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Aveugle depuis l'âge de deux ans, la jeune Mann subit une transplantation de la cornée dix-huit ans plus tard. L'opération est un succès et Mann recouvre la vue. Mais tout miracle a un prix : elle voit désormais d'autres choses, des ombres menaçantes apparaissent et semblent lui prédire des morts futures, des fantômes terrifiants font irruption dans sa vie et quand Mann se regarde dans un miroir, c'est le reflet d'une autre qui apparaît. Bientôt, la jeune femme commence à perdre la raison...



Ceci est le deuxième film que les frères Pang réalisent ensemble, après "Bangkok Dangerous". Cette fois, ils s'attaquent à une histoire de fantômes, comme tant d'autres de leurs contemporains. Le résultat est esthétiquement très réussi, mais à la deuxième vision, on remarque tout de suite que le contenu est un peu creux.

L'idée de départ est excellente pour l'histoire qu'ils veulent raconter, et il faut bien admettre que toute la première partie du film comporte son lot de séquences flippantes, dont les principales sont le cours de calligraphie et le trajet en ascenseur. Malgré cela, certaines idées ne sont pas exploitées jusqu'au bout et l'on se demande pourquoi Mun voit tous ces gens si cela n'a aucune signification réelle.

Ce n'est pas tout, bien sûr. L'actrice Angelica Lee (Mun) fait admirablement passer les émotions de son personnage tandis qu'elle tente de s'ajuster à sa nouvelle vie de voyante. Faisant partie d'un orchestre pour non-voyants, le dirigeant va l'écarter du grand concert prévu sous prétexte qu'elle voit désormais. La sécurité de son ancien univers vécu dans le noir n'existe plus et Mun se sent désormais aussi perdue entre deux mondes que les esprits qu'elle peut voir.

Etant donné qu'elle voit flou au départ, elle n'y prête pas attention mais petit à petit, l'évidence s'installe, ainsi qu'une appréhension aiguisée, mêlée de peur, d'inquiétude et de curiosité.

Les visions vont se multiplier et s'intensifier jusqu'à ce qu'elle se sente physiquement menacée. Elle va dès lors se réfugier dans son ancien monde en dévissant l'ampoule de la lampe de sa chambre et en jouant le violon les yeux fermés pour retrouver la sécurité de ce qu'elle connaît. Mais il ne suffit pas d'ignorer les problèmes pour qu'ils s'en aillent et Mun se voit obligée de faire un effort (sans grande difficulté personnelle, d'ailleurs, ce qui est un peu à déplorer).

Comme d'autres films du genre, celui-ci repose également sur la croyance asiatique que le monde spirituel nous entoure inévitablement, mais plus qu'un simple film de fantômes, c'est également un joli conte sur la différence, les souhaits qui se réalisent et la difficulté à accepter ce que l'on est devenu et que l'on désirait pourtant ardemment.

La tension s'étant installée dans la première partie ralentit dès que Mun et son psy se mettent à la recherche du donneur et le film devient alors plus classique dans sa trame, concernant les moyens pour un esprit de trouver le repos. Un parallèle un peu superflu sera fait entre Mun et une partie de la vie du donneur, et le spectateur se demande en quoi cela aura résolu quoi que ce soit.

Au final, on se sent un peu floué étant donné que le départ était si bon et intense, mais "The Eye" n'est en aucun cas un mauvais film pour autant. La mise en scène très efficace des frères Pang combinée avec une bande son surréaliste et stressante vous garantissent votre lot de frissons. Surtout si vous prenez l'ascenseur tout de suite après…

Le scénario est inspiré d'un fait divers réel dans lequel une aveugle, après avoir subi une opération et recouvert la vue, s'est suicidée.






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