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Le naturel : voilà sans doute l’adjectif qui qualifie le mieux Eldred (son premier prénom) Gregory Peck. Les qualificatifs ne manquent pas à l’encontre de la future star : simple, charismatique, drôle, élégant, fidèle…
L’homme est ce que l’on appelle communément un "monstre sacré" du cinéma mondial.
Et pourtant rien ne prédestinait le jeune Eldred à un tel destin.
Ses parents divorcent alors qu’il n’a que 6 ans et est aussitôt confié à sa grand-mère. Il fera ses études dès 1926 à l’école militaire de Los Angeles. Son père voulant faire de lui un médecin, Eldred suit la première année durant laquelle il commence à se passionner pour l’art dramatique. Il termine ses études à 23 ans à l’aube de la seconde guerre mondiale; c’est alors qu’il décide de changer de prénom. Exit Eldred, il choisit de "devenir" Gregory.

Il s’installe à New-York et fait ses débuts sur les planches de Broadway en 1942. Tout va s’enchaîner très rapidement et son ascension sera fulgurante. Il est repéré immédiatement par Hollywood et le rôle du Père Francis Chislolm dans "Les clés du royaume" lui est confié par la 20th Century Fox. La critique s’emballe et les professionnels également : il est nominé pour l’Oscar du meilleur acteur dès l’année suivante. C’est également l’année de son premier mariage avec Greta Kukkonen dont il divorcera en 1955 et avec laquelle il aura trois enfants.

L’acteur peut tout jouer et sa filmographie le démontrera : comédie, thriller, dramatique, western… Gregory excelle dans tous les genres : sa filmographie étant d’une telle densité et qualité qu’il est impossible de citer tous ses films. Aussi nous évoquerons principalement ceux qui nous intéressent, à savoir les films de genre, un exercice dans lequel il a également brillé.
Quelques apartés seront faites concernant les chefs d’œuvre du cinéma dit "classique" auquel il a participé.

En 1945 c’est la rencontre avec le maître du suspense : Alfred Hitchcock le fait tourner dans "La maison du Docteur Edwardes" où il campe un amnésique accusé de meurtres. L’année suivante on le retrouve dans le western "Duel au soleil".
Hitchcock se rappelle à son bon souvenir en 1947 et fait à nouveau tourner Gregory dans "Le procès Paradine". 1953 sera sa rencontre avec Audrey Hepburn sur le tournage de "Vacances romaines" de William Wyler.
Côté vie privée, il se remarie avec Véronique Passanti en 1955 avec qui il aura deux enfants : ils partageront 48 ans de vie commune !
En 1956, il participe à la super production "Moby Dick" de l’immense John Huston et commence ainsi à flirter avec le domaine du fantastique. C’est en 1959 et "Le dernier rivage" qu'il met un premier pas dans le genre de prédilection : une production sur fond de guerre atomique et ses retombées radioactives…

Mais c’est en 1962 que Gregory va réellement marquer de son empreinte le thriller, et ce du plus bel éclat. Aux côtés de Robert Mitchum, autre monstre sacré du cinéma, il tourne "Cape Fear" aka "Les nerfs à vif 1961" de Jack Lee Thompson. La performance est grandiose de la part des deux acteurs, et le film fait un tabac. Cette même année il enchaîne toujours avec le même réalisateur le cultissime "Les canons de Navarone" : là encore, grande performance d’acteur.
En 1963, il reçoit l’Oscar du meilleur acteur pour "To kill a Mockingbird" (Gregory Peck sera nominé pas moins de 5 fois entre 1946 et 1963).
En 1965, il joue à nouveau un amnésique (après "la maison du Docteur Edwardes") dans "Mirage" qui voit s’accumuler les morts autour de lui alors qu’il tente de retrouver la mémoire.
L’année 1969 verra deux films où l’acteur se frottera à nouveau avec le genre. Tout d’abord "Marooned" aka "Les naufragés de l’espace" : un film de science-fiction où 3 astronautes tentent de regagner la Terre alors qu’un incident technique survient à bord de leur navette…
Le second est "L’homme le plus dangereux du monde" où il retrouve Jack Lee Thompson dans cette production au parfum d’anticipation : un scientifique auquel on a greffé dans le cerveau une puce, passible d’exploser à tout moment…

Au début des années 70, Gregory s’essaie à la production et va surtout tourner LE film de genre de sa carrière. "La malédiction" sort en 1976 et le jeune Damien (dont Gregory campe le père) terrifie bon nombre de générations. Aujourd’hui encore, le film fait référence en matière de film à caractère satanique.
En 1978 il tourne "Ces garçons qui venaient du Brésil" de Franklin J.Schaffner ("La planète des singes 1968") : une sombre histoire d’expériences génétiques sur les juifs pendant la seconde guerre mondiale….

En 1989, Gregory Peck reçoit les honneurs du Festival de Cannes où on lui remet un Award spécial pour l’ensemble de sa carrière. Six années plus tard, l’Académie des César fera de même en lui décernant un César d’Honneur.
Son dernier film au cinéma sera le remake de "Les nerfs à vif 1961" tourné en 1991.
Il retrouve son camarade Robert Mitchum, tous deux dans des rôles secondaires en guise de clin d’œil. Leurs rôles respectifs étant alors tenus par Nick Nolte et Robert de Niro. Il n’est pas offensant de dire que ce remake, à bien des points de vue, est une vraie réussite, ce qui explique sans doute pourquoi les deux monstres sacrés ont accepté la proposition.

Pour conclure, j’ai tenu à vous offrir cette biographie le jour même où le remake "La malédiction 2006" va sortir sur nos écrans. En hommage à ce grand Monsieur du cinéma qui offrit avec ce rôle un grand personnage du film d’horreur et une interprétation surprenante.
Mais la véritable malédiction sera la date du 12 juin 2003, le jour où Gregory Peck nous a quitté. De la plus simple manière qui soit. De mort naturelle.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 06/06/06



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR