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Nous sommes en 2035. La société US Robotics a conçu des robots qui servent les êtres humains. Chauffeur de taxi, aide à la maison, barman, les robots facilitent la vie de tous les jours et sont parfaitement intégrés dans la société. Tout cela a été rendu possible grâce au docteur Alfred Lanning, chercheur spécialisé en robotique et qui a inclu dans le code génétique des robots trois lois qui les empêchent de faire du mal à un humain. Le détective Del Spooner, parfait "robotophobe", se voit amené à enquêter sur l'apparent suicide du docteur Lanning. Pour Spooner, aucun doute, c'est un robot qui est responsable de la mort de Lanning. Son principal suspect est un androîde du nom de Sonny...



1994. Alex Proyas, spécialisé dans le clip vidéo, réalise d'entrée de jeu un chef d'oeuvre gothique culte, "The Crow", avec le défunt Brandon Lee. En 98, il récidive avec une oeuvre très personnelle, "Dark City", offrant aux spectateurs des visions jamais vues auparavant. Récupéré par les grands Studios, la 2Oth Century Fox dans le cas qui nous intéresse, Proyas se voit nanti d'un budget très conséquent et va devoir diriger la star Will Smith dans un film de science-fiction, avec pour obligation de faire de l'argent et d'en mettre plein la vue aux spectateurs. Le projet se nomme "I, Robot", le scénario utilise des idées de l'écrivain culte Isaac Asimov. Nouveau chef-d'oeuvre de la SF en perspective ?

La réponse est évidemment : Non.

"I Robot" est un bon blockbuster, bien réalisé, bourré d'effets-spéciaux très réussis mais ce n'est pas "Blade Runner".

La séquence d'introduction nous fait même plutôt peur, mais dans le mauvais sens du terme. On y voit Will Smith se réveiller d'un cauchemar, et se balader en caleçon dans sa chambre, prendre une douche nu, faire de la musculation. Houlà...le film va-t-il être entièrement bati sur le charisme de l'ex-"Bad Boys" ??




Il est vrai que le film est rempli de clichés et que Will Smith reste Will Smith, bien qu'il en fasse un peu moins que dans ses autres films. Néanmoins, vous retrouverez des phrases "qui tue" et une façon de marcher ou de se comporter qui rappelle encore "bad boys". De plus, on pourra trouver que le film est une gigantesque publicité à lui tout seul. Il serait difficile de dénombrer le nombre de marques citées dedans. Mais heureusement, il n'y a pas que ça.

"I, Robot" se sert donc des trois lois inventés par Isaac Asimov pour gérer les robots. Ces lois sont :

- Loi 1 : un robot ne peut faire de mal à un être humain, ni le laisser exposé à un danger.
- Loi 2 : Un robot doit obéir aux ordres des humains, sauf si ces ordres s'opposent à la première loi.
- Loi 3 : Un robot doit protéger son existence tant que ça ne s'oppose pas à la première et seconde loi.

A partir de ces lois, il est donc logiquement impossible à un robot de faire du mal ou de tuer un être humain. C'est ce qui fera tout l'intérêt de l'enquête. En est-on vraiment arrivé là? Car c'est une chose tout à fait concevable pour le détective Spooner, qui voue une haine farouche aux robots, haine qui trouvera son explication au milieu du film. Une haine si présente qu'il n'hésite pas à chercher n'importe quel prétexte pour prouver qu'il a raison. Prétexte qui n'a jamais abouti jusqu'ici, lui valant les réflexions de son chef. La découverte du suicide de son ami, le docteur Lanning, concepteur des robots, va être pour lui la chance de sa vie.

Alors qu'il va mettre sur le marché une nouvelle race de robots, les NS-5, Lanning est retrouvé mort devant le bâtiment d'US Robotics, s'étant défenestré d'une hauteur vertigineuse. Une scène originale, où on voit Lannig parler à Spooner alors qu'il n'est en fait qu'un hologramme, son corps mort se trouvant derrière lui. Vraiment très fort! Spooner va être secondé par le docteur Susan Calvin, assistante de Lanning. C'est en cherchant dans le laboratoire de Lanning qu'il découvre qu'un androïde est présent sur les lieux du suicide. Voyant le robot s'enfuir, Spooner est sûr de détenir la preuve que les robots peuvent échapper au contrôle humain.

Nous venons donc de voir le trio magique du film. Un détective, une jolie femme qui voue sa vie aux robots et un androïde suspecté d'avoir tué un humain. C'est par ce trio que Proyas va développer son histoire, mais aussi sa parabole sur la notion de différence, de respect de l'autre, sur le fait qu'il ne faut pas s'arrêter à sa première impression. Spooner déteste les robots mais a-t-il tenté de dialoguer avec eux, de les découvrir? Non. Mais ce robot suspect, baptisé Sonny, va changer sa vision des choses. Car Sonny n'est pas un robot comme les autres. Il est unique dans son genre et va faire tomber les barrières de la haine. Un bien beau message qui prendra toute sa dimension lors d'un final spectaculaire mais aussi très émouvant. Mais Proyas nous met aussi en garde contre la robotique, tout comme le faisait "Terminator". Jusqu'où l'intelligence artificielle peut-elle aller? Que se passerait-il si tout venait à dysfonctionner? Que pourrions-nous faire contre une attaque de machines?



Du spectaculaire, il y an a à revendre dans "I, Robot". Malgré quelques effets-spéciaux pas très bien intégrés (on devine Will Smith devant un écran bleu certaines fois...), on est emerveillé la plupart du temps. Les robots sont plus vrais que nature, en particulier Sonny, qui est capable de ressentir des émotions et de nous les faire partager. On le prend vraiment en sympathie alors que ce n'est qu'une machine. Des morceaux de bravoure sont bien évidemment présents, comme la poursuite en voiture dans un tunnel d'autoroute, très spectaculaire, ou la fabuleuse révolte des robots, bien plus impressionante que l'attaque des clones de "Star wars 2". Le combat final est également un grand moment. Les décors futuriste sont parfaitement rendus et il y a de nombreux détails en arrière plan qu'il ne faut pas louper. Bref, niveau design, Proyas a encore fait fort.



Le film se laisse donc suivre sans ennui, divertit, fait sourire avec les phrases de Will Smith, émeut avec Sonny. Un blockbuster bien pensé finalement, mais qui laisse un petit arrière goût de déception. Qu'aurait été le film sans star? Qu'aurait été le film si Proyas avait eu champ libre total? On se laisse à penser à un film plus sombre, plus sérieux, qui aurait vraiment été un monument de la SF. "I, Robot" n'est au final qu'un bon film de divertissement. Bon, monsieur Proyas, vous nous le refaîtes votre film?








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1.02

Les méchants ont une lumière rouge et les gentils ont une lumière bleue. Voilà, la seule idée (débile) de cette merde. Converse, JVC, Audi, Fedex et la robot s'appelle Sonny ! Un film de pub de 2 heures, il fallait y penser. Will Smith est, comme d'habitude, juste nul, mais il est cool, alors ça va. Allez hop, poubelle.