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Jeune garçon richissime qui semble avoir tout ce qui lui faut, Mark Loftmore tente de décrocher en vain le cœur de la capricieuse China Webster, qui aime le mener par le bout de nez de manière fort cruelle. Invités par un curieux personnage à visiter un musée de cire, Mark et son groupe d'amis vivront (ou pas) une curieuse soirée dans ce lieu mystérieux et maléfique, où chaque statue de cire représente des figures célèbres du monde de l'horreur, capturant leurs victimes dans leur propre monde infernal. La victime en question en sort rarement vivante…



Artiste de série B sans grande envergure, Anthony Hickox est loin de rafler la mise dans la catégorie des meilleures séries B horrifiques : "Warlock 2" et "Hellraiser 3 Hell on earth" n'avaient pas grand-chose pour plaire, cependant "Full Eclipse" ou "Waxwork", oui. Car pour un premier film, on peut dire que "Waxwork" est un sacré coup de chance, puisqu'il symbolise à lui tout seul le meilleur de la série B horrifique eighties. Largement influencées par les E.C Comics, ces séries B là se nomment "Le retour des morts-vivants", "Critters 2", "La nuit des sangsues", "Flic ou zombie"… Des œuvres assez irrésistibles, qui font office de véritables gourmandises pour les fantasticophiles.

Remoderniser le mythe du musée de cire dans les années 80 n'est pas une chose très aisée, surtout quand la mixture peut tourner au sous-Freddy, ou carrément dans le slasher insipide. Pas de tueurs masqués ici, ni de tueurs tout court, car tout comme une bonne partie des grandes séries B précitées, il faut des idées, et pas qu'un peu ! L'humour est indispensable, les effets doivent être outranciers et grand guignolesques de préférence, les monstres sont recommandables, bref on doit s'amuser.



Carrément alléchant, le concept de "Waxwork" continue de faire saliver encore aujourd'hui, surtout qu'il pourrait très bien donner un comics ou une série d'une manière ou d'une autre. Pas d'histoire de victimes transformées en statue de cires, loin de là, mais des statues de cires elles-mêmes maléfiques. A la vision de certaines de ces créations justement (et c'est le cas dans bon nombre de films les utilisant) on assiste à une petite mise en scène morbide et sadique, habilement illustrée à l'écran et qui titille méchamment notre curiosité, nous poussant à savoir le pourquoi du comment de cette scène, voire son passé si celle-ci s'animait sous nos yeux.

Dans "Waxwork", un groupe de jeunes pleins aux as sont invités dans un musée de cire, fourmillant justement de statues à l'identité bien connues des fans de films d'horreurs. Un soin agréable et original est apporté à ces créatures inanimées, qui semblent pourtant être figées dans le temps, attendant sûrement un éventuel réveil. Occupé par l'étrange David Lincoln (fabuleux David Warner, qui n'a nul besoin de grimacer ou de gesticuler comme un idiot pour incarner un bad guy fascinant) et ces deux serviteurs (un nain à la tête ratatinée et un géant un peu bébête), ce musée, qui est d'ailleurs rarement visité, recèle des pouvoirs mystérieux qui agissent lorsqu'une potentielle victime s'approche un peu trop d'une statue. La personne en question n'aura même pas le temps de souffler qu'elle se retrouvera illico presto dans le monde parallèle où siège la créature représentée par la statue de cire.



La petite troupe d'ados prétentieux est dirigée par Zach Galligan, déjà héros des deux "Gremlins", qui se paie une nouvelle chance de se faire connaître dans le ciné fantastique. L'accompagnent également la sublime Michelle Johnson (alias China, la beauté de service) et la mignonne Deborah Foreman (incarnant Sarah, la vierge effarouchée un peu attirée par le monde Sadien), ainsi que Dana Ashbrook (présent au casting du "Retour des morts vivants 2" et de "Twin Peaks", endossant le rôle de Tony, le bavard invétéré). Pour les plus vieux, John Rhys Davies apparaît pendant un petit moment en paysan "lougaroufié", et Patrick Macnee, lançant au passage quelques clins d'oeils au rôle qu'il incarnait dans "Hurlements".

Un petit monde qui va rapidement goûter aux joies de découvrir le musée de "Waxwork", qui va déclencher une série de petits sketches mettant en scène la victime face à un monstre légendaire. Si Dracula, la Momie, le Marquis de Sade (ah ben oui quand même !), le loup-garou et "La nuit des morts vivants" sont les références premières, les autres statues comme celles de l'homme invisible, de "L'invasion des profanateurs de sépultures", de Frankenstein, des maniaques à la hache et consorts, restent malheureusement dans l'ombre. Le dernier tiers du film réserve une surprise de taille qui pourrait en quelque sorte combler ce trou mais chuuut ! Si vous êtes assez attentif, certaines statues clignent même des yeux !



Si l'humour (on frôle le parodique vers la fin) est omniprésent, le gore s'en donne à cœur joie : une tête est déchirée en deux, des vampires explosent, des corps se font empaler sur des bouteilles de champagne, une jambe en lambeaux est filmée en gros plans, un pauvre guide se fait écraser la tête comme une pastèque… Et les multiples passages dans les mondes parallèles ne manquent surtout pas d'intérêt : l'épisode chez Dracula est méchamment grand-guignolesque, ça gicle partout et ça tâche comme c'est pas permis (quant au comte, il est assez charismatique et on a même droit à la présence de son fils !) ; le loup garou (au look très inspiré par celui des lycanthropes de "Hurlements") est franchement féroce ; la momie, elle aussi, semble très énervée (autant vous dire que personne ne voudrait subir le sort funeste et sadique de sa victime) ; le marquis de Sade fouette tant qu'il peut, mais cependant Hickox refuse de dévoiler l'univers du Fantôme de l'opéra dans lequel va tomber bien malheureusement une victime. C'est pas très fair-play ça !

Impossible de rester de marbre face au joyeux bordel final, annonçant inexorablement une suite, qui déboulera quatre ans plus tard mais qui ne sera point accompagnée par le troisième opus, restant à l'état de projet. "Waxwork" aura cependant ce qu'il mérite : une bonne petite réputation et le Prix de la peur qu'on lui décernera au festival d'Avoriaz. Yeah !