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Pour la jeune génération, le nom de cet homme ne doit pas forcément évoquer grand chose, et pourtant cet homme va révolutionner le cinéma en tant qu’opérateur et surtout comme Directeur de la photographie.
Il va démarrer sa carrière dans les années 10 et travaillera principalement en Allemagne. Mais c’est véritablement à partir des années 20 que le travail de Freund va prendre toute sa dimension. L’homme comme vous allez le constater, va œuvrer sur les films majeure de cette époque là et travailler avec les plus grands : cinéastes et acteurs.

En 1924 il travaille pour Murnau, devenu célèbre deux ans auparavant suite à la sortie de "nosferatu". Il collabore sur "le dernier des hommes" et retravaillera avec lui deux ans plus tard sur "Faust 1926", son autre chef-d’œuvre.
En 1927, c’est Fritz Lang qu’il rencontre et qui lui offre l’opportunité de travailler sur l’un des films les plus importants de ce siècle, "metropolis". Le travail de Freund ne fait pas qu’effleurer le sublime, il est tout simplement époustouflant, et contribuera pour une grande part à la qualité globale du film.
Il démarre les années 30 avec "A l’ouest rien de nouveau" de Milestone, puis "Bad sister" en 1931 avant de rejoindre cette année là l’un des seigneurs du cinéma fantastique, Tod Browning. Ce dernier réalise la première version parlante d’un autre saigneur, "dracula (1931)" avec la future légende Bela Lugosi. Freund est le responsable de la photographie sur le film et le résultat est celui que vous connaissez tous : divin.

Les années 30 vont d’ailleurs être pleines pour Freund et il va travailler sans relâche sur différents projets. Dès 1932 il retrouve Bela Lugosi sur le tournage de "double assassinat dans la rue morgue" de Robert Florey. C’est également l’année de sa première réalisation et pas des moindres : il tourne "la momie" avec Boris Karloff, et son travail sur la photographie (notamment en Egypte) fait merveille.
En 1933, c’est une autre icône du muet avec qui il travaille : "La Reine Christine" sort sur les écran et Freund magnifie Garbo "La Divine" par la même occasion.
1935 marque l’année de son second film en tant que réalisateur : il tourne "les mains d’Orlac" qui narre la mésaventure d’un pianiste qui, suite à la perte de ses mains dans un accident d’avion, se voit greffer malgré lui les mains d’un assassin…
Au casting, ce qui se fait de mieux alors : Peter Lorre ("M le maudit") donne la réplique à Colin Clive ( le professeur Frankenstein dans "la fiancée de frankenstein") pour ce thriller érotique de grande classe.
En 1936 c’est au tour de Robert Z.Leonard de l’engager sur "le grand Ziegfield", avant qu’il ne retrouve George Cukor pour "Le roman de Marguerite Gautier", où il retrouve Garbo dans le rôle titre en 1937. C’est aussi l’année où son travail est reconnu par la profession et "The good earth" qui relate le destin dramatique d’un fermier en Chine (d’après un roman de Peral S.Buck), lui permet de remporter un Oscar.

Les années 40 lui apporteront l’opportunité de travailler encore avec les plus grands noms, témoins ses collaborations à "Tortilla Flat" de Victor Fleming ("Autant en emporte le vent", "Le magicien d’Oz"), ou encore "L’introuvable rentre chez lui" de Richard Thorpe. Il travaillera également avec Jules Dassin, Vincente Minnelli et John Huston.
A partir de 1948 et jusqu’en 1956 il travaillera surtout sur des dramatiques et des polars ; mais des comédies aussi, et principalement "I love Lucy" film de 1953, initié en série dès 1951 et qui perdurera jusqu’en 1956, date à laquelle Freund stoppera sa carrière.

Karl Freund est décédé en mai 1969, en Californie. Trois mois presque jour pour jour après Boris Karloff.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 19 mai 2007



Lionel Colnard
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