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Trois copines de fac partent chaque année à l'aventure. Cette année, elles installent leur tente près d'une maison où vivent une mère et ses deux fils simples d'esprit. Or, ceux-ci ont pour habitude de massacrer les promeneurs égarés. Les trois jeunes femmes vont en faire les frais, mais tout ne va pas se passer comme prévu pour les ravisseurs...



L'AVIS :

Frère du déjanté Lloyd Kaufman, le patron de la firme indépendante Troma, Charles Kaufman, s'il est largement moins connu que son frère, est pourtant célébré encore de nos jours pour Mother's Day, son film culte qu'il a réalisé en 1980. Il faut dire que Mother's Day est un film qui marque les esprits durablement, notamment grâce à sa famille de rednecks azimutés, qui n'est pas sans nous rappeler une autre célèbre famille, vivant au Texas quant à elle, si vous voyez de qui je veux parler. Quand Tobe Hooper nous mettait en présence de trois frères, Charles Kaufman nous propose une mère et ses deux fils, vivant au fin fond des bois, dans une cabane délabrée possédant néanmoins l'électricité, élément indispensable pour faire fonctionner les nombreuses télévisions que possède notre famille de tarés. Totalement formatés par les émissions de télé, par les séries et la publicité, Ike et Addley, les deux fils en question, sont en quelque sorte des purs produits de la société de consommation, qui n'ont aucune connaissance des notions de Bien ou de Mal, et dont l'éducation très spéciale de leur chère et tendre maman pousse à commettre des méfaits sordides et malsains, avec l’assentiment de cette dernière, qui s'amuse des exactions commises par ses deux rejetons comme si elle regardait un programme à la télé.



Si le film est bardé d'humour noir, notion qui était importante pour Charles Kaufman, j'ai tout de même été assez surpris en revoyant le film pour cette chronique de son aspect très glauque et brutal, principalement au niveau des sévices subits par les trois héroïnes qui vont vivre un véritable cauchemar en guise de week-end mystère. Si la première demi-heure, qui nous présente ces trois héroïnes justement, se focalise sur l'aspect comédie, avec également une séquence introductive assez jubilatoire, je vous laisse la surprise, la suite va se montrer nettement moins réjouissante une fois Trina, Abbey et Jackie tombées dans les mains de notre famille de psychopathes en puissance. Maman va laisser ses deux fils s'amuser comme bon leur semble avec leurs trois victimes, devenant spectatrice de leurs méfaits, et ce, pour son plus grand plaisir ! Addley veut commettre un viol ? Maman répond par l'affirmative et veut regarder la scène, bien installée dans son fauteuil, comme si elle allait assister à une pièce de théâtre ! Malsain ! La violence se fait crue, les coups pleuvent et le calvaire vécu par les filles ne fait que commencer.



Même si le look redneck des agresseurs peut amuser, même si la théâtralité excessive de Maman fait sourire, on n'est pas loin de la méchanceté de La Dernière Maison sur la Gauche, le faible budget du film renforçant l'aspect sordide des séquences proposées. Des séquences qui jonglent entre réalisme brute et délire assumé, ce qui rend Mother's Day assez unique dans son genre, du moins à l'époque de sa sortie. Charles Kaufman fait ensuite bifurquer son faux slasher en rape & revenge façon I Spit on your Grave et envoie les survivantes venger leur défunte camarade. Là aussi, ça ne lésine pas sur la brutalité et le sang va gicler à bien des reprises, notamment avec la célèbre scène du couteau électrique ! Vous penserez toujours à Mother's Day lorsque vous découperez votre poulet avec cet ustensile dorénavant ! Bénéficiant d'effets gores bricolés mais néanmoins efficaces, d'une mise en scène maîtrisée, d'un décor travaillé (la maison délabrée avec ses nombreux éléments de culture télévisée) et de personnages haut en couleur, Mother's Day est un pur fleuron du cinéma d'exploitation 80's, et l'esprit Troma est déjà bien présent ici.



A noter que le tournage du film s'est déroulé quasiment au même endroit et en même temps que Vendredi 13, qui sortira également en 1980. Délirant, excessif, intense, Mother's Day est toujours aussi percutant, l'interprétation de Maman par Beatrice Pons toujours aussi marquante, et on comprend aisément pourquoi ce film continue de bénéficier d'un statut particulier chez ses fans. Nul doute qu'il continuera à acquérir de nouveaux supporters. Pour l'anecdote, revoir Mother's Day m'a aussi fait découvrir que le méga hit I Think we're Alone Now chanté par la ravissante Tiffany en 1987 et en 2019 n'était pas une chanson originale mais une reprise d'un tube écrit et composé par Ritchie Cordell en 1966 et interprété par Tommy James & The Shondells en 1967, qui est la version entendue dans ce film !

Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Qualité d'image impeccable pour cette édition collector, présentée dans le traditionnel boitier digipack trois volets sous fourreau, avec livret 20 pages. Niveau bonus, on appréciera la présentation ultra drôle du film par Charles Kaufman, désormais totalement reconverti dans le domaine de la boulangerie (!!), la participation d'Eli Roth qui nous dit tout le bien qu'il pense de Mother's Day, un petit making of d'époque ainsi qu'une discussion entre Charles Kaufman et Darren Lynn Bousman à propos du remake moderne réalisé par ce dernier en 2010.






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