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Linda Denise naît dans le Missouri en 1959. Très jeune elle commence à officier dans le milieu "artistique", témoins les nombreux spots publicitaires qu’elle tourne pour la TV américaine dès l’âge de 5 ans. Elle fait ses premiers pas au cinéma en 1968 dans "Hidden Faces" une série TV dramatique.

Mais le film qui va la révéler au grand public en 1973 sera un électrochoc dans le monde cinématographique. Elle est choisie parmi plus de 600 candidates pour incarner Megan, l’enfant possédée de "L’exorciste"***. Au-delà du succès planétaire du film, survinrent moultes remous lors de sa sortie en salle. Le film fût censuré dans de nombreux pays (notamment en Angleterre, nous y reviendrons…), et le personnage de Regan suscita les rumeurs les plus folles mais aussi les plus avérées. Ainsi, dans la véracité des faits, Linda Blair reçut immédiatement des menaces de mort, à tel point que la Police dut emménager pendant 6 mois avec toute sa famille afin d’assurer leur protection. Le "corbeau" ne fût jamais appréhendé. Parmi les rumeurs les plus folles : plusieurs techniciens tombèrent malades d’une manière inexpliquée, Linda Blair quant à elle étant accusée d’être membre d’une secte satanique, et d’avoir dû subir un exorcisme réel durant le tournage. L’Eglise pour sa part cria au blasphème et plusieurs manifestations eurent lieu. Sans succès. Certes le film fût amputé et strictement interdit au moins de 18 ans, mais sa sortie ne fût pas annulée.

Voici donc le véritable fait d’arme de Linda Blair. On pourrait s’arrêter là tant ce film lui colle à la peau, à l’instar de Marilyn Burns dans "Massacre à la tronçonneuse".
Cependant, outre le fait que le film fût un véritable cataclysme, la profession reconnût dans le jeu de Linda une véritable performance. Elle fût ainsi nominée aux Oscar en 1974 dans la catégorie du meilleur second rôle féminin. Elle ne remporte pas la statuette mais se console avec le Golden Globe.
La critique ainsi que les professionnels prédisent alors à Linda Blair une carrière prometteuse. Considérée dès lors comme une enfant-star et promise à un avenir brillant, la suite de son parcours sera hélas toute autre.

Juste après "L’exorciste" elle enchaîne en 1975 avec un film catastrophe Airport 75 ("747 en péril"). Puis pour surfer sur le succès mondial du film qui la fît connaître elle accepte de tourner dans "l’exorciste 2 : l’hérétique" réalisé par John Boorman. Malgré la bonne réputation du réalisateur, le film ne rencontrera pas le succès escompté et dès lors la descente aux enfers va commencer pour Linda.
Une mise en abîme personnelle due à sa vie privée notamment. Durant cette période, elle rencontre un musicien du groupe de hard Lynard Skynard et commence à traîner plus que de raison avec lui au détriment de sa carrière. C’est là qu’elle commence à boire, et rapidement plus que de raison comme elle le reconnaîtra plus tard. Le destin s’en mêle et le chanteur du groupe ainsi que quelques musiciens meurent dans un crash aérien. Effondrée, Linda se mure dans le silence pendant quelques temps, accumulant les mauvaises fréquentations. C’est ainsi qu’elle finira par être arrêtée par la Police, au cours d’une soirée en compagnie de dealers. Accusée de trafic de stupéfiants, la carrière de Linda ne s’en remettra pas. Effectivement, le scandale éclate à Hollywood et le milieu professionnel lâche immédiatement la jeune actrice, à commencer par ses propres agents.

Pourtant, à bien y regarder la carrière de Linda ne sera pas avare en films, mais à quels prix et de quels contenus ? Elle en est réduite à accepter des rôles dans des films d’horreur fauchés ainsi que des productions "sexploitation" à l’image de certains films estampillés "prisons de femmes" à l’instar de Red Head, aka "Chaleur rouge" où elle donne la réplique à Sylvia Krystel ("Emmanuelle") ou bien encore "enchaînées". Les titres étant sans équivoque sur le contenu des métrages : violence, lesbianisme, humiliations…
Humiliante : voilà ce que devient la carrière de Linda : elle tourne aussi dans des productions horrifiques sans budget et sans intérêt, pas mal de téléfilms ou films traitant de la délinquance. Las, si elle espérait y trouver une certaine rédemption pour ce dernier genre, Linda ne fît que s’enfoncer un peu plus : les années 80 resteront donc comme la décennie de nanars : "l’été de la peur", "witchcraft" ou bien encore "the chilling" seront les principales productions de genre qu’elle tournera avant d’entamer les années 90.
Et pour couronner le tout, Linda fera parler d’elle au Razzies Awards (récompenses des pires productions / l’anti-cérémonie des Oscar). En 1985 elle rafle le titre de Pire Scream Queen, et un an plus tard le prix de la pire actrice. Après les honneurs des Oscar et du Golden Globe est donc survenu le temps du déshonneur. Beaucoup d’actrices auraient trouvé que la coupe était pleine, mais pas Linda.

La preuve : devant le succès de Leslie Nielsen et sa saga des "Y a t-il un pilote…", elle tourne en 1990 dans Repossessed ("Y a t-il un exorciste pour sauver le monde ?". Mauvaise pioche, ce sera l’épisode le plus boudé du public. Rien n’y fait et Linda rame sévère.
Le reste de sa filmographie Zedèsque est telle que je vous invite à consulter sa filmographie ci-jointe, tant les films en question ne méritent pas de s’appesantir dessus. Entre "Blair bitch project" (parodie de "Blair witch project) et sa participation à "Prey of the jaguar" de DeCoteau, Linda aura tout osé.

Elle continue à jouer dans d’obscures séries TV et quelques films de genre jusqu’en 1996 où elle retrouve enfin le plateau d’un film digne de ce nom : "Scream". certes elle n’y fait qu’une apparition en journaliste mais sa participation efface ainsi de longues années de disette cinématographique. Cela ne relancera absolument pas sa carrière mais le clin d’œil fort sympathique méritait d’être noté. Il nous permet aussi de nous apercevoir que Linda est devenue une belle femme et que toutes ces années n’auront pas été vaines, du moins émotionnellement et humainement parlant, concernant l’actrice.

En effet, Linda étant végétarienne (elle a d’ailleurs écrit un livre à succès sur le sujet : "Going vegan"), elle milite depuis plusieurs années contre la fourrure et pour la cause animale en général. Membre de la PETA (l’association américaine anti-fourrure) Linda n’a de cesse de s’impliquer quotidiennement dans ce combat qu lui tient à cœur. Ses interventions sont entres autres régulièrement récompensées par de nombreux Prix. Amoureuse des animaux, elle possède également des chevaux et des poules (!) entre autres.

Pour l’anecdote, notons qu’il aura fallu attendre 1999, soit 25 ans, pour que la Grande-Bretagne autorise la vente de "L’exorciste" dans les vidéos-clubs. Toutefois le censure reste ferme puisque la vente reste interdite aux moins de 18 ans.

Linda a mis depuis 2004 sa "carrière" en stand-by semble t-il, et l’on retient de son parcours une participation active dans les films traitant de la délinquance et de la sorcellerie principalement. Une carrière sous le signe du diable, dans tous les sens du terme. Sans doute dépassée par un succès précoce, Linda n’en demeure pas moins une icône de par sa performance inoubliable de Megan dans "l’Exorciste". Je garde donc une affection toute particulière pour elle, et vous ?

*** Le film est chroniqué sur le site.

Le site officiel de Linda : http://www.lindablair.com/

Christophe JAKUBOWICZ
Le 04 juin 2006



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