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À la suite d'une dispute avec son ami Serge, Martine accepte un poste d'infirmière au « Doux Séjour », maison de retraite isolée en rase campagne. Elle sympathise rapidement avec Nicole, sa collègue de travail, qui disparaît bientôt dans de mystérieuses circonstances. Entre une directrice autoritaire, un gardien boiteux au comportement étrange et des pensionnaires passablement allumés, Martine finit par réaliser qu'elle est prisonnière de la maison mais surtout, qu’elle pourrait courir un grave danger...



L'AVIS :

De la fin des années 50 au début des années 80, le cinéma fantastique, et encore plus le cinéma d'horreur, n'attire pas beaucoup de réalisateurs français. Seul Jean Rollin se spécialise dans le genre depuis les années 70 et bataille contre vents et marées pour proposer ce type de films en France. Malgré le succès du film de Franju, "Les Yeux sans Visage" (1959) et la persévérance de Jean Rollin, il faut se rendre à l'évidence : le fantastique et l'horreur ne connaîtront jamais d'âge d'or dans notre pays, sûrement trop cartésien, même si les années 40 et 50 ont vu pas mal de sorties dans le domaine du fantastique poétique et merveilleux, telles "La Belle et la Bête", "La Main du Diable", "Les Belles de Nuit", "Les Visiteurs du Soir" par exemple. En 1978, Jean Rollin réalise un vrai film d'horreur avec "Les Raisins de la Mort". En 1980, c'est Raphael Delpard qui lui emboîte le pas avec "La Nuit de la Mort", un film souvent décrit comme étant un nanar (parce que français ?) mais qui mérite bien mieux que cette appellation injustifiée.



Déjà, c'est le film qui révéla au public l'actrice Charlotte de Turckheim, qui le renie totalement aujourd'hui et on a du mal à comprendre pourquoi. Est-ce parce qu'elle y apparaît nue ? Possible. Reste que sa prestation, assez courte en fait, n'est pas mauvaise et qu'elle est la star de la grande scène gore du film qui plus est, scène qui la laissera dans un triste état, ce qui fera par contre la joie des éditeurs qui ont souvent utilisé ce visuel pour illustrer leurs jaquettes du film. La véritable héroïne de "La Nuit de la Mort" est Isabelle Goguey, qui avoue dans un bonus de l'édition du Chat qui Fume détester se voir à l'écran alors que dans le film de Raphael Delpard, elle est tout simplement charmante et craquante. Elle joue le rôle de Martine, nouvelle infirmière qui débarque dans cette drôle de maison de retraite qui va lui réserver bien des surprises et des frissons ! Le réalisateur ne tarde pas trop avant de nous dévoiler le pot-aux-roses puisqu'au bout d'une petite demi-heure environ, on découvre à quelles curieuses activités nocturnes se livrent les résidents, qui agissent avec l'approbation de la directrice de l'établissement et du gardien inquiétant.



Le film prend alors une autre dimension puisque nous, spectateurs, savons de quoi il retourne, à contrario de la jolie Martine qui sent bien que quelque chose de bizarre se trame sans savoir quoi. On se demande alors comment va-t-elle échapper à son triste sort potentiel et on frissonne gentiment quand, lorsqu'elle est endormie dans sa chambre, on entend les pas des résidents qui font grincer le plancher dans le couloir. Le suspense est bien en place et l'ambiance, assez malsaine de par le cadre de l'action et l'âge de ses principaux protagonistes, fonctionne plutôt bien. On sent que Raphael Delpard apporte un soin particulier à mettre en place son atmosphère délétère et qu'il désire livrer un film d'horreur de qualité. Sa variation du thème de la Comtesse Bathory, rapportée aux résidents d'une pension de retraite, est assez originale. Surtout que l'action du film est accompagné par une très bonne partition musicale de Laurent Petitgirard, qui parvient sans peine à créer une ambiance oppressante, morbide et inquiétante.



La séquence où les vieux résidents sortent un à un de leur chambre pour créer un groupe à l'allure angoissante est l'une des meilleures séquences du film. Les différents acteurs et actrices interprétants les résidents ont été particulièrement bien choisis et leurs physiques, leurs attitudes et surtout leurs regards correspondent tout à fait à l'ambiance et à l'effet recherchés par le réalisateur. Ce dernier n'est pas à cours d'idées en plus et il nous réserve deux belles surprises vers la fin du film, avec des rebondissements, des retournements de situation et surtout un twist final qui nous pendait au nez depuis le début mais qui n'avait jamais été évoqué frontalement, juste par petites touches, par petits détails. Au final, La Nuit de la Mort peut largement être considéré comme l'un des premiers fleurons de l'horreur à la française et Raphael Delpard peut être fier d'avoir participé à poser l'une des premières fondations qui nous mènera quelques années plus tard à des films comme Haute Tension, A L'Intérieur ou bien encore Martyrs.


Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
On redécouvre totalement le film grâce à cette belle édition qui nous propose une image bien définie et sans défaut. Niveau bonus, on trouve :
• Nuit horrifique avec Isabelle Goguey (35mn)
• Le tournage de la mort avec Raphaël Delpard (34mn)
• Comparatif image (21mn)
• Films annonces






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