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Un documentaire passe à la télé, montrant des jeunes visitant une zone à l'abandon, et qui ne tardent pas à être attaqué par des démons. Le spectacle fascine les habitants d'un immeuble. Du moins, jusqu'à ce que les démons passent de l'autre côté de l'écran.



Et, j'ai crié Démons, pour qu'ils reviennent.

-Dario Argento regardant les résultats au box-office, se tourne vers Lamberto Bava : "Mon poulain Lamberto, tu as fait du bon travail et qui plus est, ton film "Demons" fonctionne du tonnerre au box-office"
-Lamberto Bava : "Je t'avoue être surpris car je suis quand même assez incompétent, tu ne trouve pas ?"
-Dario Argento : "Certes ! Mais, maintenant il est temps de passer à la vitesse supérieur. Faisons une suite"
-Lamberto Bava : "Euh…je n'ai pas d'idée…."
-Dario Argento : "Peu importe. Plus c'est simple plus ça marche. Par contre, côté financements, faudra revoir tes exigences à la baisse. Les financeurs ne veulent pas trop desserrer les cordons de la bourse. Donc, on va utiliser des effets spéciaux au rabais. Pour les acteurs, on va prendre des culturistes, et je connais trois prostituées qui pourront faire l'affaire. Et, comme c'est mon film, je vais y caser ma fille Asia. Des questions ?"
-Lamberto Bava : "Juste une. C'est quoi le scénario ?"
-Dario Argento : "On s'en fout. Vas-y, commence à filmer."


Démons du soir, espoir.

C'est ainsi que naissent les plus grands projets, ceux qui font naître les étoiles du 7ème Art. Des chefs d'œuvres intemporels, avec une réalisation sublimée et des acteurs habités par leur rôle. Euh, excusez-moi, je me trompe de film là. De quoi, il est question ici ? Ah, oui de "Demons 2". C'est bien simple, tout ce qui faisait le charme et l'attrait du premier se trouve ici revu au rabais. Les effets spéciaux sont "limites". Outre les grimaces des habitants de l'immeuble qui se transforment en des démons verdâtres, on a droit à des tentatives de varier les plaisirs : un chien démon (peux être la seule bonne surprise de cette suite), un démon miniature qu'on croirait sorti de "Ghoulies". C'est dire l'ampleur du désastre. Car toutes les scènes où les démons attaquent font plus mal aux zygomatiques qu'autre chose.



Il est à noter que certaines scènes ont des similitudes avec "Poltergeist 3" (la scène du garage entre autres avec carambolages de voitures, miroirs dans le couloir). Mais, contrairement au film de Gary Sherman, Lamberto Bava, patine sévère à instaurer un climat de terreur. Dès le départ, on sent bien que les acteurs (un bien grand mot dans ce cas là), ne sont même pas arrivés au premier chapitre du "comédien illustré". Il suffit de voir des acteurs déblatérer des phrases sans grande conviction : "Mais où est Sally ?" Réponse à l'écran : la madame est partie bouder dans sa chambre ! Pour 10 minutes après, reprendre la même question. La Sally en question n'est pas en reste, tentant de sortir de sa chambre où un démon la menace, tournant la poignée à une vitesse au ralenti. Mais, le "meilleur" du long-métrage est à chercher vers la fin avec des culturistes s'excitant tout seul (pauvre Asia qui fait ici des débuts qu'il vaut mieux passer sous silence), une démone qui fait de la corde la tête en bas et qui n'arrête pas de se ramasser comme si on se trouvait dans une parodie du genre ( le syndrome "Scary Movie" avant l'heure). Ceux qui on trouvé grotesque et à mourir de rire le final de "L'exorciste au commencement" peuvent sortir les mouchoirs pour essuyer leurs larmes… de rire.


Un démon bien accroché aux roubignoles de Bobby Rhodes.

Le côté fun du premier "Demons" a disparu ici. Seul trace de la gloire passée : la trame sonore heavy métal. Sans compter un garçon qui passe la majeure partie à attendre l'arrivée de copains de festivités, qui n'arrivent qu'avant la fin (à croire que les scénaristes l'ont purement et simplement oublié celui-là). Et, encore c'est pour provoquer un accident de voiture, juste devant lui. Mais, qui peux bien prendre au sérieux une telle histoire ? Lamberto fils n'arrive même pas à dynamiser l'apparition des démons, tout aussi ridicule que le reste. Filmés au ralenti, entourés de halos verdâtres (la couleur récurrente), ça met la honte à l'auteur de cette séquelle.

Si le cinéma italien de la fin des années 80 a sombré, au point de faire fuir les financeurs, "Demons 2" représente l'archétype du film, qui en est en grande partie responsable. L'âge d'or des bisseries transalpines arrive au terme d'une belle existence. Tombé aux mains d'opportunistes (Bruno Mattei) ou d'incapables (Lamberto Bava), le cinéma fantastique italien décline avant de mourir, offrant au public ses derniers chants du cygne (Michele Soavi avec "Dellamorte Dellamore").