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Réalisateur fortement apprécié et rarement décrié, Jaume Balaguero s’inscrit dans la longue lignée de réalisateurs talentueux.
Ce jeune trentenaire voit le jour le 2 novembre 1968 à Lleida en Espagne où il passe la majeure partie de son enfance. A l’adolescence, il rejoint Barcelone pour effectuer ses études secondaires : il choisit les métiers du cinéma et de photographie et prends également des cours de communication. Le jeune homme est un touche à tout et possède la volonté d’apprendre le maximum de choses. Conjointement, et sous la houlette de son "mentor" Hector Faver, il suit aussi des cours de direction d’acteurs, et commence également à écrire. Ainsi, il devient journaliste dans la presse mais également pour la radio.
C’est à l’âge de 26 ans qu’il s’essaie à la mise en scène pour la première fois en réalisant son premier court-métrage "Alicia". Deux années plus tard, il réalise le second, "Diaz sin luz". Durant ces deux années, il parcourt les festivals et remporte de nombreux prix internationaux pour son travail.

Il faudra attendre l’année 1999 pour qu’il réalise enfin son premier long : "La secte sans nom" (Los sin nombre) : l'histoire d’une mère à la recherche de sa fille, victime d’une effroyable secte… Là aussi, le succès est international ; les critiques sont dithyrambiques et les prix ci-dessous témoignent de l’engouement d’alors pour le travail du jeune cinéaste :

* Grand prix au Festival de Sitges 1999
* Méliès d'or du meilleur film européen de l'année 2000.
* Prix du public du film fantastique de Porto
* Grand prix du Festival du film fantastique de Bruxelles
* Grand prix du Fantafestival de Rome
* Meilleur film Festival Fantasia de Montréal
* Prix du public Festival Fantasia de Montréal

Festival de Gerardmer 2000:
* Prix spécial du jury
* Prix de la découverte ciné live
* Prix de la critique internationale
* Grand prix du jury jeune public

Mais Jaume garde la tête froide ; il amorce avec ce premier long métrage la suite de sa filmographie, caractérisée par le monde de l’enfance, ses douleurs et ses névroses entre autres.
C’est ainsi qu’en 2002 il réalise son second film qui sera le premier tourné en langue anglaise : "Darkness". Son univers peuplé d’enfants disparus est là encore très sombre ; il explore à nouveau l’enfance à travers la cellule familiale (confrontée à leur demeure "hantée") qui finit par s’entre déchirer.
Quand bien même "Darkness" n’est pas aussi "fort" que "La secte sans nom" (ndlr : de mon propre avis), le film n’en demeure pas moins réussi, doté notamment d’une réalisation toujours aussi soignée et efficace, et d’une interprétation toute en finesse et en retenue. Balaguero excelle aussi dans l’art de l’écriture et signe d’ailleurs tous ses scénarios sans exception. Et lorsqu’il n’écrit pas pour lui, il co-signe celui de son ami Luis de la Madrid pour "La monja" plus connu sous le titre "The nun" qui sort en 2005. Ainsi, durant les années qui séparent chacun de ses films, Jaume ne reste pas inactif et s’adonne à d’autres plaisirs personnels : il signe ainsi des documentaires, dont un titré "OT : l a pélicula", retraçant le parcours de l’émission phare espagnole "Operacion triumfo", qui n’est ni plus ni moins que la Star Academy hispanique. Le jeune homme fait donc preuve d’éclectisme mais revient tout de même à son genre de prédilection dès 2006 avec la réalisation de "Para no dormir / para entar a vivir" pour la télévision espagnole.
Le petit écran auquel il consacre désormais du temps puisqu’il intervient également dans un documentaire : "Les nouveaux visages de la peur". Il s’attèle dans le même temps à la réalisation de son troisième film : "Fragile", sublime cocktail de frissons, de mélancolie et de souffrances. Le film ne connaîtra pas les honneurs d’une sortie en salles (quelle honte !), mais le DVD fort heureusement atterrit dans les bacs rapidement pour nous combler. A nouveau les critiques et le public ne s’y trompent pas, et "Fragile" récoltera lui aussi un nombre conséquent de récompenses, oh combien méritées :

Festival de Gerardmer 2006:

*Prix spécial du Jury
*Prix du Public
*Grand Prix de la jeunesse
*Prix 13e rue

Balaguero évoque d’illustres noms pour parler des films qui l’ont marqué : "Suspiria" d’Argento, "Shining" de Kubrick ou bien encore "Rosemary’s baby" de Polanski. A l’instar de ces cinéastes, Jaume ignore sans doute encore qu’il suit une trace artistique qui leur ressemble terriblement. Tout comme son dernier opus, il apparaît comme un réalisateur fragile, habité de sentiments qu’il ose nous dévoiler sans pudeur, au fur et à mesure qu’il avance dans sa carrière. Un travail à l’image de l’homme : terriblement humain.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 14 août 2006



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR