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Neuf hommes appartenant à la garde nationale doivent effectuer une marche de reconnaissance à travers les marais de la Louisiane. Empruntant des pirogues ne leur appartenant pas, les braves soldats tombent sur un groupe de paysans de la région. Suite à un accident stupide, l'un des leurs se fait sauvagement tuer. Commence alors une terrible chasse à l'homme dans les marais…



Walter Hill, voilà un "action man" bien comme il faut, auteur du fameux "Les guerriers de la nuits" ou de "Les rues de feu", enchaînant des films d'actions pour la plupart excellents, à quelques exceptions près ( le ridicule "Johnny Belle gueule" par exemple). Il va se tenter donc au Survival, avec "Sans retour", succédant à "Délivrance", véritable référence dans le genre auquel "Sans retour" reprend le cadre rural étouffant et éprouvant. On le sait, les codes du Survival montre un groupe d'individus reclus dans un endroit isolé et hostile, tentant de survivre de toutes les manières possibles, pour s'échapper des griffes d'horribles psychopathes, ou d'autres hypothétiques ennemis. C'est violent, réaliste, éprouvant, bref le Survival requiert de ses protagonistes de survivre dans les plus extrêmes conditions. "Sans retour" en est une excellente démonstration, peut-être même la meilleure après le film culte de Boorman.



Bizarrement "Sans retour" se cache derrière des airs de films de guerres post-Vietnam jusque dans son affiche. Un effet volontaire de la part de Hill ? Sûrement puisque le film se veut une parabole sur la guerre du Viêt-Nam, une guerre cruelle et violente, absurde comme celle que reconstituent sans le vouloir les protagonistes du film. Les bayous deviennent petit à petit une forêt vietnamienne et même les Cajuns semble représentés les vietnamiens. Le film prend pied en 1973 (là encore un peu à la même époque que la guerre du Vietnam), dans les marais de la Louisiane. Des soldats de la garde Nationale doivent entamer une manœuvre dans le coin. Jamais caricaturaux, les personnages n'ont pas besoin d'en rajouter dans les répliques vulgaires ou le charisme surfait, ils sont réalistes, et ont chacun une personnalité bien particulière. Le casting est bien rempli pour l'occasion, quoiqu'on retienne surtout Keith Carradine avec ses faux airs de Klaus Kinski ou Fred Ward, bonne gueule du cinéma d'action ici dans un rôle très ambigu, celui d'un soldat aux méthodes assez expéditives, un peu trop même.



Si dans "Délivrance" l'horreur commençait lorsque les héros se heurtaient à des rednecks complètement siphonnés, ici c'est en tirant à blanc sur des paysans de la région, que la traque va commencer. Affolés par ce geste qu'ils jugent agressifs, les Cajuns (les hommes de la régions, vivant en ermite et parlant un français très bizarroïde) répondent à l'appel avec une vraie balle cette fois-ci. L'un des soldats se la reçoit violemment en pleine poire, ce qui met en panique le groupe de soldats qui ont finalement peu de pouvoirs. Des faux soldats en quelque sorte. En s'enfonçant encore plus dans les marécages, ils tombent sur la cabane d'un Cajun, qu'ils décident de tenir en otage. Surprise, le rôle du Cajun est attribué à Brion James, grand méchant au cinéma, trimballant sa gueule de psychopathe dans des séries B et A comme "Le cinquième élément" ou "House 3". Un être en soi pas forcément méchant mais à la présence troublante, dérangeante. Il est placé là pour mettre en garde le spectateur, alourdissant l'atmosphère en plus de la psychologie peu à peu défaillante des soldats, de la présence menaçante planant dans les bayous ou des pièges que tend Mère Nature. Car la force de "Sans Retour" est de transformer son cadre inhabituel, en véritable monde parallèle. C'est moite, poisseux, boueux, sale, infecte, un véritable enfer "gris" dont on n'en ressort pas indemne. Et tout comme les protagonistes, nous n'avons qu'une seule envie : nous casser tout de suite de cet endroit.



Mais outre sa notion de Survival, "Sans Retour" se rapproche du genre fantastique par son univers fortement influençable et totalement repoussant, à savoir ce marais interminable nappé de brouillard. Et les agresseurs ne sont visibles que lors des derniers tiers du film, chose assez étonnante. Le reste du temps, les soldats tombent régulièrement dans les piéges disposés par ces étranges ermites, des pièges divers et dangereux comme cette meute de chiens enragés sortis de nulle part. Des pièges qui semblent parfois tendu par la nature elle-même comme cette séquence hallucinante où le groupe d'hommes se retrouve "attaqué" par des arbres tombant en masses. Un savoir-faire évident habite Walter Hill et il le prouve avec des quelques scènes spectaculaires assez inattendues (le combat au couteau ou encore ce soldat se prenant pour une sorte d'ange exterminateur), et un dernier quart d'heure au suspens insoutenable, se déroulant un village remplis de rednecks certes plus normaux mais qui compte tout de même quelques individus criant vengeance. Dévoilant une force considérable et une maîtrise totale de son sujet, "Sans Retour" est un Survival pur jus recèlant de nombreuses qualités faisant de cette œuvre un film à découvrir d'urgence.








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