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Célèbre reporter d'une chaîne télévisée, Clara Engel se rend en montagne avec Mark, son photographe de mari qui a besoin de clichés pris en pleine nature, et sa sœur Rachel. Se déroulant au bord d'un précipice, la séance de pose tourne soudain au cauchemar lorsque, par forfanterie, Rachel se penche au-dessus du vide sur une balustrade instable, qui cède sous son poids. N'ayant pu sauver sa sœur d'une chute mortelle, Clara reste traumatisée par cet événement et développe une phobie des hauteurs, assortie d'hallucinations où Rachel apparaît comme un fantôme hargneux et culpabilisant. Des troubles qui mettent en péril aussi bien son travail que sa vie de couple, et qui la poussent à intégrer le petit groupe de patients du chercheur Paul Sadowski, un thérapeute aux méthodes plutôt radicales… Etait-ce la bonne solution ? Le suicide étrange de l'un des patients semble prouver que non…



Si vous êtes un amateur exclusif de scènes-choc et de délires bien barrés, inutile de vous attarder sur ce téléfilm produit par Wes Craven. Oubliez vite les accroches publicitaires de la jaquette VHS ou DVD (interdit aux moins de 16 ans, chute vertigineuses, etc.), "Acrophobie" ne déclenchera chez vous la peur du vide que si vous êtes affectés des même troubles que Carla Engel…

Par contre, si une histoire d'horreur purement psychologique ne provoque pas chez vous une syncope d'ennui, que vous aimez vous investir dans l'humanité de personnages ordinaires et que le sujet du deuil vous intéresse, vous obtiendrez là une bonne petite surprise, même si elle reste très modeste.



Du côté de la réalisation et de tout ce qui concerne la facture technique du métrage, aucune prouesse à attendre. "Acrophobie" est formaté pour les deuxièmes parties de soirée télévisées (M6 l'a d'ailleurs diffusé à 22h30 au mois d'août 2004) et ne prétend donc rien révolutionner, au contraire.

Une image nette aux éclairages et aux couleurs réalistes, quelques flashes back en noir et blanc, un montage et des cadrages lisibles et soft qui adaptent pour le grand public (et donc édulcorent) les dernières trouvailles visuelles à la mode, bref, du tournage standard de bonne qualité, sans plus. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les images soit-disant "vertigineuses" ne le sont pas, se bornant ni plus ni moins à des plongées et des contre-plongées tout à fait banales.



L'intérêt est en réalité ailleurs. Délaissant rapidement toute tentative d'exploiter spectaculairement la phobie du vide, le scénario s'oriente vite sur un mélange assez pervers de "whodunit" et d'étude de personnages en proie au deuil et à l'échec, désireux de se surpasser et de surmonter leur handicap.

Pervers et insidieux parce que, d'un côté, l'interprétation des acteurs, sans être magistrale, est d'une justesse humaine de plus en plus touchante à mesure que le film avance, et que de l'autre, c'est précisément sur ce terrain sensible que la mort frappe.

Ce n'est certes pas le fait que le personnage principal, Clara Engel, soit renvoyé à son traumatisme par une série de décès, qui est original. Mais c'est que ces événements arrivent alors même que ce traumatisme n'est pas terminé, qu'elle est en plein travail de deuil, de sorte que sa déchirure intérieure reste interminablement béante.



Là se trouve le véritable vertige, la véritable horreur d'"Acrophobie", purement psychologique donc. On partage le mélange de confiance et de suspicion de Clara Engel envers le Dr Paul Sadowski ("Sadowski", "sadique" ?), nous demandant si celui-ci n'exploite pas ingénieusement la dépendance de ses patients à des fins crapuleuses.

Et jusqu'au dénouement final, la folie du doute fait peu à peu son chemin, culminant dans une scène symboliquement terrifiante où Clara Engel vide l'urne funéraire de sa sœur défunte pour s'assurer qu'elle n'a pas affaire à un fantôme…

Rien que pour cette scène glaçante, "Acrophobie" vaut un petit détour. Mais pas plus...








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