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Réalisation
Elem Klimov

Scénariste
Ales Adamovich & Elem Klimov

Date de sortie
1984

Genre
ultraviolence

Tagline


Cast
Aleksei Kravchenko
Olga Mironova
Vladas Bagdonas
Juris Lumiste


Pays
U.R.S.S

Production


Musique
Oleg Yanchenko

Effets spéciaux



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Moyenne: 5
(7 votes)
Pendant la seconde guerre mondiale en Biélorussie, le jeune Florya refuse d'écouter sa mère et s'engage dans le groupe de résistants agissant non loin du domicile familial. Tout semble aller pour le mieux, surtout quand le jeune garçon se lie d'amitié avec une superbe jeune paysanne, flanant souvent avec les résistants. Mais petit à petit, les événements les plus incongrus s'enchaînent, transformant rapidement la vie du jeune garçon en véritable cauchemar, et pour le transformer à jamais.



Au rayon "film choc" du septième art, "Requiem pour un massacre" est une œuvre qui s'impose largement, loin des délires du cinéma d'exploitation ou de la banalité du cinéma commercial, abordant la rencontre entre l'enfance et les horreurs de la guerre.

Jamais excessif ou gore dans sa violence, le film de Elem Klimov est d'un réalisme et d'une dureté sans limite. Rare, le film est sorti dans nos salles à la fin des années 80, avant de connaître une petite exploitation VHS, qui le fera atterrir dans une collection dédiée au S.S Movies, ce qui n'est en soit pas exactement le sous-genre auquel appartient le film ; mais les dvd imports pullulent !



Pas de champs de batailles ou de révoltes résistantes ici, mais le funeste sort d'un petit village de Biélorussie ; un sort que connu de trop nombreux villages du même acabit. Des villages martyrs, rayés de la carte par la folie meurtrière des nazis, trouvant en ces tristes lieux de véritables défouloirs. Et quand on sait que 628 villages ont été balayés par les nazis, ça donne le tournis…

Village frappé par une infâme odeur de mort, le décor principal est un enfer boueux et brumeux, une campagne sinistre et grisâtre, déprimante, qu'on pourrait même qualifier de "en putréfaction". Un univers en adéquation parfaite avec le ton du film, rarement (voire jamais au grand jamais) rassurant.
L'unique moment de bonheur tient en cette courte scène où le jeune héros fait tomber de l'eau de grands arbres, en compagnie de sa jeune amie, pour pouvoir se laver. Une bouffée d'oxygène avant l'asphyxie.

Envoyé dans un petit camp forestier de partisans, Florya a le coup de foudre pour la belle Glacha et s'enfuit avec elle suite à de violents bombardements. Après la traversée éprouvante d'un marais, le jeune couple trouve refuge auprès de quelques survivants : Glacha doit rester, Flyora est envoyé avec quelques soldats pour ravitailler un village…
Voyage au bout de l'enfer assuré !



Tout comme l'a déjà prouvé maintes fois le cinéma soviétique, l'ensemble se révèle techniquement parfait, craignant rarement les expérimentations visuelles et sonores : le bourdonnement frappant la scène du bombardement est impressionnant et que dire de ce mouvement de caméra révélant l'horreur la plus pure (un gigantesque charnier) lors de la visite de la maison abandonnée de Florya.
L'une des parties culminantes du film, tient en fait dans une très longue séquence où Flyora se retrouve dans un village entièrement investi par les nazis. "Sauvé" in extremis pour devenir un otage des allemands, il devra assister à un massacre proprement terrifiant, consistant à réunir tout le village dans une petite église en bois, avant de l'incendier. Klimov ne montre à aucun moment les victimes brûler, et pourtant l'horreur est bien là, à chaque plan : le comportement des nazis est effroyable (guettez bien le fou furieux avec les croix dessinées sur le casque), des cris surhumains s'élèvent de l'édifice en flamme, et tout les moyens sont bons pour exterminer de A à Z le petit bâtiment. Jamais on a vu ça au cinéma : toute la folie destructrice et démesurée compactée en une et grande scène. On remarquera l'éventail de nazis présentés, allant du colonel s'occupant amoureusement de sa bébête (non identifiée) qu'il cache des atrocités ou encore cette Isla en herbe s'attardant davantage sur la sucette qu'elle porte à la bouche que sur le carnage qui l'entoure.



Klimov n'épargne personne, même pas son héros, entamant une véritable zombification, et semble avoir pris près d'une cinquantaine d'années en quelques heures : un visage qui semble porter lourdement toutes les abominations de la grande guerre, à travers ces traits cadavériques et noircis.
Le jeune acteur aura de sérieuses difficultés à incarner le personnage et va vivre l'un des moments les plus durs de sa vie en tournant dans le métrage.
La séquence de la vache, causa en outre bien des problèmes sur le tournage ; dans cette séquence, le jeune garçon doit escorter une vache dans un village voisin et se retrouve accidentellement sur une terrain surveillé de près par l'ennemi, mitraillant frénétiquement tout ce qui bouge (ou pas). Là où l'affaire se corse, c'est que ce sont de VRAIES BALLES qui sont utilisées pour la scène et que l'animal a réellement été exécuté, manquant d'écraser le jeune acteur. Aujourd'hui Aleksei Kravchenko est toujours vivant et mène une vie parfaitement saine ; merci pour lui…
Certains passages vraiment trop atroces pour le jeune homme ont été tourné à son insu avant d'être intégrées au montage (celle du viol de Glacha et le amer face à face entre les deux enfants après leurs mésaventures, entre autres).
En guise de douloureuse apothéose Elem Klimov nous assène un final déchirant et gonflé de rage, avec une compilation d'images d'archives remontant jusqu'à la montée du nazisme, un inoubliable "rembobinage" bouclant ce chef d'œuvre définitivement apocalyptique, révoltant et infernal.








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