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Hiver 82 - Antarctique. Un chien se fait poursuivre par un hélicoptère norvégien. Il arrive dans un campement américain. Les deux membres de l'hélicoptère sont abattus. Les Américains se rendent dans la base norvégienne et découvrent que tous les membres ont été tués. Ils mettent également à jour le cadavre d'une créature de nature inconnue. Ils la ramènent à la base afin de pratiquer une autopsie. Des phénomènes étranges commencent à se produire dans le campement. Le chien devient fou furieux et doit être abattu. C'est alors qu'apparaît une "chose" monstrueuse, pouvant prendre de nombreuses formes et infecter des organismes vivants. Bientôt, la paranoïa envahit le petit groupe, en lutte avec la Chose...



Avec ce remake de "La chose d'un autre monde" (1951), déjà basé sur une nouvelle de John W. Campbell ("Who goes there ?" 1938), Carpenter nous livre un film empreint de paranoïa, de solitude et d'un pessimisme à toute épreuve. Bien qu'il ait gardé quelques idées du premier film, son adaptation reste beaucoup plus fidèle à la nouvelle d'origine par quelques éléments clés : les noms des protagonistes, l'absence de toute femme, la séquence des test sanguins, la capacité d'assimilation de la Chose, les monstres tentaculaires qu'elle engendre lors des transformations et la fin promettant une invasion globale.

Les effets spéciaux plus que spectaculaires ont été réalisés par un Rob Bottin tout jeune ayant gagné un concours de dessin organisé par le magazine américain Fangoria, pour justement imaginer cette chose devant figurer dans le film de Carpenter. Il nous a concocté un florilège impressionnant d'humains torturés, de chiens abominables, de tête arachnéenne, de poitrine à la mâchoire de requin, entre autres, comme habité par l'esprit d'un Lovecraft sous acides !

Ses créations furent gardées si secrètes qu'aucune photo ne fut prise durant la production et que tous les acteurs avaient pour interdiction d'en parler, réservant l'entière surprise à un public de ce fait non averti et, on s'en doute, encore sous le choc longtemps après.

Le héros du film, MacReady (Kurt Russell, aussi inoubliable que dans son rôle de Snake Plissken) correspond en tous points au protagoniste de la nouvelle, tant physiquement que moralement. Il est entouré d'acteurs campant à merveille leurs personnages non stéréotypés, ayant tous le point commun d'hommes bourrus acceptant de passer des mois et des mois dans la solitude glaciale de l'Antarctique. Ils sont plongés dans une horreur inimaginable et doivent puiser en eux les ressources nécessaires pour lutter tout en sachant que tous ne s'en sortiront pas vivants. Leur peur panique est palpable, accrue par la claustrophobie des lieux, mais poussés par leur instinct de survie, ils vont faire face jusqu'au bout.

Carpenter démontre ici tous ses talents de réalisateur exceptionnel avec un matériau qui lui tient particulièrement à cœur. Il filme tout à son aise et en détails glorieusement gore, ne laissant aucune chance au spectateur de reprendre son souffle. La musique angoissante d'Ennio Morricone accompagne le tout à merveille, dont certains passages rappellent les notes synthétiques composées par Carpenter lui-même dans ses autres films.

Quelques scènes se démarquent du lot : au début, quand le chien accueilli par l'équipe entre dans une pièce, on voit un homme assis en ombre chinoise. Il tourne la tête brusquement et on coupe. Frissons garantis. Dans une autre scène, l'une des Choses présumée morte est allongée sur un brancard sous une couverture en avant-plan. En arrière-plan, deux hommes s'affairent, le dos tourné. La couverture bouge juste un petit peu. Aaaah…

Mais la séquence la plus terrifiante du film est sans doute celle des test sanguins. Sachant que la Chose d'origine n'a pas de forme prédéfinie, le sang contaminé devrait réagir avec violence contre un fil de fer chauffé au rouge plongé dans un échantillon. Tout le monde est attaché, le suspense est insoutenable, accentué par le manque de musique. Qui a été investi ? Le test se révèlera bien sûr positif pour certains, entraînant un déferlement de violence sanglant hors pair.

Le film fut tourné en 12 semaines en studio à Los Angeles où la température fut maintenue en dessous de zéro afin de rendre l'action plus réaliste. Une semaine se déroula sur le glacier Taku, situé sur le champ de glace Juneau en Alaska, et quelques scènes d'extérieur supplémentaires furent tournées à Stewart, endroit se situant le plus au nord de la côte ouest du Canada.

"The Thing" est probablement l'un des meilleurs films de science-fiction/horreur viscérale de tous les temps, malgré le fait qu'il fut boudé à sa sortie, obtenant son statut de film culte seulement bien plus tard et en vidéo.








Un chef-doeuvre glacial !


6

Ce film n'a pas pris une ride. Les acteurs sont tous très bons et le scénario est toujours aussi efficace. L'ambiance froide et glaciale est présente à chaque instant. Un film que je conseille sans aucune hésitation !

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