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Une jeune fille est retrouvée errante dans les rues, le visage tailladé au rasoir. Elle prononce un seul mot avant de s'évanouir : "Kolobos…" Flashback 36h en arrière. Cinq jeunes sont recrutés par une annonce dans le journal pour participer à une "expérience anthropologique" : Ils devront passer 3 mois ensemble dans un chalet isolé, sous l'œil attentif de caméras de surveillance. Ce n'est pas un concours, il n'y a rien à gagner d'autre que l'honneur de passer à la télé. Mais lorsqu'un des participants est tué, le jeu va devenir autrement plus sérieux.



Dans l'idée, ce film se rapproche bien sûr de "My little eye", mais la comparaison s'arrête là. Ici, les caméras de surveillance sont beaucoup moins présentes dans le montage, ce qui enlève le côté dérangeant et entièrement voyeuriste qui composait le film précité. Dans "Kolobos", on a plutôt tendance à oublier les caméras et ce parti pris semble tout à fait volontaire de la part des réalisateurs, étant donné que l'intérêt de leur histoire se situe ailleurs.

Il est un peu difficile d'en parler sans vous révéler trop de détails qui pourraient en gâcher le visionnage. Cependant, on est bien dans un film d'horreur, les jeunes sont là pour mourir et le spectateur, pour les regarder trépasser.

Nous commençons bien sûr par la présentation de nos victimes potentielles. Pas besoin de trop se triturer le cerveau, ils sont faciles à cerner. Il y a Tina (ronde, extravertie, adorable), Erica (prétentieuse, fausse coincée), Tom (comique de métier, séducteur de vocation), Gary (philosophe, intello) et Kyra (artiste introvertie et instable). Voilà, on a fait le tour et les personnages ne seront guère plus développés durant le métrage.

Dès leur arrivée au chalet, Kyra a d'étranges visions qui vont la poursuivre. Elle va surtout voir un homme qui se mutile le visage et qui répète ce mot mystérieux : "Kolobos…" qui, en grec ancien, signifie justement "mutiler". Quel est le rapport entre eux ? Existe-t-il vraiment ? Il va de soi que personne ne va croire les dires de Kyra concernant cet homme supposé caché dans le chalet, surtout eu égard à ses œuvres morbides et ses problèmes psychologiques évidents.

Un réel effort a été fait au niveau de la mise en scène qui, à bien des égards, rappelle furieusement les oeuvres d'un certain Dario Argento. Les images sont empreints d'esthétisme et comportent beaucoup de gros plans, notamment pendant les meurtres. L'éclairage y est également pour beaucoup : La deuxième moitié du film se passe dans le noir avec comme seule lumière des éclats de rouge, de bleu ou de jaune. Bien sûr, nous ne sommes pas dans "Suspiria" ou "Inferno", mais il faut admettre que cela produit un certain effet réussi.
La bande son soulignant le suspens reste discrète, si bien intégrée aux images qu'on n'y fait même plus attention.

Pour ce qui est du gore, rassurez-vous, vous serez servis ! Les meurtres sont sauvages et sans pitié, le rouge profond inondant les personnages et le lieu, du sol au plafond. En effet, bien que le film est un peu long au démarrage, il va basculer dans la folie et l'horreur pure avec le premier meurtre et à partir de là, on reste accroché.

Malheureusement, de nombreux indices sur l'identité du tueur parsèment le métrage, le twist final perdant ainsi un peu de sa surprise, justement. Mais ce n'est pas très grave puisque le sujet véritable est diablement bien traité et on passe donc un très bon moment devant ce film méconnu et surtout, trop sous-estimé. Si Jean-Pierre Dionnet (Mr Cinéma de genre de C+) le dit : "J'ai découvert une merveille, Kolobos", on ne peut pas se tromper de beaucoup.

L'une des premières Scream Queen, Linnea Quigley, fait une rapide apparition à l'écran. On l'a vue entre autres dans "Le retour des morts vivants" (1985).






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