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A la vue de l'affiche de cette distribution Troma, le quidam ne pourra qu'anticiper que ce à quoi il va assister n'est pas un Troma comme les autres. Ici pas de couleurs vives, pas de titre rigolo. Un mot; un seul : "Unspeakable". James rentre de soirée en compagnie de sa femme et sa fille. Alors qu'il conduit, une querelle éclate entre lui et sa femme. Dès lors, il n'est plus attentif à sa conduite et l'inévitable se produit. Sa fille laissera sa vie dans cet accident, et sa femme ne sera plus qu'un zombie. A la perte de sa fille, James perd petit à petit pied, et la réalité semble s'étioler devant ses yeux emplis de larmes. Ces larmes qui vont rapidement alimenter sa rage, son besoin de retrouver sa fille quoi qu'il en coûte – et il va en coûter.



Ce long métrage –dont le titre fait référence à quelque chose de si terrible, qu'il ne peut rien en être dit– de Chad Ferrin's tranche avec une partie du catalogue Troma. Bien loin des "Citizen toxie" et autres "Atomic college", "Unspeakable" est en effet plus proche de "Suicide" tant son sujet est abordé de façon abrupte.
Lloyd Kaufman, jamais avare de superlatifs, qualifie d'ailleurs ce film de "plus dérangeant du siècle." Si cette affirmation est loin d'être vraie ("Maniac", "Untold Story" mériteraient amplement cette appellation…), elle n'est cependant pas sans fondement. Le film transpire haine et perversions, ce faisant s'établit une surenchère d'avilissement de toutes sortes.



Sans nul doute "Unspeakable" aurait-il raison des estomacs et esprits fragiles. En effet l'ambiance malsaine du film est portée à bout de bras par deux vecteurs.

Le premier est une mise en scène intelligente, qui sait se faire discrète, tout en appuyant fortement les sentiments qui se dégagent du métrage. Le héros erre en costume, cravate au vent, dans des quartiers crasseux, cours des miracles du XXe siècle, où s'entassent dealers, prostituées et clochards. Parfois il s'arrête le regard complètement vide, puis vient le tourbillon de violence – qui n'est autre que le chagrin de James qui s'épanche de son cœur.
Ces scènes atteignent leur paroxysme grâce à la bande originale du film, une mélodie à la fois mélancolique et malsaine, jouée simplement à la guitare.



Le second élément fédérateur de la réussite du film est le casting. Même si les acteurs semblent parfois atteindre leurs limites (sentiment fort probablement induit par la post synchronisation du métrage), ils ne cessent jamais d'être crédibles. Toutes les atrocités accomplies devant la caméra revêtent une froide authenticité, apporté par un jeu d'acteur intimiste.

Assister à la décadence ainsi rendue, du personnage principal, et au déchaînement d'une violence désespérée, devient rapidement éprouvant. Il en devient donc aisé de prendre James en pitié, cela malgré les actes "innommables" (si le métrage de Ferrin était sorti en France ce serait probablement son titre) dont il se rend coupable.



Quand bien même le film regorge de qualité, il n'en contient pas moins certains défauts. Des défauts pour la plupart inhérents aux films de genre à petit budget.
Le plus gênant étant le bruit qui s'appose sur l'image lors des scènes sombre. "Unspeakable" étant presque exclusivement tourné de nuit, cela altère légèrement l'impact artistique du métrage.
En outre, certaines scènes de dialogues sont rendues peu audibles par une bande originale trop mise en avant.

Mais ce ne sont que des détails.

Toutefois l'histoire est quelque peu bancale, et la légitimité de cette surenchère de violence et de vices peut être remise en cause.
Un très bon film malgré tout.








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