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De jeunes hommes sont mortellement blessés par un ou des agresseurs inconnus. Vidés de leur sang, ils meurent avant de pouvoir donner un quelconque renseignement. Un témoin oculaire va cependant parler d'une sorte de créature géante ailée et des indices retrouvés sur le lieu d'une agression vont conduire la police sur les traces d'un scientifique reclus.



Ce film a été considéré par Cushing lui-même comme étant le pire de sa carrière. Bien que je n'aille pas jusque là, force est de constater que ce métrage est terriblement creux, tant au niveau des idées que de la réalisation d'un Vernon Sewell décidément très peu inspiré. De plus, la traduction du titre original est complètement mensongère puisqu'à aucun moment, nous n'avons affaire à un vampire mais à un papillon de nuit géant se nourrissant de sang humain. Juste pour souligner que rien n'est réussi dans ce film. Enfin, ne chipotons pas non plus, le film n'a pas besoin d'être enfoncé davantage puisqu'il y réussit fort bien tout seul.



Cushing joue le rôle de l'inspecteur Quennell (soit le scénariste ne parlait pas français, soit il avait un curieux sens de l'humour) sur les traces de cette mystérieuse créature tuant sans scrupule. De nombreux plans le montrant songeur, le regard perdu, font inévitablement penser à Sherlock Holmes sans sa pipe et son chapeau, mais malheureusement, c'est tout. Et même Cushing semble le réaliser puisqu'il ne fait aucun réel effort pour nous convaincre de quoi que ce soit, se disant peut-être que de toute façon, personne ne regardera jusqu'à la fin.

Effectivement, la tentation d'appuyer sur le bouton "stop" démange le doigt, et même la créature d'un ridicule achevé esquisse à peine un sourire sur le visage du spectateur fatigué. L'acteur porte un costume à cape noire avec deux antennes sur la tête et deux yeux de mouche géantes sur le visage. De près, le tissus fait fortement penser à une sortie de bain pour bébés. Pour ce qui est des effets spéciaux, les transformation entre papillon de nuit géant-belle jeune femme sont tout simplement atroces : juste un fondu de l'image entre les deux, douloureusement mal fait.



Ah oui, autant que je vous dise : la créature a été créée par un savant fou et sa forme humaine est prétendument sa fille. Dans un élan de créativité remarquable, le scénariste a décidé que cette capricieuse personne désirait un compagnon. Le savant s'y applique alors avec attention. Toute ressemblance avec un film déjà existant ("Frankenstein" pour ceux dont les neurones se reposent déjà) est sans doute purement volontaire.

Après une trentaine de minutes, on commence déjà à s'ennuyer sérieusement, pour employer un terme poli, et on se demande en combien de temps le scénario a été écrit, tant les acteurs sont stéréotypés et l'action inexistante. Le seul personnage qui est un minimum intéressant – ou du moins, drôle – c'est l'employé à la morgue qui mange parmi les morts tout en proposant son repas aux inspecteurs de police récalcitrants ou révélant force détails concernant l'état des cadavres avec une bonne humeur imparable. Dommage qu'il ne soit présent qu'environ 5 minutes en tout.



Bon, ce n'est pas tout ça, il faut bien terminer ce que l'on a commencé. Et là, on se dit qu'on aurait préféré ne pas savoir tant l'on se sent presque honteux devant un final abracadabrantesque de clichés stupides et de laideur certainement involontaire. On dirait que l'inefficacité de tout ce qui précède a gagné l'équipe entière et qu'ils ont été incapables de faire autrement que de continuer sur cette pente les menant au fond du trou.

Au final, le film n'est pas nul-bien, juste nul-nul. Mais que sa présence dans le coffret Peter Cushing ne vous empêche pas de vous le procurer – les trois autres films valant largement l'achat à eux seuls.








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