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Spécialiste des serial-killers, la psychiatre Helen Hudson est agressée par l'un d'eux après qu'elle ait donné une conférence. Profondément choquée, elle vit dorénavant calfeutrée dans son appartement victime d'agoraphobie. La situation dure depuis près de treize mois lorsqu'une succession de meurtres la "pousse" à appeler la police pour les aider. D'abord méfiants, les inspecteurs Ruben Goetz et Monahan finissent par considérer Helen Hudson comme un élément essentiel pour comprendre les motivations du tueur. Revers de la médaille, cette dernière n'est plus à l'abri même dans son appartement que le tueur se permet de visiter quand il le souhaite, ni via son ordinateur (où Helen reçoit des messages qui lui sont directement destinés).



Attention, quelques petits spoilers révèlent des détails de l'histoire.

Dans la droite lignée des films de serial-killers qui ont fleuri dans les années 1990 ("Le silence des agneaux", "Seven"), le film de Jon Amiel s'intéresse aux méfaits d'un d'entre eux. Mais dans une approche sensiblement différente. En choisissant un tueur qui plagie les meurtres des plus célèbres tueurs en série que l'Amérique ait connu. Tueur que l'on nomme copycat.
Le tueur du film qui dévoile petit à petit des indices à la psychiatre Helen Hudson, s'inspire de la liste que celle-ci a donné lors de sa dernière conférence. Ainsi, il reproduit les meurtres d'Albert DeSalvo plus connu comme l'étrangleur de Boston (dont les méfaits remontent entre le 14 juin 1962 et le 4 janvier 1964), Bianchi et Buono qui laissaient leurs victimes sur une colline, David Berkowitz qui chassait ses victimes à coups de fusil, Jeffey Dahmer qui lui s'en prenait à des hommes et enfin Ted Bundy. Un beau panel de tueurs aux pratiques criminelles d'une précision chirurgicale. Ce qui "contraint" notre copycat à reproduire les moindres détails sur les scènes de crimes (par exemple, une jeune fille est laissée près d'une décharge comme dans le cas Bianchi et Buono, ou encore une autre est tuée près d'une station service comme le faisait Berkowitz).



Tous les détails concernant la méthodologie des serial-killers rendent encore plus palpitant ce thriller brillamment interprété, avec en tête une Sigourney Weaver au meilleur de sa forme. Elle y interprète une femme à la fois forte et sûre d'elle, mais aussi fragile et qui a besoin de réconfort (qu'elle trouve dans l'alcool ou dans des discussions avec des anonymes d'internet). Dans un décor en quasi huis clos, elle fait pénétrer le spectateur dans sa "folie". La caméra la suit au plus près, notamment pour générer l'impression d'agoraphobie lorsqu'elle est en contact avec le monde extérieur. Un monde dont elle essaie désespérément de se couper. En vain car l'impression de sécurité d'Helen Hudson est plus illusoire que réelle puisque des intrus entrent dans son appartement, qu'ils y aient été invités (la police) ou non (le tueur). L'intrigue suit non pas un fil rouge mais une robe de la même couleur tout au long du film. Couleur qui tranche avec les couleurs plutôt neutres. C'est cette robe que porte Sigourney Weaver au début et à la fin du film, et elle fait une "réapparition" en plein cœur de l'histoire.



La psychologie des personnages est plutôt bien rendue. Au point qu'une scène assez émouvante lors de la mort de Reuben (Dermot Mulroney) nous sensibilise vraiment à l'action qui se déroule devant nos yeux. Quant aux méfaits du tueur (le but premier de tout thriller qui se respecte), ils viennent émailler sans trop de surprises l'intrigue policière.

Dans un habile jeu du chat et de la souris, le tueur s'en prend à la psychiatre car son but est de l'impliquer malgré elle dans l'enquête. Ce qu'il réussit fort bien. C'est l'intervention du copycat qui "oblige" malgré elle Helen Hudson à sortir de chez elle. Pour un dernier acte qui prend place là où tout a commencé. Maintenant, c'est à la psy de chasser ses démons et d'affronter le tueur. Pour pouvoir être enfin libre ?



Sans bénéficier d'une mise en scène exceptionnelle, "Copycat" se rattrape largement par ses acteurs (notamment le duo féminin Sigourney Weaver- Holly Hunter) et constitue un des meilleurs films sur le sujet. D'autant plus qu'il permet d'aborder le thème d'une Amérique contemporaine en proie au doute, créatrice de cette nouvelle race de criminels que l'on nomme serial-killers.








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