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Tiré des écrits de Douglas Adams, eux-même inspirés d'une émission diffusée sur la BBC (toujours animée par Mr Adams), le guide de l'auto stoppeur galactique fait preuve d'une fidélité certaine par rapport au matériau original. Chronique d'un voyageur de l'espace, grand amateur de thé, et accessoirement en pyjama. Arthur Dent est un paisible Terrien, amateur de thé et Anglais de son état. Ce matin, il est allongé devant une véritable légion de bulldozers ; sa maison se trouve sur la trajectoire d'une nouvelle autoroute, et doit par conséquent être détruite. Alors qu'Arthur s'obstine à rester allongé devant l'immense machine d'acier, son ami arrive avec un chariot plein de bière. Voilà donc les ouvriers occupés pour un certain moment, le temps pour les deux amis d'aller écluser quelques pintes au pub local. Là, Ford Perfect va lui avouer qu'il est d'origine extraterrestre, et que la planète Terre est sur le point d'être détruite. Ca fait beaucoup d'émotions pour une seule et même journée… Cependant Arthur ne réussira ni à sauver sa demeure, ni la Terre. Au lieu de cela, il se retrouve autostoppeur galactique, condamné à errer sans but. Sa vie repose alors sur la qualité de son guide de l'autostoppeur galactique, au dos duquel est inscrit "NE PANIQUEZ PAS."



En vous plongeant dans les écrits de Douglas Adams, vous vous apercevrez qu'il est très difficile de résister au charme proprement britannique du non-sens (nonsense en v.o.). Au même titre que Terry Pratchett, Douglas Adams s'est intéressé à un genre alors en pleine explosion : la science-fiction. De fait il s'y est littéralement attaqué, ne laissant qu'une immense pagaille dénuée de toute logique. ‘Ne Paniquez Pas', les Anglais sont vraiment maîtres en la matière (les Monthy Python, "Shaun of The Dead"…).
Cependant, les fans du Britannique ont du être parcourus de sueurs froides lorsqu'ils ont appris que le film était repris en main par des Américains, du fait du décès prématuré de Douglas Adams (R.I.P.). Qu'est-ce qu'ils y connaissent en humour fin ceux là ? Pas grand-chose, et voir arriver un "American Pie" de l'espace était loin d'être alléchant.



Premier constat, le spectateur n'est pas traité comme devant être américain à tout prix, et de ce fait on évite la faute de goût de l'incrustation de la culture américaine à grands coups de pompes ("La ligue des gentlemen extraordinaires", ça vous rappelle de bons souvenirs ?). L'acteur-héros sera donc bien anglais (Martin Freeman), boira du thé et fera preuve de ce que l'on appelle le ‘flegme britannique'.
C'est peu dire que c'est un véritable soulagement. Il en va de même du second rôle qui est la contrepartie idéale du héros. Mos Def campe ainsi un personnage survolté et complètement loufoque (en plus d'être capable d'écluser ½ litre de bière cul-sec en moins de 3 secondes !).

De la première à la dernière seconde, le film n'a de cesse de faire des clins d'œil au spectateur en multipliant les caméos d'acteurs connus et les références à la culture populaire. Le tout baignant dans un humour plutôt british, la réussite est à portée de la main. On aura tout de même droit à quelques gags un peu lourds (Ford tentant d'argumenter avec l'une de ses ex qui s'avère être un monstre gigantesque en talons…) et à une histoire d'amour.



Comme Douglas Adams avait eu le temps de faire les esquisses du film, le matériau original ne s'est pas trop perdu lors du portage à l'écran. Il est vrai que l'histoire est à l'origine complètement tordue et très souvent immatérielle, il était donc prévisible que cette trilogie en quatre épisodes perde un peu de son panache. A ce titre le réalisateur s'en tire fort bien, et ne se noie pas dans une débauche d'effets numériques pour tenter de représenter ce qui ne peut l'être.

A l'inverse, le métrage joue aussi sur des gammes inaccessibles à la littérature, c'est-à-dire l'aspect purement graphique mais surtout la bande originale. Rien de transcendant, je le concède, mais l'introduction avec les dauphins parodiant Broadway, est de très bon goût.
"Goodbye, and thanks for all the fish…"



Tous ceux qui vénèraient Arthur Dent, Ford Farpait et le robot dépressif… The Hitchhiker's guide to the Galaxy vous fera passer un bon moment dans les salles obscures. Pas de quoi rendre le sourire à ce bon vieux Marvin, mais c'est toujours mieux que rien. Surtout considérant qu'à Londres, la production s'est décidée à sortir le grand jeu : réédition des émissions originales de la BBC, du feuilleton télévisé, des livres, le tout accompagné d'un merchandising assez impressionnant. En outre le challenger du film à l'époque n'est autre que le pâle Star Wars episode III, qui se mange une tôlé critique. Lucas fera peut-être illusion au box office à court terme, mais vous serez bien mieux en compagnie du space-opera délirant du Sieur Adams.

Et le tableau est d'autant plus prometteur, que ceux qui ne connaissent pas le matériau original n'auront aucune raison de se plaindre.

Le personnage joué par John Malkovich a été crée par Adams spécialement pour le film.






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