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Réalisation
Norio Tsuruta

Scénariste
d'après Junji Itou

Date de sortie
2001

Genre
spectres

Tagline


Cast
Maho Nonami
Kou Shibasaki
Grace Yip Pui-Man
Shunsuke Matsuoka


Pays
Japon

Production


Musique
Shinichiro Ogata

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(4 votes)
Junji Itou, ça vous dit rien ? Grand "mangaka", on lui doit plusieurs séries à succès qui se sont déclinées en adaptations cinématographiques. Parmi les plus connues, on peut citer la série des "Tomie" (à laquelle je reviendrai prochainement), l'excellent "Uzumaki" et enfin le film qui nous intéresse, à savoir "Kakashi". Empli de mystère et d'émerveillement, l'univers de Itou est incontestablement riche et passionnant. Et contrairement à un Stephen King, les versions cinémas des mangas d'Itou s'avèrent jusqu'à aujourd'hui toujours réussies. La réalisation a donc été confiée à un certain Norio Tsurata. Vous allez me dire, mais qui est-ce encore ? En fait, vous le connaissez un peu près tous car il s'agit du metteur en scène de "Ring 0". Préquelle qui s'est avérer très bonne d'ailleurs. Tsurata a des capacités, on ne peut que l'approuver. Maintenant sait-il s'adapté à l'univers de Junji Itou ? Voyons cela.



Kaoru Yoshikawa n'a plus de nouvelles venant de son frère Tsuyoshi. Elle se rend dans l'appartement de ce dernier et y découvre une lettre d'une certaine Izumi Miamori. Celle-ci était une ancienne camarade de classe de Kaoru. Dans cette lettre Izumi demande à Tsuyoshi qui la rejoigne dans un village dénommé Kozukata. Kaoru décide donc de s'y rendre.
Pendant son trajet qui se situe dans une forêt entourée de montagnes, elle fait face à un tunnel qu'elle doit traverser. Elle s'y engage avec sa voiture, mais cette dernière tombe en panne dans le tunnel. Kaoru doit alors continuer à pied son périple.
Elle rencontre un étrange homme qui range des épouvantails dans une camionnette. Guère causant, il dira juste à la jeune fille qu'il fait cela car un genre de festival d'épouvantail dans le village est prévu.
Kaoru continue alors sa marche et arrive enfin dans le fameux village. Là, elle se rend chez les parents d'Izumi où la mère l'accueille très froidement, au contraire du père qui semble bien vouloir aider la jeune femme.
Malheureusement Kaoru doit rester jusqu'à que sa voiture soit réparée, et elle ne va pas être au bout de ses surprises.



Etrange, angoissant, simple, passionnant. Voici quelques mots que l'on pourrait facilement attribuer au métrage. La grande force de Itou est de savoir intégrer des éléments étrangers dans un environnement pour le moins classique voir conventionnel.
Kaoru est d'abord victime de l'hostilité flagrante des gens du village. Mais qui sont-ils, pourquoi réagissent-ils comme cela ?
Le spectateur est ainsi entraîné dans un tourbillon de questions et se laisse emporter dans cet univers particulier.
En cela, tout comme "Uzumaki", "Kakashi" n'est pas vraiment un film de frayeur. Certes quelques scènes ont cela comme objectif, je pense notamment au spectre de Izumi mais le métrage se concentre essentiellement sur son aspect d'ambiance.
Puisque l'ambiance est parfaitement retranscrite sur l'image. Déjà Tsurata avait montré son talent dans "Ring 0" avec toute cette dernière partie vraiment étrange et l'apparition flippante à souhait de Sadako. Ici on retrouve cette même efficacité et réalisme.
En outre, il n'est pas étonnant de s'apercevoir que le film va crescendo au niveau de la terreur et le final est aussi réussi voir peut être supérieur à celui de "Ring 0".



Mais indépendamment de cela, et de la mise en scène sobre mais efficace de Tsurata, "Kakashi" mise beaucoup sur ses épouvantails. Thème majeur, ils imposent une aura importante et une grande source de mystère. Même à la fin du métrage, on se pose beaucoup de questions, toutes les personnes du village sont-elles des épouvantails ? On ne le saura pas.
Tsurata réussit ici l'exploit de rendre ces figures effrayantes, on conservant il faut l'avouer, une thématique très proche des "kwaidan". Encore une fois, je suis obligé de citer "Ring" tant le travail de la lumière et du son s'en approche.
Mais là n'est pas un défaut. "Kakashi" n'étant pas vraiment un "kwadain", d'ailleurs je peine à savoir réellement dans quoi le classer. Néanmoins oublier des scènes comme celle où Kaoru se rend compte qu'elle parle à coté d'un épouvantail et l'attaque finale qui renvoie bizarrement presque à l'assaut de "La nuit des morts vivants" s'avèrent franchement impossible.



Importante et d'une grande beauté, la musique du film permet d'immerger encore plus le spectateur. A la fois angoissante et mélancolique, elle montre à quel point ce genre de film se doit d'être accompagnée d'une partition musicale d'un haut niveau. Car le film aborde aussi le thème de l'amour, l'amour contrarié plus précisément avec le cas de Izumi. Celle-ci aime le frère de Kaoru, et Kaoru aime plus que tout son frère, la preuve puisqu'elle le recherche intensément dans ce village. La conclusion du récit est à ce point d'une rare beauté, apportant une réelle émotion, ce qui est plutôt rare dans ce domaine-là.
N'oublions pas le ton juste employé par l'ensemble des acteurs et la beauté de Kaoru. Interprété par Maho Nonami, je dois avouer avoir été charmé par cette jeune actrice. Simple, belle, avec une voix craquante (et c'est bien la première fois que je trouve une voix japonaise craquante), cette fille a tout pour plaire. J'espère en tout cas la revoir dans un film fantastique, il faut savoir qu'elle a été élue meilleure nouvelle actrice au 8ème "Japan film festival".
Bref "Kakashi" est une réussite cinématographique et à la fois en terme d'adaptation. Norio Tsurata est encore un réalisateur japonais à surveiller de très près.



5/6 - Anonymous





Du même réalisateur :

DARK TALES OF JAPAN
RING 0