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Los Angeles, 1997. Il fait une chaleur à crever et une guerre entre gangs de dealers de drogue a éclaté. Le détective Mike Harrigan et son équipe tentent de trouver une solution pour en venir à bout, mais ils seront bientôt confrontés à un ennemi invisible bien plus puissant, un prédateur d'ailleurs, attiré par la chaleur et les proies faciles. Lorsque Danny, l'équipier et ami de Harrigan meurt, le détective en fera une affaire personnelle, filant une équipe de scientifiques qui va le faire découvrir une vérité inimaginable.



Pour cette suite au film magistral de John McTiernan, l'action se déroulant dans la jungle sud-américaine a été transposée dans une jungle urbaine Cela est d'ailleurs visiblement confirmé dès la première image de palmiers et de verdure, nous faisant croire que nous sommes de retour. Mais ensuite, la caméra monte pour nous dévoiler la ville de Los Angeles suffoquant sous la chaleur et la pollution, et au fur et à mesure que nous approchons, les coups de feu et les explosions nous confirment que c'est un film bien différent, cette fois. A beaucoup de niveaux, il n'arrive pas à la cheville de son prédécesseur, mais il a au moins le mérite d'être une véritable suite au lieu juste de remâcher l'histoire et les personnages de son grand frère. Et c'est en cela qu'il tient debout tout seul, et que même si la trame suit celle d'un film d'action classique, on passe un très bon moment.

Stephen Hopkins démontre un certain savoir-faire avec sa réalisation maîtrisée, mêlant parfaitement le suspense, la vision thermique du Predator et la beauté des images, dont on regrette néanmoins une certaine fadeur dans la balance des couleurs, surtout au début. Mais il n'y a qu'à voir la destruction de l'appartement d'un dealer, l'attaque dans le métro ou les pas du Predator invisible dans une flaque d'eau pour se convaincre de son aise, tant dans l'action que dans l'horreur.
Le réalisateur dépeint une image extrêmement désenchantée et pessimiste d'une ville gangrenée par la violence et l'intrusion des médias omniprésents, voire tout-puissants. Aujourd'hui, cela serait un drôle de cliché d'incorporer autant d'images d'un reality show s'intitulant HardCore, présentant le travail quotidien des flics de façon aussi sensationnelle que possible. Rien de nouveau sous le soleil. Mais en remettant ce film dans le contexte – sorti en 1990, donc avant O.J. Simpson, Rodney King et les émeutes de Los Angeles – le parti pris est plus compréhensible. Hopkins se permet également de tourner en ridicule le port d'arme libre lors d'une scène dans le métro où des voyous tentent de braquer un voyageur. L'un des agresseurs sort une arme, et c'est la moitié du wagon qui fait de même…

Le détective Harrigan est campé par Danny Glover (protagoniste de la série Arme fatale), à l'aise dans son rôle de flic désabusé et dans la ligne de mire de ses supérieurs à cause de son comportement généralement violent, mais dont l'efficacité ne fait aucun doute. La sauvagerie de l'attaque qui ouvre le film le fait rapidement réaliser que quelque chose est pourri au royaume des dealers. Les malfrats pendus par les pieds et brutalement déchiquetés ne font pas partie des règlements de compte habituels et l'intrusion d'une soi-disant brigade des stups, menée par Peter Keyes (un Gary Busey intense, égal à lui-même) le mettra vite sur une autre piste. Les scènes d'action s'enchaînent de façon fluide et réaliste, menant le détective jusqu'à devoir confronter non seulement l'ennemi, mais surtout sa propre terreur, le vertige, dans le combat final. Celui-ci n'égale pas l'affrontement tribal entre l'extraterrestre et Schwarzy, mais contient malgré tout son lot de suspense et de brutalité.

Alan Silvestri est de retour pour la musique directement inspirée du premier film, donc une petite merveille, et Stan Winston est toujours aux commandes du design de la créature, d'une laideur effroyable en dessous de son masque impressionnant, sa bestialité de prédateur naturel largement mise en avant à sa façon méticuleuse de cibler ses victimes et de jouer avec avant la mise à mort inévitable. Les effets spéciaux sont sanglants et à la hauteur de leur sujet, mis à part quelques images du Predator en mode invisible au tout début du film.

**SPOILER**
Cette fois, le rideau couvrant le mystère sur les origines du monstre est vaguement soulevé en nous présentant un vaisseau spatial d'inspiration aztèque (idée largement reprise pour Alien VS Predator), où la chambre des trophées contient entre autre un crâne de T-Rex et un crâne d'Alien. La présence de plusieurs Predators au look sensiblement différent, ainsi qu'un revolver datant de 1715 en disent bien plus long qu'un discours scientifique. Ces détails ouvrent la porte à des idées scénaristiques nombreuses qui restent encore à explorer.
**SPOILER FINI**