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Réalisation
Rob Zombie

Scénariste
Rob Zombie

Date de sortie
2003

Genre
survival

Tagline


Cast
Sid Haig
Bill Moseley
Sheri Moon Zombie
Karen Black
Chris Hardwick
Erin Daniels
Jennifer Jostyn


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Rob Zombie

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.1
(19 votes)
Année 1977, la veille d'Halloween. Dans un patelin paumé aux fins fonds des Etats-Unis, le propriétaire d'une petite station-service, grimé en clown, est victime d'un hold-up de la part de deux voyous qui ne tardent pas à le regretter amèrement. Débarquent ensuite quatre jeunes gens ordinaires et avides de découvrir le pays. Leur curiosité pour le décor de la station-service, véritable petit musée des horreurs, pousse le "Captain Spaulding" à leur offrir une visite dans le train-fantôme attenant à la station, et à leur parler d'un personnage mythique nommé le "Dr Satan". Intrigués, les deux couples repartent et prennent en auto-stop une ravissante jeune fille de la région. Nommée "Baby", elle prétend bien connaître l'histoire du "Dr Satan" et leur propose de les accompagner sur le dernier site où il aurait été vu. Un homme embusqué tire dans les pneus de la voiture, un orage éclate. Se croyant victimes d'une crevaison, les jeunes gens vont être amenés à se réfugier chez Baby et à faire la connaissance de son effroyable famille…



Le problème avec les films qui ne sont pas distribués en France, c'est qu'ils engendrent des rumeurs parfois injustifiées, et que ceux qui les voient tout de même ont tendance à confondre leur chance avec la qualité de l'œuvre. La difficulté d'accès donne en effet une valeur ajoutée automatique à l'objet convoité, qui amplifie son impact et donne lieu à des réactions, positives ou négatives, souvent exagérées.

Le film de Rob Zombie ne déroge pas à cette règle. Encore mieux, les conflits entre la production Universal et Rob Zombie ont rajouté une couche de mystification au phénomène, que le chanteur/musicien/réalisateur s'est bien gardé de dissiper. On peut donc tenter, avant toute chose, de mettre les choses au point.



Après avoir travaillé pour les studios Universal sur un parc d'exposition thématique, Rob Zombie s'est vu offrir de réaliser son film, mais une fois le montage terminé, Universal a finalement refusé de le distribuer. Pourquoi donc? On ne sait pas au juste, mais une rumeur diplomatique prétend que le métrage n'est pas en accord avec la "politique" de la maison de production.

Il n'en faut pas plus pour faire naître le mythe : "The house of 1000 corpses" serait l'un des films d'horreur les plus trashes de ces dernières années, une véritable bombe. Et la version disponible, finalement distribuée par Lion's Gate, serait une version "cut" amputée de 10 à 15 bonnes minutes.

Mais depuis quand la Universal s'embarrasse-t-elle de si grands principes, et comment est-il possible que le film soit une version "cut", alors que Rob Zombie et Universal se sont justement séparés à propos du montage, que le réalisateur a refusé de modifier ? Dans l'interview du réalisateur disponible sur le dvd zone1, aucune précision ne vient débrouiller l'illogisme de ces assertions.

Certains pensent qu'il s'agit de discrétion de sa part. Mais personne ne semble oser penser qu'il y ait anguille sous roche et que la vérité soit plus simple : Universal a refusé de distribuer le film parce qu'elle l'a jugé mauvais ; la version "uncut" n'a jamais existé, et les rumeurs n'ont été lancées que pour faire rugir les caisses de Lion's Gate Production. Toutefois, ceci n'étant pas plus prouvable que cela, il nous reste à juger le film pour ce qu'il est, et tel qu'on peut le trouver.



Manquer d'imagination n'est pas très grave, mais faire preuve d'une nostalgie rétrograde, d'un snobisme culturel patenté (même pour un genre minoritaire) et compiler tous les clichés d'une époque -en faisant passer tout cela pour un hommage- c'est autre chose. C'est de la pure et simple fumisterie, c'est pénible, et ça ne peut plaire qu'à ceux qui aiment dénicher les clins d'œil comme un candidat trouverait des réponses à "Question pour un champion".

A cet égard, "The house of 1000 corpses" est le plus grand dépliant touristique du film d'horreur des années 70/80 qui ait jamais été pondu, une véritable collection d'images d'Epinal du genre collée bout à bout sur un scénario exemplaire de non-créativité absolue (il reprend aux trois-quart celui de "Massacre à la tronçonneuse"). Un patchwork d'évocations, un rapiéçage d'images, une kyrielle d'icônes embaumées dans le formol du souvenir (et après tout, le thème de la collection macabre se retrouve dans l'univers de "Captain Spaulding" et de la famille de dégénérés), peut-être une façon de construire une histoire et des personnages comme Ed Gein cousait ensemble les peaux de ses victimes? Rob Zombie, serial pilleur de références ? C'est tellement appuyé que ça en devient rapidement agaçant, et le satanisme de pacotille, qui se prend au sérieux en plus (en faisant mine de rire, pitoyable), n'arrange rien à l'affaire. Mais laissons chacun trouver ses perles, puisque le film est fait pour ça.



Le talent esthétique de Rob Zombie est indéniable, chaque image est d'une beauté et d'une définition qu'on ne rencontre que rarement dans le genre du "survival". Mais là encore, la plupart des effets photographiques, des décors ou des maquillages sont des citations innombrables qui sautent aux yeux comme diablotins sortant de leur boîte: Tobe Hooper, Dario Argento, Lucio Fulci, etc. On n'en finit plus…

Et le problème, tout de même, c'est que cette concentration idolâtre de recyclage virtuose se fait au détriment de deux éléments capitaux pour un véritable film d'horreur : les personnages des victimes ont une épaisseur fantômatique, qui fait qu'on se moque pas mal de ce qui peut leur arriver ; et surtout, Rob Zombie rate systématiquement tout ce qui pourrait provoquer l'effroi sensé se dégager des scènes.

Une image gore arrive ? On bascule aussitôt dans la caméra portée et la couleur sépia granuleuse, la musique monte de dix crans. Ou alors, ralenti lyrique. Ou encore, silence et caméra qui s'éloigne jusqu'au ciel. Ou enfin, montage carrément faux de A à Z, juste l'inverse de ce qu'il fallait faire, on s'en taperait la tête contre les murs…

Résultat : le spectateur est privé de toute continuité scénique, obligé d'admirer le joli rendu des images pour être en permanence distancié du contenu des scènes. Impossible d'avoir peur.

"The house of 1000 corpses" multiplie tous les signes du film d'horreur malsain, mais sans jamais en atteindre la substance. Tout comme l'affiche du film, d'ailleurs, ainsi que son titre, qui se justifie seulement de justesse à la fin… Sous couvert d'hommage, Rob Zombie a réalisé une mosaïque extrêmement narcissique et creuse. Aussi, que pourraient donc y changer dix ou quinze minutes de plus ?