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Une équipe de quatre jeunes artistes se rend à une audition organisée par le fameux producteur Yurek en vue d'être retenus pour son prochain film. Une fois l'audition terminée, Yurek les fait conduire à son château pour les rencontrer autour d'un dîner. Seulement, une fois arrivés, nos jeunes gens ne se doutent pas qu'ils sont là pour tout autre chose, à savoir un face à face avec un authentique vampire qui va leur expliquer que l'audition n'avait pour seul but que de trouver des personnes capables de mettre fin à son interminable existence…



Debout là-dedans!

"Dinner with the Vampire", retitré chez nous "Le château de Yurek" pour la télévision ou encore "Vampire" pour la distribution VHS, fait partie de la série Brivido Giallo : quatre films réalisés pour la télévision par Lamberto Bava. Les trois autres titres étant "La maison de l'Ogre", "Outretombe" et enfin "Deux amants diaboliques".
Paraît-il que les montages TV seraient différents des montages réservés à la distribution privée, à savoir censurés, pour "Le château de Yurek" en tout cas il semble que non. Pourtant cette production, remise dans son contexte, semble plutôt osée, si on considère le direct-to-tv de l'époque.
Concernant l'histoire, on ne sait pas vraiment s'il faille en rire ou en pleurer : une trame plus que prévisible à partir des 5 premières minutes et qui se vautre dans le compromis et la simplicité durant tout le reste du film. Mais n'est-ce pas ce qu'on attend d'un long métrage de ce type produit pour la télévision (et donc l'audience) ? Effectivement je pense qu'il faille chercher les qualités de ce film ailleurs.


Pardon je me suis assoupi.

Commençons par les acteurs, ou dirions nous plutôt les figurants. La recette est simple : un vampire mégalo et poussiéreux secondé par un apprenti aux dents longues et un serviteur bossu plutôt orienté bouffon sympathique.
Ajoutons à cette fine équipe une fiancée dont l'euphorie (hystérie ?) se rapproche plus de la pathologie que de la situation elle-même. Pourtant du comique de situation il y en a : le reste du casting se compose d'une chanteuse, une danseuse, une comédienne et un… comique ! Il est vrai que l'on y ressent de fortes capacités à anéantir un être surnaturel et quasi immortel. Ce contraste recèle toute la subtilité du film, si subtilité il y a, c'est-à-dire divertir quitte à se rapprocher volontiers des Charlots contre Dracula plutôt que de "Nosferatu".


Yurek attend le rôti.

"Nosferatu", le mot clef plus lié aux images qu'au reste. Effectivement, la première chose que l'on retiendra de ce film est le look sympathiquement gothique du vampire, volontiers emprunté aux clichés les plus populaires du genre. Ajoutons à cela une bonne dose d'hémoglobine, chose inouïe jusqu'alors si l'on considère la filmo des pseudo Nosferatus en manque de sang de la télévision (le vampire de Hooper qui se régale de sang frais hors cadre et l'épisode de Buck Rogers mettant en scène le même genre de maquillage en sont de bonnes illustrations). Malheureusement, le "stop-motion" de l'époque viendra déservir les désiratas du maquilleur : on se souviendra toujours de la scène où Yurek arbore une main en pâte à modeler qui change d'aspect. N'est pas Ray Harryhausen qui veut, et encore moins De Rossi, la scène finale en témoignant bien.


Décidément cet homme n'a pas de coeur.

La réalisation quant à elle est égale à la musique : plutôt fade et sectaire. On ne s'embarrasse guère de travailler les lumières, ce qui compte c'est de mettre en avant les splendides mosaïques multicolores du château, qui, du coup, ne fait pas trop transilvanien. Peu importe, mis dans son contexte le décor se prête d'avantage à une production hors normes. C'est au travers de ses splendides vitraux que ce dernier nous fera entrevoir ici et là quelques techniciens en arrière plan, sans doute paumés entre les toilettes et la cuisine. Reste de bonnes idées, à savoir le film dans le film et la scène ou Yurek télécommande les variateurs de lumière avec sa main griffue. Lamberto Bava en profitera pour contredire totalement son récit en nous montrant l'horrible vampire reflété dans une glace du château, beau plan mais pas très crédible.
Pourtant ça n'est pas la crédibilité qu'il faut chercher ici mais le divertissement. Et à l'aide d'une (ou deux, ou 10) bouteille de bière vous arriverez sans doute à passer un bon moment. En définitive, ce film nous apporte ce que le téléspectateur veut : se fendre la poire en se régalant de sang. Pour les autres, on espérera juste voir Yurek mourir (de rire) assez vite, au risque de se retrouver aussi poussiéreux que lui.