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Au début du siècle, Elvira traîne sur les routes campagnardes des Carpathes avec sa servante Zou Zou, à la recherche d'un aimable cocher qui pourrait éventuellement l'emmener à Paris où elle doit organiser un formidable show. Suite à un concours de circonstances, elle se retrouve catapultée dans l'étrange château du Lord Hellsubus. Celui-ci n'est plus le même depuis la mort subite de sa femme, qui se serait suicidée sous l'impulsion des forces maléfiques du château. Mais le plus étrange dans la malheureuse histoire, c'est que la pétillante Elvira ressemble beaucoup trop à la défunte, en tout cas assez pour provoquer un vent de folie et d'horreur sur le château.



Réputation culte oblige, "Elvira, maîtresse des ténèbres" aurait pu avoir une suite dans le courant des années 90, et ceci sans réel problème. Entre temps, Cassandra Peterson stoppe son show "Movie Macabre" en 1993, au grand dam de ses fans. En tout elle laisse suffisamment de marques dans les mémoires et de merchandising dans certains catalogues, pour qu'on garde un grand souvenir d'elle !

A la surprise générale, la maîtresse des ténèbres revient en 2001 avec un nouveau film, qui ne suit cependant pas la trame du premier volet. En même temps, difficile de faire une séquelle à partir d'un happy end où les problèmes de la belle ténébreuse se sont tous envolés.



On change du coup d'époque, de personnages, d'ambiance et même de style: fini la comédie méchante et vulgaire (mais tellement savoureuse quand même), "Elvira et le château hanté" fait place à un comique débridé rejoignant davantage les ZAZ ou "Austin Powers".

En tout cas on se rapproche beaucoup plus ici surtout des ZAZ (voire de Mel Brooks), puisque l'humour pipi-caca tant répandu de nos jours n'est (heureusement) pas au rendez-vous. En fait, Sam Irving semble vouloir marcher sur les traces comico-fantastiques de "Frankenstein Junior" et de "Dracula mort et heureux de l'être", ambiance et humour parodique à l'appui. Le film s'adonne donc au comique facile, plus ou moins lourd, souvent proche du cartoon.



Menée par un charlatan dans un château mystérieux, Elvira devra faire face à des événements imprévus et une galerie de personnages tous aussi frappés qu'elle: une blondasse au joufflu maladif (oui faut comprendre…), une comtesse hystérique, un docteur tripoteur, un Lord tourmenté et hypocondriaque, un serviteur baraqué et timide… Derrière les murs du château, des secrets bien sûr, et pourquoi pas des fantômes!

Si l'humour n'est pas toujours très habile, Elvira garde la forme (et les pleines formes !!!) et s'amuse comme une gamine: elle crie, roule des yeux, danse, chante, joue du piano, se montre joyeusement anachronique… Un peu comme dans le premier volet, les vannes redoutables en moins (quoique…). Son goût pour les hommes musclés, les allusions et les gags récurrents sur sa très très fameuse poitrine, ses grimaces, son humour, son énergie: on retrouve au moins ça et ça fait toujours plaisir !! Si le casting reste sans particularités, on remarquera cependant la présence du bizarroïde Richard O'Brien (le valet bossu et squelettique de "The Rocky horror picture show" quand même), cabotinant (parfois trop) à outrance. En bref, il reste toujours aussi "space"!



Plaisant pour le come-back de Elvira mais aussi pour ses clins d'oeil, "Elvira et le château hanté" parodie ouvertement les films du tandem Poe/Corman. "La chute de la maison Usher" et "La chambre des tortures" sont très souvent cités, et Irvin va jusqu'à repiquer quelques éléments récurrents des deux chefs-d'œuvres: vierge de fer, pendule (basculant cette fois dans le sens de la longueur), mari fou, adultère, château, fantômes du passé, profanations de sépultures, enterrée et emmurée vivante, vengeance… Un petit clin d'œil à "Shining" est même de passage lors de l'intro du film.

Problème de budget ou médiocrité volontaire, le château sonne littéralement faux et sent beaucoup trop le carton pâte. Impossible de saisir une bonne ambiance dans de telles conditions malgré des extérieurs tournés réellement dans les Carpathes. On pourra penser que le défaut est voulu étant donné certaines remarques de Elvira face à quelques effets ratés ou au doublage raté du valet. Ce qui n'empêche pas des mises à mort assez cheap mais parfois ingénieuses (découpage au pendule, escalier ecrabouilleur, mécanismes meurtriers…). Toujours inédite à la vente chez nous (elle est disponible à la location), cette sympathique comédie ne casse certes pas des briques, mais se permet de faire passer un bon petit moment avec la succulente Elvira. Attention tout de même, le film reste avant tout destiné aux fans de la demoiselle, car sinon, vous risquez sûrement de passer un assez mauvais moment…








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