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Oh Dae-su, hagard, se retrouve au commissariat pour avoir abuse d'alcool, la nuit de l'anniversaire de sa fille. Après y avoir passer quelques heures, entourés de la faune nocturne locale, il est enfin relâché grâce à l'intervention de l'un de ses amis. Alors que celui-ci téléphone à la femme de Dae-su, l'ivrogne d'un soir disparaît pour se réveiller, cloîtré dans un étrange appartement. Il demeurera enfermé dans cette cellule de misère durant 15 ans, sans jamais voir ses geôliers. Avec pour seul contact avec le monde extérieur, un poste de télévision, Dae-su va être gagné par l'apathie, enfermé dans une routine ponctuée par les visites de ses hôtes qui le droguent afin de le laver, le soigner… Ce quotidien aliénant laissera peu a peu place à une étouffante soif de revanche. Puis, un matin Dae-Su se réveille sur le toit d'un immeuble en compagnie d'un inconnu sur le point de se suicider. Son temps est venu, celui de la vengeance, une vengeance sauvage et salvatrice. Mais tout d'abord, il doit résoudre un puzzle : qui ? pourquoi ? Il dispose de 15 jours pour trouver réponses à ses questions, après quoi…



Chan-wook Park, après avoir gratifié le public francais de Joint Security Area (sorti uniquement en DVD) et de Sympathy for Mr Vengeance, reviens en force avec un nouveau métrage, aussi étonnant que réussi. Sacré prix du grand public au festival de Cannes 2004, Old Boy prouve une fois de plus la bonne santé du cinéma asiatique, et coréen en particulier.
Park va donc livrer au spectateur, le chemin de croix d'un homme rongé par la haine et mû par le seul désir de vengeance. Avec un sujet somme toute peu original, le réalisateur coréen révolutionne le genre à grands coups de poings dans l'estomac du cinéphile.

Tout d'abord en utilisant des artifices cinématographiques tout simplement extraordinaires pour servir son histoire. En comparaison, Tarantino peu aller se rhabiller avec ses mises en scènes poussives et maladroites. Aussi étonnant que cela puisse paraître, en deux heures, Park réussit l'exploit d'enterrer jusqu'à Tarantino tellement la maîtrise de sa camera est aiguë.
A cela s'ajoute une photographie magnifique (les contraste de couleurs et de lignes de fuites sont impressionnants). Ainsi, du début à la fin du métrage, aucun plan n'est inutile, ou ne serait-ce qu'artificiel, permettant au spectateur d'être projeté au plus profond du métrage. De cette façon l'impact de l'histoire, aussi maigre soit-elle, est considérable.

Mais, Park ne se suffit pas d'une mise en scène magistrale. Ce n'est qu'un instrument pour servir son histoire, une romance sensible et violente, cruelle et magnifique.
En fait d'histoire, le film suit en parallèle la quête vengeresse de Dae-Su et l'évolution amoureuse de sa relation avec une jeune serveuse. Alors que le film suit son cours, ces deux lignes vont devenir inextricablement liées. En une prouesse narrative trop rare, le denouement frappe le spectateur en pleine face. D'une part car rien dans le métrage ne laissait augurer un tel dénouement, et d'autre part car le cinéphile n'est pas pris par la main. Le réalisateur grâce à d'ingénieux non-dits, permet à son scénario de se dérouler comme une évidence. Rien n'est flouté, aucune ellipse narrative pour camoufler le manque de maîtrise du scénario… Seulement l'art de conter une histoire et de la mettre majestueusement en image.

En définitive, qu'est réellement Old Boy ? Tout simplement le plus haut échelon de l'art cinématographique où tout les éléments que l'on peut attendre d'un film sont présents, et en qualité. Image parfaite, maîtrise totale des plans utilisés, acteurs brillants qui transcendent leurs personnages, scénario simple mais des plus efficace…
En bref, un chef d'œuvre instantané. La presse britannique l'a d'ailleurs encensé, qualifiant Killbill de brouillon en comparaison. Et ce n'est sûrement pas moi qui leur donnerai tort !

Une immense surprise que ce film coréen, aussi violent que poétique.

Le film est interdit au - de 16ans.

Au Festival de Cannes 2004,lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce des résultats, le Président du jury Quentin Tarantino confiait que le film avait failli obtenir la Palme d'or, mais que le jury lui avait finalement préféré, "à deux voix près", le documentaire Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

Old boy est une adaptation d'une bande dessinée japonaise (manga) en 8 volumes, datant de 1997, écrit par Tsuchiya Garon. Dong-Joo Kim, le producteur exécutif de Old Boy et à la tête de la société Show East a acheté au Japon les droits d'adaptation du manga pour moins de 11 000 euros.






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