hantés par la présence du jeunot James Duval, que certains ont certainement vu en punk massacré à coups de ciseaux dans "May". Un talent surprenant et juste, au service donc des films les plus controversés, et même les plus cultes, de Araki.



Moins polar que "Perdita Durango", plus trash et moins lynchien que "Sailor & Lula", en fait "The doom generation" semble être le petit cousin de "Tueurs nés" (et pour cause, ils ont été réalisés presque la même année). Mais contrairement aux trois films cités, il s'agit bien d'un road movie hyper violent mais cette fois posé sur un trio, et non un couple. Un trio composé de trois personnalité différentes, et pourtant fortement liées : Jordan est un romantique sympa et timide, Amy est une petite peste qui a son caractère mais cache une âme bien plus sensible qu'elle n'y parait, et Xaxier "l'intru" est un bellâtre sexy et assassin.

Suite à un meurtre précipité, les trois jeunes gens se trouvent piégés par un destin inexorable, auquel ils ne peuvent échapper. Xavier se révèle bien plus dangereux qu'on ne le pense mais ne constitue en aucun cas le méchant du film, d'ailleurs il n'y a pas de héros précis : les trois protagonistes forment un seul et unique anti-héros.



Pervers, vulgaire, fascinant, séduisant parfois par son obscénité, Xavier reste la bête noire de Amy, qui se laisse cependant aller à quelques moments de sexe sauvage avec lui quand elle le veut bien. N'ayant aucune objection à sa présence, Jordan n'aura jamais la relation homosexuelle qu'on attend plus ou moins avec Xavier. Il n'y aura strictement rien, juste une certaine tension sexuelle entre les deux hommes, faisant passer leur homosexualité refoulée par Amy. La mention "un film hétérosexuel" attribuée au film pendant la générique de début n'est donc, d'une certaine manière, pas fausse.

Araki filme d'ailleurs ces scènes érotiques sans montrer la nudité de ses interprètes (sauf dans la scène du bain) tout en les rendant parfaitement crues. Crudité qu'on retrouve dans les dialogues, qui ne trouvent aucune limite. Les oreilles sensibles auront forcément très mal ! La violence se montre quant à elle (du moins avant la fin) limite cartoonesque, et verse joyeusement dans le gore : un épicier se fait décapiter avec son fusil et continue de parler (!!), un pauvre type au bras arraché se prend le membre en question en pleine poire et un autre se fait enfoncer une épée dans l'entrejambe. Une violence qui ne fait pas mal, mais amuse, et éclabousse bien !



Vision décadente et apocalyptique de l'Amérique, "The doom Generation" marque un "no future" direct sur le front de la nouvelle jeunesse US. Araki affiche sans cesse des petits détails et symboles à travers son métrage pour guider le spectateur sur le destin pessimiste de ses héros : le chiffre 666 revient constamment, et surtout sous la forme de 6$66, et certaines personnes bizarroïdes se mettent à poursuivre Amy, alors que celle-ci ne les connaît pas du tout (on citera la scène où Jordan remarque que le répondeur de ses parents vient subitement de couper). Lorsque le trio pourra vivre enfin ses fantasmes suprêmes, la terrible Amérique, la violente, la castratrice, les rattrapera violemment lors d'une scène finale éprouvante et insupportable, car inattendue. D'ailleurs le nom de famille des personnages (Red, Blue, White) renvoit au drapeau américain, qui aura une fonction fort surprenante lors du final en question.
Araki frappe fort, se moque de la censure (le chien écrasé ou le gros plan sur Xavier en train de lécher son propre sperme), et livre une œuvre grinçante et forte, assurément choc !






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