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Brigade Van Meerhague voit le jour à l’automne 55 dans le nord de la France, à Tourcoing. Cette jolie blonde d’1,73m va débuter sa carrière l’année de ses 20 ans en tournant son premier film X : "Jouissances"
Mais Brigitte détonne déjà dans le milieu du X : blonde peut-être mais très loin d’être sotte. Elle ne tourne que sous l’envie, choisit ses partenaires et surtout possède un "talent" indiscutable pour faire le métier : elle a peu de tabous et offre ainsi durant les années 70 des rôles convaincants, innovants et différents dans beaucoup de productions.

Brigitte va devenir LA Star du X hexagonal mais aussi international. Les seventies ne connaissent pas la censure et des centaines de salles de cinéma X (notamment sur Paris) existent en France. On est très loin de notre société hypocrite d’aujourd’hui, et le porno n’est pas encore" honteux" : les couples s’y rendent ensemble, les hommes seuls ne rasent pas les murs, et les affiches des films aux titres explicites fleurissent sur les frontons des cinémas en énormes lettres.
Mais ce qui fait la différence avec Brigitte, c’est son naturel, son franc-parler, son physique sculptural bien sûr, et surtout le recul qu’elle a sur son activité. Brigitte est une femme libre, une véritable jouisseuse de la vie.

Elle tournera une trentaine de films pornos entre 1976 et 1980, dont "Bordel SS" ou encore "la clinique du fantasme" pour n’en citer que quelques uns. Elle incarnera durant cette période souvent le rôle d’une infirmière. Un personnage qui va lui coller à la peau, tout comme celui de la prostituée, dans ses prochains rôles de cinéma dit " normal".
Car Brigitte va rapidement attirer l’œil de réalisateurs "classiques". On est très loin de la situation actuelle qui n’offre quasi aucune chance à quelqu’un venant du porno. Mais nous sommes dans les années de la libération de la femme, du sexe, et Brigitte incarne tout cela.

Certains réalisateurs ont su voir le potentiel de la belle. Ainsi durant toute cette décennie, elle va alterner les films de genre et traditionnels. Et quand bien même les films hors-genre ne lui apporteront que de tous petits rôles (d’infirmière ou de prostituée souvent), les cinéastes qui lui font alors confiance sont du plus bel acabit. Jugez plutôt :

En 1978, première collaboration avec celui qui va devenir son mentor "horrifique", Jean Rollin ; elle tourne "les raisins de la mort"(avec au générique une certaine Evelyne -c'est mon choix- Thomas !) avant de le retrouver un an plus tard pour "Fascination", dans lequel elle manie la faux avec dextérité.
Cette année 1979 est particulièrement riche, puisqu’ Henri Verneuil l’appelle pour incarner une pute dans "I…comme Icare" aux côtés d’Yves Montand. Elle reste dans le crime-movie en tournant successivement deux autres films, "une femme spéciale" et "photo scandale".
Alors certes, tout le monde a bien compris que ses petits rôles lui échoient grâce à sa plastique parfaite mais Brigitte ne voit pas les choses ainsi : elle apprend. Et chaque tournage est une expérience. Curieuse et volontaire de nature, voici l’autre facette que j’avais oublié.

Les années 80 sont là et le rythme reste le même, elle n’arrête pas de tourner. "Le coup du parapluie" puis retrouve pour la 3e fois Jean Rollin pour "la nuit des traquées".
En 1981, c’est la rencontre avec Alain Delon qui croit en elle et lui offre le rôle d’une infirmière dans "Pour la peau d’un flic". Jean-Jacques Beineix quant à lui, l’invite également pour un petit rôle dans "Diva".

Brigitte en a donc finit avec le porno mais va s’autoriser quelques productions érotiques. Elle retrouve une fois de plus Jean Rollin en 1981 pour une oeuvre moins connue du réalisateur, "les échappées". "Erotica" sort cette même année et devient une référence aussi bien chez la gente masculine que féminine.
Dans le même registre, même si un degré moindre, elle tourne "Joy et Joan" en 1985 ainsi que "le couteau sous la gorge" en 86, ce dernier revêtant une intrigue criminelle.
Brigitte n’a toujours pas de film porté sur son seul nom (hormis les productions pornographiques bien sûr" : l’oubli est réparé cette année là avec "l’exécutrice" où elle porte le film sur ses épaules. Certes ce n’est pas un chef d’œuvre mais le film se regarde sans déplaisir. Toujours plus que son pendant US quelques années plus tard, à l’instar de
Pamela Anderson et son "Barbwire" pitoyable. Brigitte elle au moins assume son rôle, le dynamise et apporte une dose d’action ma foi pas si désagréable.

Elle tournera d’ailleurs dans un autre film d’action en 1988, "les fleurs du mal", avant de rejoindre l’univers vampirique de Jess Franco : c’est la rencontre d’une autre belle, mais brune cette fois-ci. Aux côtés de Caroline Munro ("maniac") et Christopher Lee (!), elle incarne une infirmière machiavélique dans "les prédateurs de la nuit". L’occasion de retrouver aussi Florence Guérin qu’elle avait pour partenaire deux ans plus tôt dans "le couteau sous la gorge".

Le réalisateur Philip Kaufman la sollicite sur le tournage de "Henry & June" (avec une certaine Uma "kill bill" Thurman au générique) en 1990 pour incarner une fois n’est pas coutume une prostituée. C’est aussi l’époque où Brigitte commence à écrire, faire de la radio, notamment sur la sexualité. Elle apparaît ainsi dans le documentaire pour la TV "un siècle de plaisir - voyage à travers l’histoire du Hard". Une parenthèse qu’elle ouvre donc pour laisser quelque peu le cinéma. Mais en 1997, qui pouvait la rappeler ?

Quatrième collaboration avec Jean Rollin pour "les deux orphelines vampires", puis à nouveau en 2002 pour "la fiancée de dracula". La dernière apparition de Brigitte au cinéma remonte à 2004 et sa participation à "calvaire" du belge Fabrice de Welz, où elle campe Melle Vicky.

Notons que durant les années 80, Brigitte a écrit sa biographie "Moi, la scandaleuse" et découvre aussi la passion de l’astrologie. Elle a ces dernières années écrit des ouvrages sur le sujet, ainsi que sur la sexualité et autres romans libertins. Elle s’est aussi essayée à la musique en enregistrant un disque qui fût hélas un échec commercial. Depuis plusieurs années déjà, Brigitte anime une émission sur la sexualité à RMC.

Avec plusieurs cordes à son arc, et malgré un passé professionnel fermant plus de portes qu’il n’en ouvre, Brigitte a réussi à imposer sa personnalité et son tempérament à travers diverses carrières artistiques. Icône sexuelle (quoiqu’on en dise), elle promène l’image d’une femme bien dans sa peau et sa tête, et à l’écoute des autres.
Pour terminer, il se murmure qu’une nouvelle collaboration avec Rollin ne serait pas impossible… à suivre.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 16 février 2007



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR